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Litterature syriaque 



INTRODUCTION 



LE syriaque appartient au groupe de langues semiti- 
ques connu sous le nom cTarameen, Au temps 
d'Alexandre le Grand, rarameen etait la langue 
comrnune de tous les peuples etablis de 1 Asie-Mineure 
a la Perse, et de I'Armenie a la Peninsule arabique. Quand 
les Seleucides, en proie aux dissensions intestines, renon- 
cerent a defendre contre les Parthes leurs possessions 
situees au dela de FEuphrate, de petites principaut£s 
findependantes, dans Iesquelles dominait lelement ara- 
^'meen, se constituerent en Babylonie et en Mesopotamie; 
I elks vecurent de leur existence propre jusqu au moment 
jt.bu elles furent brisees par les armes des Romains. Le 
plus celebre des nouveaux Etats fut le royaume d'Edesse, 
: capita le de rOsrhoene. Cette ville, centre religieux et 
i politique de la contree, fut evangehsee de tres bonne 
neure. Sous I'influence du Christianisme, le syriaque 
>e*dessenien se perfectionna et devint la langue Iitteraire 
£et ecclesiastique de toutes les Egliscs orientales, depuis 
la Mediterranee jusqu'au Golfe persique, Dans la Syrie 

E>roprement dite, elle fut employee concurremment avec 
e grec jusqu'a la fin du VI siecle. Apres Vinvasion musul- 
cmane Tarabe fut impose comme langue omcielle et sup- 
E-planta peu a peu le syriaque, A partir du XIIl e siecle, ce 
?dernier n'etait plus, en realite, que la langue Iitteraire 
ret Hturgique des peuples qui l'avaient jadis parle. 
! Pendant longtemps Tetude de Tarameen fut consid£ree 



]Q LITTERATURE SYRIAQUE 

comme accessoire des Etudes bibliques. On ne connaissait 
guere que l'arameen de la Bible, qu on appelait generale : 
ment cbaldden. A la fin du xvtfsieele on lom i a 
soupconner Importance du syr.aque. II fut etudie en 
3 la critique' textuelle des Livres sa.nts. Le P= r 
savant francais qui se rendit vraiment compte de 1 impor- 
ance des literatures orientals fut 'abbe Eusebe Renau- 
dot (1646-1720). II Madonna specialement a hstoire des 
Eglises d'Oricnt. D'immenses travaux, qu il tenait prets 
pour rimpression, n'ont pa, vu le ,our; J QdnJ 
d'avoir obtenu les caracteres onentaux que Colbert avait 
nroiete de faire graver. Au moment mime de la mort de 
SS£ la clebre Bihliotheca orienta Joseph 
Simon Asseman paraissait a Rome (17 IV- 1 U0) et taisair 
SS£! -nus'crits de la BibHotheque vat: ,ouj« une 
veritable histoire littera.re des Synens. La gloire .du 
savant francais fut eclipsee par celle du pre at maronite 
Mais I'examen des manuscnts inedits de Kenaudot, 
auiourdLi conserves a la Bibliotheque nafconale, temoi- 
gne chez celui-ci dW erudition plus sol.de et plus, com- 
SL On est etonne que la publication d Asseman, , t 
U des Iors suscite un ™uvement vers Utude de U 
Fangue syriaque. II etait reserve au X.X< s.ecle de produire 
. 1'esSr prodigieux que cette &ude a pn. en Europe. Ln 
dehors de la curiosite sc.entifique qui pouvait porter les 
philologues a Engager dans cette vo.e ce develoP = t 
raoide fut favor se par 1 importation de nomoreux 
maTscrits! et par la .publication des cateW* qu 
firent connattre les nchesses accumulees dans les ionds 
orientaux des grandes bibliotheques. , 
■ La premiere collection quelque pen import an e de 
manuscrits syriaques reume -. Ocadent fut celle de 
Colbert. A la mort du celebre miriistre (1683), elle com 
prenait cent quatorze volumes. A la mSme epoque, k 
B vaticane n'en possedait que q-«»*£ 
Mais, grace au zele des Asseman. et a la munificence du 



INTRODUCTION 



11 



II 



£pape Clement XI, on y ajouta diverses collections parti- 
rculieres et trente-quatre precieux manuscrits achetis 
Saux moines du couvent syrien de Notre-Dame, au desert 
'■'de Nitrie, en Egypte. En 1759, le catalogue imprime 
'decrivait deja deux centcinquante volumes, ^acquisition 
de la bibliotheque privee d'Assemani et l'adjonction 
- recente de la collection jadis conserved au Musee Borgia 
ont plus que double ce nombre. La BibHotheque vaticane 
'compte actuellement plus de six cents manuscrits sy- 
riaques. 

La collection de Colbert fut acquise en 1732 par la 
" Bibliotheque royale, devenue la Bibliotheque nationale. 
-Lors de la publication du catalogue, en 1874, celle-ci 
I possedait deux cent quatre-vingt-huit manuscrits syria- 
jt ques. De nouvelles acquisitions ont porte ce nombre a 
E trois cent soixante-dix-huit. La bibliotheque de Berlin 
l?a ete formee au cours du xix e siecle.Le catalogue, public 
Ken 1899, signale un ensemble de trois cent cinquante 
pmanuscrits, dont pres de trois cents ont ete recueillis en 
& Orient par M. Sachau, au cours d'un voyage execute en 
: 1879-1880- 

|: Cest TAngleterre qui a lavantage de posseder la plus 
£riche collection. Le catalogue des manuscrits syriaques 
;£'de la bibliotheque Bodleienne, a Oxford, ne decrivait, 
»ten 1864, que deux cent un volumes; celui de TUniversite 
•"de Cambridge, paru en 1901, n'en comprend que deux 
I cent quinze; mais le British Museum, qui possedait 
/seulement soixante-huit manuscrits en 1838, en compte 
jfaujourd'hui plus de huit cent cinquante. Sur ce nombre 
»cinq cent cinquante sont entres dans Tetablissement entre 
£les annees 1839-1851. lis proviennent de ce meme cou- 
?vent de Nitrie, en Egypte, oil Elie Assemani avait achete 
fles meilleurs manuscrits rapportes par lui a la Vaticane. 
|Ce couvent, fonde vers le V e siecle, etait reste en ejroite 
^relation avec ceux de Mesopotamia, qui pourvoyaient a 
Es besoins intellectuels en lui envoyant des livres. Un 



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LITTERATURE SYRIAQUE 



INTRODUCTION 






13 



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certain abbe Moise, ayant fait, en 932, le voyage de 
Bagdad, rapporta a Nitrie deux cent cinquante volumes 
de la plus haute antiquite et d'une valeur intnnseque 
inestimable. Tres peu de ces manuscnts ayaient ete clis- 
tralts de la bibliotheque quand des negotiations habiie- 
ment conduites firent passer a Londres ce qui restait de 
cette collection unique au monde. 

Diverses bibliotheques publiques ou pnvaes possedent 
des collections syriaques de moindre importance; eel e 
de Florence contient cinquante manuscnts; celles de 
Milan, de Turin, dePetrograd, de Leide, de Dublin sont 
moins bien pourvues. 

Le nombre des manuscnts syriaques importes en 
Europe au cours du siecle ecoule depasse deux mille. lis 
ne constituent pas les seules ressources dont disposent 
les syriacisants. II reste encore des manuscnts syriaques 
en Orient et la facilite des relations permet souvent d en 
tirer parti. Assurement la bibliotheque du mont binai, 
qui renferme deux cent quatre-vingts manuscnts (presque 
tous liturgiques), n'cst guere accessible. Ln byne et en 
Mesopotamie le contact prolonge des missionnaires euro- 
peens a eveille l'attcntion du clerge local; les bynens 
instruits commencent a s'interesser a l'histoire ancienne 
de leur nation; les manuscrits ne sont plus negliges on 
les recueille et on les conserve soigneusement. Quand le 
zele de la science ne suffit pas a inspirer ces soins, 1 cspoir 
d'en tirer profit determine les possesseurs. j ai decnt 
jadis les cinquante manuscrits du couvent grec de Jeru- 
salem. Le couvent des Syriens de la mSme yille en compte 
pres de cent cinquante. Le patnarche Rahmani en pos- 
sldait, dlt-on, un pareil nombre dans sa bibliotheque 
privee Un prelat chaldeen fort mstruit, massacre par les 
Turcs en 1915, Mgr Scher, avait entrepris, a mon msti- 
eation, de decrire sommairement les collections reunies 
h Seert, sa ville episcopale, a Mardin, a Mossoul, a Lhar- 
bekir- ses notices s'etendent a plus de six cents volumes, 



De ces ouvrages, il est relativement facile d'obtenir 

aujourd'hui des copies soignees. C'est par ce moyen que 

I les missionnaires protestants d'Ourmiah ont reuni une 

bibliotheque de plus de deux cent cinquante volumes. 

Nous sommes mal renseignes sur le nombre et la valeur 

.des manuscrits conserves au patriarcat Jacobite, dans le 

couvent de Deir ez-Zafaran, pres de Mardin; plus mal 

encore sur ceux du patriarcat maronite, dont on refuse 

systematiquement la communication, par crainte de voir 

s'evanouir les legendes relatives aux origines religieuses 

g-de cette nation. Quant aux manuscnts qui se trouvent 

^dans les petits couvents du Tour'abdin et dans les eglises 

qui ont echappe aux pillages des Turcs, on peut esperer 

rpju'ils apporleront un jour ou K autre d agreables surprises 

|aux erudits, en leur rendant quelques-uns des documents 

„ antiques dont la science deplore la dispantion. 

Telles sont les sources auxquelles les Onentalistes ont 
I puise depuis trois quarts de siecle. Grace a Ieurs Iabeurs, 
'~ Texegesc biblique s'est enrichie dc plusieurs versions et 
i-.- recensions des Livres saints, et s'est trouvee en possession 
Side copieux commentaires; parmi ces derniers, quelques- 
I uns, traduits du grec, nous ont rendu des ouvrages dont 
He textc primitif est perdu. De curieux apocryphes ont 
• appele 1 attention des erudits qui s'adonnent a Tetude 
fdes origines chretiennes. Des traites de theologie, nom- 
I breux et varies, ont jete une lumiere inattendue sur les 
jt.grandes luttes religieuses qui ont trouble I'Orient au 
ByS siecle, et eclairent d'un jour nouveau les origines et 
: Fevolution des doctrines monophysite et nestorienne. 
feL'histoire est une des branches les plus developpees de 
Eptte Iitterature. Les chroniques contiennent toute I'his- 
£ toire religieuse et profane de la Syrie et de la Mesopo- 
Kamie jusqu'au XII1 U siecle* Des monographies, des bio- 
Kraphies, des documents hagiographiques completent les 
&.donnees des chroniqueurs. Les encyclopedies scienti- 
jrfiques et les traites particuliers de medecine, dc cosmo- 



: 



14 



LITTERATURE SYRIAQUE 



INTRODUCTION 






15 






graphie, de physique, de chimie.de rhetonque apportent 
une serieuse contribution a 1 histoire des sciences; les 
ouvrages de philosophic, assez nombreux, ont un interet 
particulier : on y retrouve les traites par lesquels les 
Syriens ont transmis leurs conna.ssances aux Arabes. 
qui, comme on le salt, ont depasse promptement leurs 
mitiateurs et ont exerce plus tard, par leurs propres 
ecrits, une influence considerable dans la propagation des 
sciences en Occident. 

On peut consider comme un premier essai d'histoire 
litteraire des Syriens le Catalogue d Ebedjesus metro- 
politain nestorien de Nisibe (voir plus bin, p. \W). ^ 
Catalogue des livres ecclesiasUques, redige en vers de 
sept syllabes, fut ecrit en 1316. Nous aurons a le citer 
souvent. C'est une enumeration tres breve des ouvrages 
qui etaient a la connaissance et tres vraisemb kblemenL, 
J la disposition de Uauteur dans la bib hotheque de 
NiSbe. 11 enumere successivement : 1» les livres de 
FAncien Testament avec quelques npocrypnes, I les 
iCres du Nouveau Testament; ; 3" les Peres gnx. ^ 
ete traduits en syriaque; 4° les Peres syriens; mais h partir 
du V* siecle, il no nomine, a de rares exceptions P™, que 
les auteurs nestoriens. II est regrettable qu A se contcnte 
de donner les litres, le plus souvent abreges, des ouvrages, 
sans preciser leur contenu. De plus, ,oit par ignorance 
soit par negligence, la date des auteurs n est pas indiquie 
et Vordre chronologique n est pas rigoureusement ob- 
serve Le Catalogue ne donne m tons les noms d auteurs 
„i la liste integrate des ceuvres de chacun de oeux quil j 
omme; il nous fait cependant connaitre 1 existence de .1 
bien des ouvrages qui ne sent pas parvenus jusqu a nous. 

La publication monumental que fit a ™ m **\*\ 
Assemani. sous le titre de Bibliotheca ortentdh Cfcmm-. 
tino-Vaticana. comporte quatre volumes ^^ j 
tome l* r (1719) est consacre aux eenvams orthodoxes ■ 



^ou reputes tels par I'auteur; le tome II (1721) aux ecri- 
ivains monophysites, et le.tome [II, en deux parties (1725, 
£1728), aux ecrivains nestoriens. Dans la premiere partie 
mx tome III sont inseres le texte et la traduction, copieuse- 
aent annotee, du Catalogue d'Ebedjesus. J. S. Assemani, 
; qui a contribue plus qu'aucun autre savant a repandre la 
^connaissance de la litterature syriaque, mourut a Rome 
>en 1768. 

■ En vue d'encourager letudc du syriaque, Gustave 
i'Bickel! publia un Conspectus ret litteraria? Syrorum (Muns~ 
jjter, 1871). C'est une breve analyse de la Bibliotheca orim- 

talis avec quelques additions. Les chapitres complemen- 
[htaires consaeres aux livres liturgiques des Syriens (missels, 
grituels, breviaires) sont encore le meilleur resume que 
. nous ayons sur ce sujet special. 

■ La premiere histoire litteraire des Syriens, redigee 
jDselon nos conceptions modernes, fut donn£e en 1887 par 
£ W. Wright, dans l'article Syriac literature de TEncyclo- 
[ paedia Britannica (t. XXII). Get article, complete par 
. quelques additions, fut ensuite public en volume sous 
Be titre : A short History of Syriac Literature (Londres, 
£.1894). II a ete traduit en russe par Turaieff et Kokow- 
I zoff qui developpa notablement la bibliographic (Peters- 
bbourg, 1902). 

Deja dans la Litter aim a jointe a sa Syrische Grammatik 
(Berlin, 1888), Eb. Nestle avait donne une bibliographic 
rtres exacte, et a peu pres complete a cette date, des 
■ publications concernant la litterature syriaque (disserta- 
tions, essais, catalogues de mss., editions de textes : y 
"compris les textes bibliques et liturgiques). 
fS La Litterature syriaque de Rubens Duval fut ecrite 
"pour le public lettre autant que pour les Orientalistes. 
rL'auteur remania, et developpa sur un plan nouveau, 
-1'essai de Wright; au lieu de suivre, comme ce dernier, 
llordre chronologique, il traita le sujet par ordre de ma- 
*tieres : les versions bibliques, les commentaires, les 



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L1TTERATURE SYRIAQUE 



apocryphes, l'hagiographie, 1'histoire, etc, Le succes du 
livre est atteste par ses trois editions (Paris, 1899, 1900, ,'j 
1907) totalement epuisees. 

Les Orientalistes ont auj'ourd'hui a leur disposition le 
travail plus technique et plus complet d'Ant. Baumstark, 
Geschichte der Syrtschen Literatur (Bonn, 1922), Fruit 
d'un long ct patient labeur, cet admirable ouvrage est 
une mine precieuse ou Ton trouve mentionnees toutes 
les ceuvres editees avec leur bibliographic, et toutes les 
ceuvres inedites avec 1'indication des manuscrits qui les 
renferment. 

Nous avons profite de tous ces travaux. Nous avons 
adopte le plan de Wright, qui semble mieux approprie 
a une histoire resumee, et nous avons fait de larges 
emprunts aux exposes de Rubens Duval. Comme celui-ci, 
nous avons cru bon de mettre en lumiere les services -j 
rendus a la Patristique par les Syriens, et nous avons g 
groupe dans un chapitre final les notices des ceuvres grec- 
ques aujourd'hui perdues qui sont conservees dans des I 
traductions syriaques. Comme lui aussi, nous avons juge 
a propos, dans un livre de vulgarisation, d adopter pour I 
les noms propres syriaques la forme la plus simple, bien 
qu'elle ne rende pas exactement la prononciation orien- 
tals Nous ecrivons done : Ephrem, Ebedjesus, Narses, 
et non Aprcm, Abdischo, Narsai, etc, 

Une bibliographic complete de la litterature syriaque 
remplirait a elle seule notre opuscule. Nous ne pouvions 
songer a enumerer toutes les editions des textes, toutes 
les traductions, toutes les dissertations relatives a nosi 
ecrivains. Nous nous bornons a signaler sommairement ; 
une edition des principaux ouvrages, prise de preference 1 
parmi celles qui sont accompagnees d'une traduction les 
mettant a la portee des personnes peu familmrisees avec' 
la langue syriaque. Quelques ouvrages d'un interet plus. 
general seront mentionnes a la fin de notre travail. 

Nous avons reparti les ouvrages originaux recenses 



INTRODUCTION 



17 



dans notre etude en quatre periodes; ces periodes ne 

correspondent pas a des modifications linguistiques, la 

angue syriaque etant restee sensiblement la meme depms 

■Je_M e siecle jusqu'a sa disparition comme langue litte- 

'■ raire; Ja division est basee sur des faits exterieurs. 

U La premiere periode va des origines au V* siecle 

epoque des grands schismes orientaux; la seconde s'etend 

du V° siecle a la conquete musulmane (milieu du VU e s )• 

, Ja troisieme, pendant laquelle le syriaque se maintient 

encore a cote de 1 arabe, va jusqu'au X e siecle; la qua- 

. tneme. du X e au Xlf siecle, est Fepoque de decadence; 

larabe supplante alors le syriaque dans Tusage et le 

reduit au role de langue savante et liturgique, comme 

ont fait en Occident les langucs modernes a 1'egard du 

latin. 






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LITTfcnATUnE BYRIAQUR 



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DES OIUGINES AU V c SlECLE 



19 



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CHAPITRE PREMIER 



PREMIERE P£RIODE 
DES ORIGINES AU V° SlECLE 



I. Litterature profane. — II. Versions bibliques.— III. Bar- 
dcsane. — IV. Aphraate. — V. Saint Ephrem^ — VI. La 
poesie syriaque. — VII. Disciples de saint Ephrem, — 
VIII. Les Irois Isaac. — IX. Balai.— X. Les Apocryphes. 

— XL Les Actes des Martyrs. 



I. — Litterature profane. 

LA langue des premiers ouvrages syriaques chretiens 
decele une perfection et accuse un degre de culture 
intellectuclle tels qu'on ne puisse mettrc en doute 
{'existence d'une litterature anterieure fort developpee. 
De cette litterature paienne, ii nous reste sculcment quel- 
ques courtes inscriptions, pour la plupart funeraires, 
et une lettre du pliilosophe stoi'cien Mara de Samosate 
adressee a son fils Serapion. II Iui conseille de dominer 
ses passions, de ne pas s'emouvoir des vicissitudes du 
sort, de rechercher et cultiver la sagesse. L'auteur ecrivait 
de la prison ou les Remains le tenaient enferme. Ce texte, 
qui est original et non pas une traduction du grec, appar- , 
tient a la plus ancienne epoque de la litterature synaque. 
I] a ete publie et traduit en anglais par W. Cureton 
(Londres, 1855). On ne saurait en fixer la date avec pre- 



cision. II fut probablement ecrit au cours du ill e siecle; 
t it ne peut en aucune facon etre posterieur au IV . 

II- — Versions bibliques* 

• ^? P'" s , an cien monument de la litterature chretienne 
,;«t mdubitablcment la version de 1'Ancien Testament 
^tiie remonte a 1 epoque de 1 evangelisation de la Meso- 
tpotamie, c est-a-dire au milieu du second siecle; elle etait 
^connue de Bardesane a la fin de ce siecle. Cette version 
fut faite sur le texte hebreu, et elle est I'ceuvre de plusieurs 
, auteurs. II y a grande vraiscmblance quelle fut executee 
£. par des Juifs convertis, dans les communautes parmi ies- 
gquellcs sc propagea tout d'abord le christianisme. Le 
Knom de Peschitto « Simple" par lequel on la designe 
I maintenant est forme* a l'imitation du grec tk dk)*« oppose 
Vk xa ti-otxka; ii ne lui fut applique que plus lard, lors- 
fjjuon voulut la distmguer des versions posterieures. 
-.Une revision de la version primitive, qui la rapprochait 
kdesSeptante, eut lieu posterieurement a Origene et ante- 
J neurement a Aphraate et a saint Ephrem (milieu du 
' IV° s.). Ces auteurs connaissent non sculement les livres 
Vdu canon hebralque, mais aussi les deuterocanoniques qui 
|avaient ete traduits du grec, probablement au debut du 
gill 8 siecle, quand des relations etroites furent etablies 
rentre les eglises judaisantes de Mesopotamie et Antioche, 
■rmetropole des eglises hellenisantes. 
|£ La version Simple du Nouveau Testament est poste- 
vtieure a celle de 1'Ancien. Elle ne comprenait primitive- 
|liient que les quatre Evangiles, les Actes, trois Epitrea 
|cathohques (Pierre I, Jean I, Jacques) et les fipttres de 
saint Paul. 

Id ^°i U - r ' GS ^ van ^' es ' ' es Syriens avaient en dehors de la 
|?eschitto, deux autres versions appelees, dans les manus- 
F ~its, « Evangiles meles » et « Evangiles separes »; La pre- 



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20 L1TTERATURE SYRIAQUE 

miere est une traduction de l'Harmonie composee par 

Sen sous Ie titre de Diatessaron. Le Diatessaron fut 

compos en grec, vers l'an 160 et peut-etre tradu.t en 

svrTaque par Tatien lui-meme. Le texte original n a pas 

EK sauf un feuillet recemment decouvert dans 

les ouUles de Doura. La seconde est connue par deux 

ecensions : la Curetonienne (du nom du prem.er editeur) 

etla S naitique (manuscrit palimpseste decouvert en 892 

u couv^du inonl Sinai). La date respective de. troi. 

f U„rc rinnorts entre e les ont donne lieu a ae 

V n e oXu h ptlSs dont F expose ne peut trouver 

SSSufiEta-KOD fut tres repandu. Saint Ephrem 

fit n commence. Son usage fut rnterdiL dans le. 

Ibises du diocese d'Edesse par 1' eveque Rabboula (debut 

du " siecle). qui impose les " Evangiles separes ». C est-a- 

Xe tres probablemcnt la Peschitto revisee. . 

Com" dam les Eglises grecques, chez les Sp» 
heUeWs (Antioche et sa region) la version des Septante 
faisai" seule autorite. Lors des v.olentes controverse, 
SoL iques qui surgirent a la fin du 1 V et au debut du 
Srgffi les Syriens des provinces Euphratcsiennes et 
de la SSopotamie sentirent la necess.te de posseder une 
version de la Bible plus conforrne aux Septante que ne 
ISt la Pescbitto. De « = besom sont necs la Pbloxe- 

« VHpvanlaire et 1 Heracleenne. 
TSffidE 3? Mabboug (cf. p. 64) chargea, vers 505, 
le chorTvTquePolycarpe de faire sur le grec une version 
ftSale de l'Ancien et du Nouveau Testament. Utte 
traduction dont il ne subsiste que des fragments, tomba 3 
en dl Sde au bout d'un siecle, a 'apparition des deux 
nouvelles versions. L'Hexaplaire synaque est une version 
i e ^ *- A**rsr*R es Hexaples d On gene, bile tut 
Scutf "i Paullva que de Telia de Mauzelat (Con- 
LtTne de'Syrie), a la demand. , du patnarche monophy- 
site d'Antioche Atbanase I er (595-631). , 

L'Hiracleenne est une revision de la version phdoxe- J 



DES ORIGINES AU V 6 SIECLE 



21 



BEienne du Nouveau Testament. Elle fut elaboree en 616, 
Kar Thomas d'Harkel (Heraclee), eveque de Mabboug. 
^Ce prelat ayant ete chasse de son siege, se retira a Enna- 
Fton» pres d'Alexandrie, et travailla a cette revision. Elle 
I'comprend les quatre petites Epttres absentee de la Pes- 
gchitto (Pierre II, Jean II et III, Jude). 
jry II a existe aussi une version de TAncien ct du Nouveau 
^Testament dans le dialecte palestinien, qui n'appartient 
j^pas proprement a la Iitterature syriaque. Cette version, 
fcrpartiellement conserved, surtout dans des Lectionnaires, 
;semble plus recente que les autres. N'ayant a signaler 
rici les versions que comme temoins de la langue, nous 
r renvoyons le lecteur aux Manuels bibliques pour ce qui 
_ regarde leur valeur, assurement tres grande, au point 
, de la critique textuelle des Ecritures. 

III. — Bardesane. 

['_ Avec une curieuse hymne gnostique, inscree dans les 
^Actcs apocryphes de Tapotre saint Thomas (cf. p. 38), 
^les ccuvres de Bardesane forment une sorte de transition 
Centre la Iitterature paienne et la Iitterature chretienne. 
rQuelques critiques sont d'avis que Thymne pourrait etre 
lie Bardesane Iui-m&ne. 

■:. Bardesane naquit a Edesse le 1 1 juillet 154; il rnourut 
fen 222. On salt peu de choses de sa vie et de ses ecrits. 
[Les notices que lui consacrent saint Epiphane, Eusebe et 
fcertains auteurs syriens sont peu explicites et souvent 
|contradictoires. Scion Epiphane* il aurait ete 1'ami d'en- 
Ja'nce d'Abgar fils de Manou, premier roi chretien 
fd'Edesse, et n'aurait pas ete etranger a la conversion de 
ice prince (vers 206). Les tentatives faites pour reconsti- 
Kuer sa doctrine d apres les theories des auteurs gnosti- 
Kques sont du domaine de l'hypothese. Au dire de saint 
^Ephrem, Bardesane avait compose, a limitation de 



22 



LITTERATURE SYRIAQUE 



DES ORIGINES AU V ft SIECLE 



23 



David, cent cinquante hymnes pour grayer dans 1 esprit 
du peuple ses enseignements religieux. I! n est nen reste 
de cea pofaies, en dehors des quelques vers cites par 
saint Ephrem. Mais un livre, connu par deux longues 
citations d'Eusebe, a ete retrouve en syriaque. U est 
redige sous la forme d un dialogue entre Bardesane et ses 
disciples. L'un de ceux-ci, Philippe, la mis par ecrit 
vers Tan 1% et y a ajoute une courte introduction. 
L'ouvrage est intitule LiVre des lois des pays; c est le plus 
ancien texte syriaque profane actuellement connu. 11 a 
6te decouvert et publie avec traduction anglaise par -Cure- 
ton (Londres, 1855), et avec traduction latine par h , Nau 
(Paris 1907). Selon Bardesane, 1 homme est sous 1 in- 
fluence de trois agents : la nature, le destin et lavo onfe 
La nature est soumise a des lois iminuables. Le destin 
est le pouvoir que le Dien unique et createur a donne 
aux astres de modifier les conditions de la vie humamc : 
son influence se produit au moment de la naissancc La : 
volonte est la liberie d'actlon, qui permet de faire Ic bien j 
on le mal dans tout ce qui n'est pas determine par la | 
nature on le destin. Cette philosophic un pen incoherente 
n'est pas incompatible avec le chnstiamsme de 1 auteur : 
l'eveque Barhebreu, (cf. p. 131), au XIII* siccle, croyait 
encore a ['influence des astres sur Ic monde terrestre. 
Elle est opposee au fatalisme des chaldeens ou astrologues. 1 
Elle n'a rien de commun avec les systemes gnostiques 1 
connus. II est done impossible de savoir en quo i consist 1 
talt exactement 1'heresie de Bardesane; mais il est dittl- 1 
cile en presence des temoignages unanimes des anciensf 
Peres de l'Eglise, de nier qu'il fut heret.que; il est tout. 
au moins certain quil n'admettait pas la resurrection des. 
corps. Nous n'avons pas tous ses ouvrages. Lusebe parte! 
de ses brakes ou dialogues contrc les heresies et Georges, 1 
evaque des Arabes (cf. p. 88), dun traite d astronomies 
II ne nous parait pas demontre que le hvre des Lots des 1 
pays soit identique au livre Du destin mentionne par* 



Eusebe, saint Jerome et saint Epiphane. II semble, au 

I reste, que Bardesane ait varie dans ses theories; suivant 

Eusebe, apres avoir ete partisan de Valentin, il se serait 

rapproche de Forthodoxie vers la fin de sa vie. Lui-meme, 

■ dans un passage contre Tastrologie, avoue qu'il s'y etait 
jadis adonne. 

Bardesane fut le createur de la poesie syriaque, qui 

devait par la suite occuper une si large place dans la 

Uitterature. Son fils Harmonius le surpassa, dit-on, dans 

Tart de la versification, L'invention eut grand succes. A 

' Edesse, les partisans de Bardesane, recrutes dans la classe 

, riche et eclairee, formaient une secte importante qui se 

■ maintint, a cote de l'Eglise orthodoxe, jusqu'au debut du 
V 6 siecle. 

IV. — Aphraate, 

■ L'ceuvre syriaque la plus ancienne dans le domaine 
r,proprement theologique est celle d'ApHRAATE, sumomme 

Je Sage persan. On sait peu de chose de cet auteur. II 
-;etait ne dans le paganisme; apres sa conversion, il se fit 
"jnoine. D'apres un passage de sa XlV e homclie, ou il est 

■ parle de l'imposition des mains que plusieurs out recue 
*fle lui, on a conclu avec vraisemblance, non avec certi- 
$tude, qu'il fut eveque, Dans un manuscrit syriaque (date 
f de 5 1 2) il est appcle" Jacques; peut-etre avait-il pris cc 
tnom lors de sa conversion ou de son ordination, Cette 
fCirconstance a favorise la confusion que Gennadius et la 
^version arm^nienne ont faite d'Aphraate avec Jacques, 
uVeque de Nisibe. On ignore le lieu de sa residence et la 
[date precise de sa mort. Son oeuvre se compose de vingt- 
Ltrois Demonstrations appelees parfois Homelies, parfois 
|Cpffres, parce qu'elles sontredigees sous forme de lettres 
1 un correspondant. Chacune des vingt-deux premieres 
[commence par une lettre de Talphabet qui en determine 



i 



24 



LITTERATURE SYRIAQUE 



DES OIUGINES AU V° SIECLE 



25 



la place; la vingt-troisieme est intitulee Le grain de raisin 
(Is XLV 8) ou « la benediction transmise par les ancetres, 
d'Adarn'au Christ K En tete de la collection se trouvait 
la Iettre du correspondant d'Aphraate; le debut manque 
dans tous nos manuscrits. Les dix premieres demonstra- 
trations furent ecrites en 337. les autres en 344 et 345. 
L'ouvrage nous est parvenu dans tro.s manuscrits de s ^ 
et VI* slecles. II a ete edite par Wright (Londres, 1869), 
traduit en allemand par Bert (Leipzig, 1888 1, reedite avec 
traduction latine par J. Pansot (Pans, 1M4, \WJ). 

Les discours d'Aphraate sont le plus ancien type de 
rhomelie syriaque libre de toute influence grecque ; 
L'homelie syriaque, soit en prose, sort en vers, malgre ; 
son titre de « discours » (memra), n apparent pas au 
eenre oratoire, et differe en cela de rhomelie grecque et . 
latine, c'est un petit traite sur un sujet particular. Les 
sujets abordes par Aphraate dans ses vmgt-deux homelies 
sont : 1° la foi, 2* la charite, 3° le jeune, 4° la pnere, 
5" les gucrres, 6° les moines, 7° les penitents, 8° la resur- 
rection des morts, 9° l'humilite 10° les pasteurs. 11" la 
circoncision, 12° la paque, 13° le sabbat 14° encourage- 
ments, 15° distinction des aliments, 16° vocation des 
Centils, 17Me Christ fils de Dieu, 18° la virgmite, 19 a 
dispersion des Juifs, 20* le soutien des pauvres. 21 la 
persecution, 22° les fins dernieres Quelques-unes des 
homelies sont dirigees contre les Juifs; elles montrent que 
l'auteur connaissait l'exegese de la synagogue. Le style . 
nest pas elegant, mais correct; les phrases sont entre- 
coupees de citations bibliques; il y a des repetitions tasti- 
dieuses. La pensee nest pas toujours claire. Mais cette 
dem^obscurite est peut-gtre voulue et inspiree par la 
crainte de compromettre les chretiens et la religion i : 
Aphraate ecrivait au temps de la grande persecution de 
Sapor II, et il abordait des sujets delicate, comme la 
controverse paschale, les dissensions intestines del Lghse 
orientale, la simonie du haut clerge. Sa thcologie, pour 



Mutant qu*il y en a dans ses ecrits, est orthodoxe. Cepen- 
gdant, comme d'autres Orientaux, il admettait le principe 
platonicien de Thomme compose du corps.de lameet de 
iesprit; il croyait la duree du monde fixeeasix mille ans 
Irepondant aux six jours de la Creation, Ses opinions 
t^furent acceptees par quelques ecrivains posterieurs et 
l combattues par d'autres, notamment par Georges, eveque 
.monophysite des Arabes (cf. p. 88). 
\ Le patriarche de Seleucie, Simeon BAR Sabbae, con- 
^temporain d'Aphraate, une des premieres victimes de la 
Fpersecution de Sapor (cf. p. 42) serait, d'apres Ebedje- 
faus, Tauteur de Lettres que nous ne connaissons pas. 
^Certains manuscrits lui attribuent des Hymnes. Pour le 
'■Livre des Peres, mis sous son nom, cf. p. 128. 
L- Un autre eveque martyr, MlLES de Suse, aurait aussi 
"icrlt des Lettres et des Traites sur divers sujets, ou- 
trages egalement inconnus. 

V. — Saint Ephrem. 

Saint EpHREM, mis au nombre des Docteurs de l'Eglise 
i;:par le pape Benoit XV, et le plus celebre des ecrivains 
tsyriens. Fils d*un prctre pa'icn, il naquit vers le debut du 
HV 6 -sjecle, a Nisibe. Sous la conduite de P eveque Jacques, 
pin des Peres du concile de Nicee, Ephrem s'initia au 
fchristianisme et recut le bapteme; il fut plus tard ordonne 
fdiacre, mais ne consentit jamais a recevoir la pretrise. 
iLaville de Nisibe ayant ete cedee aux Perses par Jovien, 
Ten 363, Ephrem s'expatria et T apres un court sejour a 
E^mid, alia se fixer a Edesse, ou il mourut le 9 juin 373. 
JCest a peu pres tout ce que nous savons de certain sur 
la vie de cet illustre auteur. Sa biographie, ecrite peu de 
; ; temps apres sa mort, etait deja connue, avant la fin du 
tiecle, de Gregoire de Nysse et de Palladius. Nous n'en 
possedons pas la redaction primitive. Elle nous est par- 



26 



LITTERATURE SYRIAQUE 



DES ORIGINES AU V* SINGLE 



27 



:'.- i 



I 



I 1 



venue dans deux recensions posteneures, assez diver- 
gentes* surchargees d'anecdotcs miraculeuses et de details 
puerils peu vraisemblables. On doit releguer parmi ces 
legendes le recit d'un voyage a Cesaree et d une rencontre 
avec saint Basile; celui aussi d*un scjour en Egypte de 
huit annees employees a la predication contre Ies Ariens. 

Les Commentaires bibliques de saint Ephrem sont Ies 
plus anciens parmi ceux que nous ont Iaisses Ies Syriens. 
II les ecrivit, croit-on T a Edessc,et sans doute resument-ils 
Tenseignement quil donnait dans la celebre Ecole dite 
des Perses, ainsi appelee, probablement, parce qu'elle fut 
fondee Iors de ('immigration des maitres venus de Nisibe. 
De ses commentaires sur l'Ancien Testament nous avons, 
sous leur forme originelle r dansun manuscntdu Vl iy siecle, 
celui de la Genese et en partie celui de 1'Exode, De nom- 
breux passages des commentaires sur les autres hvres, 
sont inseres dans la Chatne du moine Severe (cf. p. 94). 
Ces commentaires sont bases sur la version Simple. Pour 
le Nouveau Testament, au contraire, Ephrem suivait le 
Diatessaron. A part quelques citations faites par les 
auteursposterieurs,ilne nous reste rien du textesyriaque; 
mais du commentaire sur les Evangiles et de celui sur 
les Epitres paulmiennes, il existe une version armemenne 
dont on a publie une traduction Iatine, On peut rattacher 
aux travaux bibliques de saint Ephrem un certain nombre 
d'homehes exegetiques. 

En dehors de ses Commentaires, saint Ephrem ecrivit 
peu en prose. On a tire des manuscrits du British Museum 
un double traite adresse « a Hypatius, contre Ies hereti- 
ques Marcion, Bardesane et Manes »; une lettre a des 
moines, et quelques fragments d'homelies bibliques. 
Comme on rencontre parmi ses poesies une serie de dix- 
sept hymnes sur Abraham de Kidouna et une autre serie 
de vingt-quatre sur Julien Saba, deux ascetes fameux, 
ses contemporains, on lui a aussi altnbue leurs Actes; 
mais les Actes de Julien sont simplement traduits de 



J* : Theodoret, et ceux d'Abraham ne semblent pas etre 
sortis de sa plume. 
Saint Ephrem voultit propager ses enseignements sous 
I Ja forme cThymnes et d'homelies metriques; il imprima 
-• au genre poetique cree par Bardesane le caractere que 
devait conserver ce genre de composition qui occupe une 
si large place dans la litterature postericure des Syriens. 
Nous en dirons quelques mots plus loin. 
. Les poesies de saint Ephrem, comme celles de tous Ies 
poetes orientaux, sont remplies de metaphores.de figures 
"hardies, d'allegones, d'hyperboles et de tours d'imagina- 
tion inconnus aux Grecs et aux Latins. Mais, sous cette 
r-brillante enveloppe, la pensee manque le plus souvent 
^delevation et d'originalite, Ephrem est un moraliste, un 
Kpre"dica£eur plus qu'un theologien, Ses homelies, meme 
k celles qui sont dirigees contre les heretiques, ne presen- 
tment qu'un mediocre interet au point de vue doctrinal; 
■ Jcnsemhle de l'ocuvre est surtout paneretique. La repu- 
.tation de saintete de I'auteur a contribue a en assurer le 
' succes. Son activitc mtellcctuclle fut prodigieuse. Puis, 
..comme a saint Augustin chez les Latins, a saint Jean 
'Chrysostome chez les Grecs, par ignorance, par ruse ou 
par admiration, les Syriens lui ont attribue des poesies 
"d'Isaac d'Antioche, de Jacques de Saroug, du nestorien 
Narses, ou d'auteurs inconnus. 

Tous Ies ouvrages, authentiques ou apocryphes, mis 

sous le nom de saint Ephrem dans Ies manuscrits ont ete 

BpubUeSi Les Maronites ont donne a Rome de 1732 a 

1743, une edition en six volumes inTolio, dans laquelle 

.tous les textes sont accompagnes dune traduction latine. 

Trois volumes renferment Ies textes grecs et trois autres 

les textes syriaqucs. Les morceaux edited dans les volumes 

gre'co-latins seraient des traductions d'ouvrages composes 

'en syriaque, qui n'auraient pas ite conserves dans leur 

- langue originelle. On sait, en effet, que des ceuvres 

Ka'Ephrem furent traduites en grec et surtout en armd- 



28 



DES ORIGINES At) V* SlfeCLt 



29 



LITTERATURE SYRIAQUE 






nien. Mais, en realite, de nombreuses pieces reumes la, 
dont ['existence n'est pas attestee par le syriaque ou 
Parmenien, doivent etre considerees comme apocryphes. 
Plusieurs ont manifestement ete composees en grec, 
langue que saint Ephrem ne connaissait pas. On y trouve 
aussi un panegyrique de saint Basile qui survecut au " 
poete syrien. 

Dans les deux premiers volumes syro-Iatins sont ren- 
fermes ce qui a ete retrouve des Commcntaires, puis dix 
sermons exegetiques, un sermon sur Jonas, un autre sur 
Lazare, treize sermons metriques sur la nativite de Notre- 
Seigneur, et cinquante-six contre les heretiques. Le tome 
troisieme conticnt les Actes de saint Ephrem; quatre- 
vingt-sept hymnes contre les sceptiques; quatre-vingt- 1 
cinq « necrosimes", petits poemes pour les funerailles; 
d'allure assez vive, souvent en forme de dialogue ou le 
defunt intervient; soixante-seize exhortations a la peni- 
tence; douze hymnes sur le Paradis terrestre^ et une 
vingtaine de sermons metriques sur divers sujets. t On 
trouvera une analyse substantielle de toutes ces pieces 
dans le supplement joint au t VI (p. 439-520) de la 
re-edition de Dom Cellier (Paris, I860), ( 

Le savant J. Overbeck a edite un choix d ouvrages 
syriaques tires des manuscrits du British Museum 
(Oxford, 1865), et il a place en tete quatre hymnes de 
saint Ephrem sur Julien PApostat, Elles contiennent des . 
details fort curieux sur le sejour en Orient, la ^rm^e 
campagne et la mort de cet empereur. Gustave Bickell 
en a donne un resume en latin (dans son Conspectus^ 
p. 31-32). Un autre manuscrit de Londres contient un 
«Tome des hymnes de Nisibe »; Bickell a edite^et tra- 
duit en latin cette collection sous le titre de Carmina 
Nisibena (Leipzig, 1866), Elle comprenait soixante-dix- 
sept hymnes; il en manque sept. Les vingt premieres 
seules ont ete ecrites a Nisibe; 1 auteur y parle des 
sieges subis par la ville, en 350 et pendant la guerre des 



Perses (359-363), et de ses eveques : Jacques, Babou, 
Bfologese. Parmi les hymnes posterieures, cinq qui con- 
-cement les troubles survenus dans Peglise d'Edesse, et 
: quatre qui parlent de Pidolatrie pratiquee a Harran et 
Fde Vitus, eveque de cette ville, sont particulierement 
tinteressantes, Les'dernieres sont consacrees a des sujets 
Ttlieologiques : la Passion, la Resurrection du Sauveur, 
£]a resurrection des corps. 

Un grand nombre d'ouvrages disperses ont ete reunis 
Let traduits par Th. Lamy dans ses S. Ephrauni Hymni et 
jSermones (4 volumes in-4°; Malines, 1882-1902). Parmi 
& les ceuvres entrees dans cette nouvelle collection, outre 
ties Actes apocryphes de saint Ephrem, ceux de Julien 
fSaba, ceux d'Abraham de Kidoun et les hymnes sur ces 
Rdeux saints, on peut citer quinze hymnes metriques sur 
■TEpiphanie, quinze sur les Azymes, vingt sur les Martyrs, 
Ktbeaucoup d'autres recueillies dans les livres liturgiques: 
See qui n'est pas une garantie d'authenticite. On y a aussi 
jjiisere des fragments inedits assez etendus du commen- 
Raire (en prose) sur les petits Prophetes et un poeme sur 
J Joseph, fils de Jacob, en douze chants, une des meilleures 
[compositions de ce genre, qui provient surementdel ecole 
B'Edesse.mais non pas de saint Ephrem lui-meme.Quant 
ffrla piece intitulee Testament de saint Ephrem, elle parait 
'authentique pour le fond, mais elle fut fortement inter- 
fepolee par la suite. Lamy a joint a son recueil une etude 
||res complete sur la metrique des poemes. 
EUne bonne edition des oeuvres de saint Ephrem serait 
Mtres desirable. Les Carmina Nisibena, le Testament et 
Hnielques poesies publiees isolement, sont les seuls ouvra- 
Pges'du grand docteur qui aient ete edites d une maniere 
Csatisfaisante. Ni ledition de Lamy, ni celle de Rome ne 
[sont etablies de facon critique, soit au point de vue des 
ftextes, soit quant a la discrimination des ceuvres authen- 
gques ou apocryphes, A propos de Pedition romaine, le 
rtiacteur du supplement a Dom Cellier notait deja « que 



■ 



30 



LITTERATURE SYRIAQUE 



DES ORIGINES AU V e SIECLE 



31 



la correction des textes laisse bien a desirer, et que la 
traduction latine du pere Benoit Gesuite syrien charge de 
Tedition) n'est recommandable ni sous le rapport de la 
clarte, ni sous celui de la fidelite ». 



VI. 



La poesie syriaque* 



Comme nous venons de le dire, la poesie syriaque a ete 
creee pour graver dans Tesprit du peuple lea enseigne- 
ments religieux et pour donner aux offices du culte, par 
le chant, une certaine solennite. Le succcs des composi- 
tions de saint Ephrem lui a suscite beaucoup d'imita- 
teurs, et dans les siecles suivants de nombreux ouvrages 
ont ete Merits en vers. 

C'est a tort qu'on a voulu rattacher la poesie syriaque 
a celle des hebrcux. Sans doute, le groupcrnent des vers 
deux par deux, pour former une phrase metrique, ripond 
asscz bien au parallelisme de la poesie hebraique; sans 
doute aussi, I usage frequent des strophes acrostiches 
suivant Tordre alphabetique, a ete inspire par imitation 
de certains psaumes et des Lamentations de Jeremie. 
On a remarque encore que la « reponse », c est-a-dire la 
reprise au commencement dune strophe d une pensee 
ou d*un mot de la strophe precedente, signalee en hebreu 
dans les Prophetes et les Psaumes, se rencontre assez 
souvent dans les poesies de Narses (cf, p. 50). Mais a ces 
analogies se bornent les liens qu'on pcut etablir entre les- 
deux poesies* essenticllement difTerentcs dans Ieur facture. 
Le principe fundamental de la metrique syriaque, qui 
n'existc pas en hebreu, est le nombre determine des 
syllabes du vers, sans distinction des voyelles longues ou 
breves. 

Les compositions poetiques que nous aurons a signaled 
peuvent etre classees en deux groupes : les homelies me-' 
triques et les hymnes. 






Les homelies, discours poetiques du genre narratif ou 
jepique, se composent de vers du meme metre. Le vers de 
pept^ syllabes a sur tout, ete employe par saint Ephrem, 
r celui de cinq par Balai, celui de douze par Jacques de 
[.Sarong. Narses se sert tantot du vers de sept syllabes, 
j^-tantot de celui de douze. Les homelies ecrites en vue des 
fees de l'Eglise etaient^ recitees pendant les offices. 
r rDautres, destinees a ledification ou a l'instruction des 
t'fideles, servaient de pieuses lectures; elles etaient parfois 
cfort longues. On a un poeme sur Joseph fils de Jacob, 
fen douze homelies ou chants; une homelie de Jacques de 
[Saroug sur la Passion et une autre sur la Creation comp- 
etent chacune plus de 3.000 vers. Isaac d'Antioche en fit 
tpne de 2.136 vers sur un perroquet qui chantait leTrisa- 
igion. 

};. Le terme « hymne i» etait inconnu aux Syriens; les 
rpoesies que nous designons par ce mot etaient appelces 
Eh$Z eux « instructions ». A la difference des homelies, 
Relies represenlent le genre lyrique et sont susceptibles de 
mutes les varietes de ce genre, depuis le vers de quatre, 
jusquau vers de dix syllabes. On a compte soixante- 
quinze varietes d'hymnes dans les ecrits, authentiques 
fou supposes, de saint Ephrem. Les hymnes sont partagees 
yen strophes de difference longueur; parfois un refrain, 
rtorme d'une doxologie ou d'une priere, se repete apres 
Lchaque strophe. Pour les hymnes destinees a etre chan- 
ters, les airs musicaux sont indiques en tete par les pre- 
miers mots d'une hymne connue, comme dans nos 
jrecueils de chansons populaires. II y a de nombreuses 
^hymnes acrostiches dont les strophes sont disposees selon 
B'prdre de l'alphabet; dautres, plus rares, selon les lettres 
gun nom propre. Les Syriens goutent fort le genre qu'ils 
Eppellent sougitha ou cantique; il revet la forme dialoguee 
gfet a. ses regies speciales. Ces cantiques sont de petits 
■drames d'allure vive et gracieuse, quelque chose d'ana- 
glpgue a notre Victims paschali. Le dialogue a lieu entre 



32 



LITTERATURE SYRIAQUE 



■ 


r 


■y 


DES ORIGINES AU V e SIECLE 



deux personnages (par exemple, la Vierge et 1 Ange pour I 
I'Annonciation, la Vierge et les Mages pour la Nativite). J 
A chaque personnage est attribute, a tour de role, une 
strophe numeiotee selon 1'ordre des vingt-deux lettres de 
lalphabet syriaque, de sorte que Ie dialogue se compose 
invariablement de quarante-quatre strophes, precedees 
d une courte introduction, le tout generalement en vers . 
de sept syllabes, , 

A partir du lX e siecle, quand 1 usage de la langue arabe 
commencait a supplanter le syriaque, les ecnvams syriens, 
a limitation de la poesie arabe, introduisirent a rime 
dans leurs compositions metriques, Quelque ois la rime J 
est la meme pour tons les vers d une poesie; le plus sou- 
vent les vers dune strophe seulement nment entre eux, 
Dans les siecles suivants, pour montrer que le syriaque, 
ne le cedait en rien a la langue des envahisseurs par la. 
richcsse de ses formes, les ecnvains rechercherent les; 
expressions rares ou artificielles; lis ne furent plus que 
des versificateurs, et leurs vers ne sont que des jeux: 
d'esprit, sans aucun souffle poetique et sans elevation del 
pensee. Un des plus curieux exemples de cette htteraturej 
decadente est fourni par le Paradis d Eden d Ebedjesusj 
(cf. p. 141), compose en 1290. 

VII. —Disciples de saint Ephrem. 

'Dans la partie interpoleedu Testament de saint Ephrem,: 
on fait paraitre a son lit de mort ses disciples : Aba, 
Abraham, Simeon, Mara, Zenobius, Paulonas, Arwad; 
ces deux derniers pour s entendre maudire. On connatt 
les ceuvres de quelques-uns de ces personnages. Aba est 
l'auteur de commentates sur les Evangiles, d un discours 
sur Job, et d'Exhortations en vers de cinq syllabes. Les 
quelques fragments qui en subsistent ont ete publies et 
traduits par F. Nau {Rev, Or. chit, 1913), Zenobius, 



* 



33 

fincre d'Edesse, ecrivit une vie de saint Ephrem, des 
lEpitres, et des traites contre Marcion et Pamphyle. Pau- 
rLONAS ou Paulinus, mentionne comme heretique dans le 
^Testament, avait compose des hymnes et divers ecrits 
jcontre Marcion et les sceptiques. 

■CYRILLONA composa un poeme sur les calamites de 
(ion epoque : le fleau des sauterelles et l'invasion des 

■Juns. Nous ne savons rien de cet auteur; il ecrivait 

noins dun an apres 1 'invasion qui eut lieu en juillet 393, 

EOn lui doit aussi des homehes metriques sur la Cene. 

lickell a public et traduit en allemand (Kempten, 1872) 

plus grande partie des oeuvres de Cyrillona. 
y-Un neveu de saint Ephrem, nomme ABSAMYA, ecrivit 
pussi des hymnes et des homelies sur ['Invasion des 

iuns; pour cette unique et insuffisante raison, on a 

foulu lidentifier avec Cyrillona. 

VIII- — Les trois Isaac. 

^Jacques d'Edesse (cf. p, 84) ecrivait a Jean le Stylite, 
ljui 1 'avait interrogc a ce sujet, qu'on doit distinguer trois 
ffcnvains synens du nom d'Isaac : I. Isaac d'Amid, qui 
^sous le regne d'Arcadius (395-408) visita Rome et fut a 
'son retour ordonne pretre a Amid; 2. Isaac, pretre 
tdEdesse, qui se rendit a Antioche au temps de l'evcque 
ffierre le Foulon (470-488); 3, un autre Isaac, aussi 
td'Edesse, qui etait monophysite sous Teveque Paul (512), 
Set devint orthodoxc sous Teveque Asclepius (522). Cette 
^•distinction n'a pas ete observee par les copistes; ils ont 
finis sous le nom d'un seul auteur toutes les ceuvres por- 
Etant le nom d'Isaac. Ainsi a fait, au Xl G siecle, Jean bar 
tSchouschan (cf. p. 120) qui voulut reunir ces ceuvres en 
un unique recueil. 

ROn appelle communement ISAAC D'ANTIOCHE, ou 
|I*aac le Grand, un auteur syriaque mort vers l'an 460. 

' Lirr£nATUna *yiuaqub 3 



■$>'< 



34 



LITTERATURE SYRIAQUE 



DES ORIGINES AU V' 



SIECLE 



35 



i 



C'est celui qui aurait visite Rome dans sa ]euriesse et : 
aurait ecrit des poemes sur les jeux seculaires (404), sur 
la prise de Rome par Alaric (410), sur le tremb ement de 
terre qui renversa la ville d'Antioche (459), et la plupart 
des autres poemes mis sous son nom. Gennadius dit qu li 
ecrivit a longo tempore et multa ». II serait a identifier 
avec Isaac d'Amid. Sa grande notonete aura eclipse le 
souvenir de ses homonymes. II faut restituer au second 
Isaac le poeme celebrant le perroquet qui chantait a 
Antioche l'hymne du trisaghn avec son complement | 
monophysitc « qui as ete crucifie pour nous », Le premier 
Isaac, en effet, etait orthodoxe, et 1 addition faite au 
Sanctus n'y fut pas ajoutee de son vivant, 

G. Bickell a dresse la liste des homelies metnques qui 
portent dans les manuscrits le nom d'Isaac d'Antioche. 11 
y en a pres de deux cents. Lui-meme a public (Uics- 
sen, 1873), avec une bonne traduction latine, trente-sept, 
de ccs homelies, et parmi elles celle concernant le perro- 
quet Dix-huit ont ete reproduites dans l'edition purement 
syriaque du P. Bedjan (Paris, 1903) qui en comprend 
soixante-sept. Un certain nombre de ces morceaux sont^ 
d une authenticite douteuse, les manuscrits les donnant , 
sous le nom de divers auteurs. Un groupe de vingt-quatre-i 
homelies est meme attribue au nestonen Isaac de JNimvel 
(cf. p- 104). L etude critique de tous ces textes reste a§ 
fairc. C'est de Tensemble, et indistinctement des troisj 
Isaac, qu'il faut entendre ce qu'a dit Bickell, non saiwf 
quelque exageration : » Ces poesies contribuent beaucoup 
a la connaissance de l'histoire ecclesiastique, surtout des! 
heresies de Nestorius, d'Eutyches, de Noyatien, del 
Pelage, de Jovinien, et aussi a celle des invasions, de laj 
vie et de la religion des Arabes ». 

DADA, moine des environs d'Amid T contemporain j 
d'Isaac d'Antioche, fut envoye a Constantinople pourj- 
solliciter une remise d'impots justifiee par les ravages del 
la guerre et de la famine. On lui attribue environ tro«| 



i'cents traites sur des sujets concernant I'Ecriture ou la 
j;"Vie des saints, et des hymnes. II n'est rien reste de ces 
Kjvrages. 

IX. — Balai. 

Nous ne savons rien de la vie de Balai, choreveque de 
|»la region d'Alep, dont 1 epoque semble indiquee par le 
jfait qu'il composa cinq hymnes en l'honneur dun ev§que 
fnomme Acace, qui ne peut guere etre qu 'Acace d'Alep 
Bnoit en 432. Outre ces hymnes, nous avons encore de 
lui celles qu'il fit pour la dedicace de I'eghse de Kennes- 
chrin (Chalcis), et un grand nombre de petites poesies 
ten vers pentasyllabiques,qui ne manquent pas de vivacite 
Bj d'elegance : elles ont ete mserees pour la plupart dans 
files livres Iiturgiques. M. Zettersteen en a public, avec 
^traduction allemande, soixante-cinq qui portent expresse- 
pment le nom de Balai, et soixante-neuf autres qui lui 
appartiennent tres vraisemblablement (Leipzig, 1902). 



; Bien qu'il soit depourvu de caractere litteraire, il faut 
Cmentionner a la fin du IV siecle le Morlyrologe conserve 
BflilB un manuscrit date de Tan 41 1. C'est, avec des com- 
laments, la traduction d'un original grec, redi^£ proba- 
lement a Nicomedie par un arien, apres 363. II donne 
dabord, mois par mois, les martyrs de l'empire romain, 
puis des listes d'eveques, pretres, diacres, clercs et laics 
martyrises en Perse. Ce document hagiographique a 
ite publie par Wright (Londres, 1865). J.-B de Rossi 
et L. Duchesne I ont reedite et ont tente la reconsti- 
don du texte grec original dans leur edition du 
Martyrologium hieronymianum (Bruxelles, 1894). 



:' I 



36 L1TTERATURE SYRIAQUE 

X. — Les apocryphes, 

Les recits apocryphes derives de l'histoire biblique ont 
eu beaucoup de vogue chez les chretiens orientaux et 
particulierement chez les Syriens. Presque tous les 
ouvrages de cette nature composes en grec sont passes 
dans des traductions syriaques, De la traduction du Livre 
des Jubiles ou Parva Genesis, et de la redaction chretienne 
du Testament a v Adam f il ne s'est conserve que des frag- 
ments. L'Entretien de Moi'se avec Dieu stir !e mont Sinai 
a ete publie en syriaque par H. Hall (Chicago, 1888). 
Cinq Psaumes apocryphes ont ete edites par W. Wright 
(Londres, 1887); Ie premier est le psaume CLI traduit 
des Seplante; le second est la priere d'Ezechias presse 
par ses ennemis; le troisieme, un cantique des Israelites 
autorises par Cyrus a rentrer dans leur patrie; le qua- 
trieme fut chante par David pendant qu'il combattait le 
lion et le loup qui avaient ravi un mouton de son trou- 
peau; le cinquieme est le cantique de David apres sa 
victoire sur ces animaux feroces. Nous avons aussi V Apo- 
calypse de Baruch, dont I original grec est perdu, traduite 
en latin et publiee par Ceriani avec le quatricmc livre 
d'Esdras et le quatrieme livre des Macchabees. M. Barnes 
a donne une nouvelle edition de ce dernier (Cambridge, 
1895) et y a ajoute six textcs syriaques relatifs au martyre 
des Macchabees. 

II existe encore d'autres recits apocalyptiques mis sous 
le nam de Daniel ou d'Esdras : compositions tardives et 
sans interet, Au contraire, la traduction syriaque de VHis* 
tone d'Ahikar, scribe du rot d'Assyrie Sennacherib, et de 
son neveu Nadan a une tres grande importance; elle parait 
etre la source d'ou derivent toutes les versions modernes 
__ de cet apocryphe. C'est le remaniment d un document ; 
arameen ecrit peu de temps avant le livre de Tobie avec 
lequel il offre des points de contact. Cette version syriaque " 



DES ORIGINES AU V c SIECLE 



37 



leti publiee par Rendel Harris (Cambridge, 1898). II y 
tune traduction francaise de F. Nau (Paris, 1909), 
i Notons pour terminer les nombreuses legendes bibli- 
jjques consignees dans la CaVerne des tresors (cf. p. 77) 
gt dans le livre de YAbeille (cf. p. 137). 
I Les apocryphes se rattachant au Nouveau Testament 
"sont egalement nombreux. Ceux qui sont traduits du 
fc grec presentent souvent de notables modifications, par 
Eexemple le Testament de Notre Seigneur mis en tete des 
^Constitutions apostoliques, YEvangile de Tenfance, et la 
iConstitution ecclesiastique apostolique. VHistoire de la 
Wierge Marie et de la vie de Notre Seigneur sur la terre 
Jest un resume assez bien combine du ProteOangile de 
E saint Jacques, de YEvangile du Pseudo-Mafthieu, de 
-YEvangile de Tenjance ou de Thomas Vhebreu, de YEvan- 
: gile de la Nativite de la Vierge et du Transitus beatcs 
^Maria. Une version syriaque de ce dernier, en six livres, 
^existe isolemeni. Elle a ete publiee par Wright (Londres, 
£1865) avec traduction anglaise et reimprimee par fVl" 10 Le- 
*wis d'apres un manuscrit palimpseste du Mont Sinai 
'(Londres, 1902). UHistoire de la Vierge Marie a ete 
editee par W. Budge (Londres, 1899), egalement avec 
^ traduction anglaise. Rappelons seulement que le syriaque 
J"a des versions de V Anaphora PilaU\ de la Paradosis Pilati, 
Ejes Obscques de la Vierge r de V Apocalypse de saint Paul, 
i; du Dices de saint Jean, des Actes de saint Matthieu et de 
saint Andre, de YHistoire de sainte Thick, 
L Evangile des douze Apotres, publie par R. Harris 
| : (Cambridge, 1900), n'est pas anterieur au vni e siecle. 
g^. On connait plusieurs recensions des histoires et des 
E.martyres de saint Pierre et de saint Paul. Parmi les Actes 
^apocryphes des Apotres, qui ont ete edites et traduits en 
E anglais par W. Wright (Londres, 1871), il faut noter 
tKlHistoire de saint Jean, dont Toriginal grec est perdu. Les 
%■ Voyages (-zpiozoi) de saint Philippe, qui renferment une 
p portion inconnue au grec; surtout les Actes de saint Tho- 



j 



38 



LITTERATURE SYHIAQUE 



mas, dont il y a des redactions divergentes. Ces Actej 
ont probablement M composes en syriaque, a I'occasion 
du transtert a hdesse des reliques de I'Apotre (232) Les 
tendances gnosliques y sont assez sensibles. Elles se mani- 
testent clairement dans une hymne sur Fame, qui n'existe 
que dans une des recensions syriaques et qui est indubi- 
tablement une reuvre onginale. Elle comprend 105 dis- 
tiques en vers de six Syllabes. M. Bevan l'a republic, 
traduite et .commence dans une etude speciale (Cam- 
bridge, 1897). v 

La Disdascalia Apostolorum perdue en grec, s'est he U . 
reusement conservee dans une version syriaque qui peut 
remonter au iff siec le, c'est-a-dire fort pres de 1 original, 
hi e a etc publ.ee (Leipzig, 1854) par Paul de Lagarde; 
U la decouvrit dans un manuscrit de Paris, qui avait k& 
donne a Renaudot par le grand-due de Toscane; une 
nouvelle edition est due a M™ Gibson (Londres 1903) 

n^jfiE fl rp^ lra ?o u I I ^ en D pIusieurs .'. angues; en fran ^ ais ' 

par F. Nau (Pans, 19 2). Personne n 'ignore Importance 
de C e document dont le texte primitif a servi de base aux 
six premiers hvres des Constitutions apostoliques. 

Cestegalement une traduction syriaque qui nous a 
conserve les deux ep.tres sur la Vhgwite, attributes a saint 
Uement; eiles ne sont pas plus anciennes que le IV e siecle 
flus tardive encore doit etre la composition syriaque 
onginale de la Doctrme de saint Pierre a Rome, qui se 
rattache de lorn aux Acres apocryphes de l'apotre 

INous passons sous silence dautres apocryphes traduits 
du grec, pour en venir aux documents originairement 
composes en synaque et se rapportant a I'histoire des 
premieres Lglises onentales, 

Le plus important est la , Doctrine d'Addai editee et 
traduite en anglais par G. Phillips (Londres, 1876). En 

ISntV Tj- ^ T \f Ed ^ Abgar Oulima, 

attemt d une malad.e incurable, ayant entendu parler des 
guefisons merveilleuses que Jesus opere en Palestine Iui 



« 

DES OKIG1NES AU V* SIECLE 



39 



["demands par ecrit de venir a Edesse le guerir et partager 

Fftvec Iui sa royaute. Le Seigneur r^pond qu'avant de 

I remonter au ciel, il chargera un de ses apotrcs de rendre 

Da sante au roi. L'apotre Addai recoit cette mission. Apres 

laPentecote, Addai se rend a Edesse et guerit le roi. A la 

suite de ce miracle, paiens et juifs se convertissent avec 

.'empressement. Addai fait detruire les temples des idoles, 

et bStit la premiere e'glise d'Edesse qu'il administra jus- 

iqu'A la fin de sa vie. Au moment d'expirer, il designe 

I Aggat comme son successeur; apres samort, il est enseveli 

jiaveti honneur dans le mausolee des rois d'Edesse. 

Le re'eit primitif 6tait connu d'Eusebe, qui l'accepte 
I comme un fait historique et cite le texte des lettres d'Ab- 
'.gar et de Jesus. Ce recit confond Abgar V Oukama, qui 
hflSgnait aux environs de l'ere cbretienne, avec Abgar IX 
F079-2I4), premier roi chr&ien d'Edesse. La confusion 
i* eat voulue : elle a pour but d^tablir I'origine apostolique 
Re l'Egllse d'Edesse, Posterieurement a Eusebe, la legende 
A etc" amplifiee et modifiee. A la reponse de Jesus s'est 
t ajoUtee une benediction \ « Ta ville sera benie, et aucun 
. ennemi ne prevaudra contre elle ». L'envoye d'Abgar, en 
"meme temps son peintre, rapporte avec la reponse un 
^portrait de Jesus; un peu plus tard ce portrait n'est plus 
KteUVte du peintre, mais de Jesus lui-meme, qui imprime 
Blnrfaculeusement son image sur la toile : cette nouvelle 
(addition obtint le plus grand credit et elle est passee en 
j£ Occident dans la legende de sainte Veronique. La Doc- 
I trine d'Addai renferme une fabuleuse invention de la 
|Croix f quelle place au temps de Claude (41-54), mais 
|qui derive en realite de I'histoire de sainte Helene. Elle 
frapporte aussi t avec d enorrnes anachronismes, les Actes 
id'Aggai, successeur d'Addai. 

£ : La redaction de la Doctrine dans la forme ou elle nous 
\t&t parvenue, ne peut gtre anterieure k la fin du iV° siecle. 
^'l^es donnees Kistoriques a peu pres certaines qu'ort est 
fen droit d'en deduire, &e r^duisent a ceci : Addai, origi* 



\vv 




40 



LITTERATURE SYRIAQUE 



naire de Palestine, fonda l'Eglise d'Edesse vers Ie milieu 
du ll e siecle; 11 cut pour successeur Aggai, auque] succ^da ] 
Palout vers la fin du siecle. 

XL — Actes des martyrs, 

Au cycle legendaire de la Doctrine d* Addai appartien- 
nent encore les Actes des Martyrs d'Edesse. Scharbel 
grand pretre des paicns converti, sa soeur Babai, et Bar- 
samia eveque d'Edesse, auteur de leur conversion, 3 
auraient souffert sous Trajan (98-117); mais leurs Actes 
contiennent des allusions evidentes au concile de Nicee. 
lis paraissent etre j'ceuvre de l'auteur meme qui ecrivit | 
les Actes de Gouria et Schamona, deux pieux cbretiens 
martyrises en 306, et aussi ceux de Habib, zele propaga- j 
teur du christianisme, qui pent sur le bucher en 309. Au '' 
point de vue litteraire, la redaction de ces Actes est inte- 
ressante par le grand nombre de termes techniques j 
quelle renferme; mais elle est emaillee de grossiers ana- | 
chronismes, et doit etre placee dans le dernier quart du j 
IV* siecle. 

Au contraire, les Actes des fideles tortures et crucifies 
a Samosate durant la persecution de Maximin Galere 
(308) on t tres probablement ete rediges par des temoins 
oculaires. 

L'Eglise nestorienne constitute en Perse, fut prise, elle I 
aussi, du desir de faire remonter aux Apotres l'origine : 
de son siege patriarcal, Tel est le but des Actes de Mar 
Man. lis ont ete rediges dans la seconde moitie du 
VH e siecle, car ils font allusion a la fin de l'empire des I 
Sassanides (652). L'introduction resume la Doctrine 
d' Addai jusqua la conversion des Edesseniens. D'Edesse, 
Addai envoie son disciple Mari evangeliser TOrient. Mari, 
apres avoir preche en Assyrie, arrive en Babylonie. A 



DES ORIGINES AU V G SIECLE 



41 



jDorkoni, il guerit la soeur du roi Artaban, et celle-ci fait 
Efcfitir les eglises de Dorkoni et de Koke. Avant de mourir, 
hMari declare que Teveque de Koke aura la preseance sur 

rtous les evequesde TOrient, et il designe comme suc- 

iesseur son disciple Papa. L'existence de Papa parait 
glevoir etre fixee vers Ian 266; pour combler la lacune 

pntre cette date et la mort de Mari, qu'ils placent a la fin 

3u I er siecle, leschroniqueurs ont introduit cinq patriar- 
gches interm^diaires dont I'existence est fort douteuse. 
rauivant une autre tradition, inspiree du meme dessein 
foue les Actes, Addai lui-meme aurait evangelise la Baby- 
glonie, en compagnie de ses disciples Aggai et Mari; ce 
gclernier etait un des envoyes d'Abgar a J&us. Le caractere 
legendaire de ces recits ne permet aucune deduction 

"listorique. 
;.La ville de Maipherkat (appelee par les Grecs Marty- 

ropolis et par les Arabes Mayafarikin) avait pour eveque 

Jla fin du IV° siecle, MAROUTA, homme de grande culture 
Uitteraire et medecin distingue. A deux reprises au moins, 

*lfut envoye en ambassade aupres du roi Yazdegcrd I er , 
ix Arcadius et Theodose II. Grace a ses negociations 
paix fut rcndue aux chretiens de la Perse, En 410, il 
► presida a Seleucie, avec le catholicos (patriarche) Isaac, 
fun concile dont les Actes sont inseres dans le Sunodi- 
Icon {dp. 109). 

Ebedjesus connait de Marouta : un Livre des Martyrs; 
Ides hymnes sur les Martyrs; une traduction des canons 

du concile de Nicee, et une histoire de ce concile. Les 
|oixante-treize canons, qui sont les canons vulgairement 

appeles arabiques, et 1 'Histoire ont ete traduits en alle- 
and par Osc. Braun (Munster, 1898), ainsi qu un Cata- 
logue des heresies, dont Ebedjesus ne parle pas, qui est 
|aussi attribue a Marouta. 

U-Nous avons Le livre des Martyrs, tel que la connu 
y&edjesus. II forme la premiere partie du recueil des 

|cfes des Martyrs orieniaux edite et traduit en latin par 



■ <: 
i 



42 



LlTTERATURE SYRIAQUE 



DES ORIGINES AU V e SIECLE 



43 



Ev. Assemani (Rome, 1748), dapres deux manuscrit* 
anciens de la Bibliotheque vaticane. Le recueil mis dam 
ces manuscrits et d'autres sous le nom de Marouta exis- 
tait certainement des le V e siecle. II renferme de precieuses 
donnees pour 1 histoire et la geographie de la Perse k 
Tepdque des Sassanides; toutefois, comme la plupart des 
documents hagiographiques, il ne peut etre utilise san3 
utie prudente mais severe critique. Dans les manuscrits, 
la collection est pre*cedee de deux, homilies (Assemani 
n'en a public quune) qui comptent parmi les meilleurs 
morceaux de la htterature apolog&ique. 

La persecution qui sevit contre les chretiens de la Perse 
aous le regne de Sapor II (309-379) etait fomcntee par left 
Mages. II y eut dabord des persecutions locales; en 318, 
dans le Beit Garmai; en 327, dans l'Arzanene; en 
339, de nouveau dans le Beit Garmai. Ce fut surtout a 
partir de Ian 340, quand Sapor eut promulgue l'Edit 
contre les Chretiens, que la persecution devint plus gene- 
rale, Elle fut particulierement violente dans la Susiane, et 
dans rAdiab£ne ou elle sevit prcsque sans interruption J 
de 344 a 376, En 35 1 cut lieu le supplice des soldats Gcle3 * 
qui servaient comme mercenaires dans les armees perses; : 
leur pays, le Gilan, plaine sur la cote S.-O. de la mer 
Caspienne, avait etc Evangelise de bonne heure. Vers 360, 3 
Sapor s'empara de quelques villes du Beit Zabdai, pro-*i 
vince frontiere de Tempire romain : chaque ville prisei 
e"tait livre'e au pillage, les habitants deportes en masse I 
et le clerge massacre. 

Ce sont les Actes des principaux martyrs de cettel 
cruel le persecution qui constituent le recueil synaque I 
attribue* a Marouta, Mais il suffit de parcourir l'ouvrage I 
pour constater qu'il est forme par la reunion de pieces | 
redigees en des lieux et par des auteurs differents. Ma- j 
routa eut-il reellement quelque part dans la reunion de^ 
ces documents, qu'il n'a artainement pas rediges? Nous 
fiommes results a des conjectures. On peut admettre qu il 




^roulut r£umr, pour les traduire ou les faire traduire en 
igrec, des documents syriaques preexistants ou composes 
ilors sur sa demande. Le regne de Yazdegerd II (438- 
f 457) etant posterieur a la mort de Marouta, celui-ci 
[n'apuecrire I'histoire des martyrs victimes de la seconde 
[persecution. Nous aurions aime a signaler au moins les 
'plus importants des Actes des Martyrs de la Perse, quel 
"jue'soit leur auteur; nous ne pouvons entrer ici dans 
Je si grands details. On trouvera une note sur ce sujet 
garrni nos appendices (p, 155). 




DU V° SIECLE A l/lNVASlON ARABE 



45 



B 

fh" 



CHAPITRE II 

DEUXlEME PERIODE 
DU V« SlECLE A L'INVASION ARABE 



Ortkodoxes : Rabboula, Ibas, — II. Nesioriens : Barsauma;' 
Narses Paul de Nisibe, Mar Aba, Thomas d'Edesse.' 
Joseph Houzaya, Abraham de Nathpar, Henana, Abraham 
bar Lipheh, Babai 1'Ancien. — III. Monoph/sites : Jacques' 
de Saroug, Philoxene de Mabbourg, Eticnne bar Sou- 
daiti, Daniel de Salah, Simeon do Beit Arscham, Jean 
bar Cursus, Paul de Callinique, Sergius de Reschaina, 1 
Jacques Baradee, Jean d'Ephese, Pseudo-Zacharie, Pierre' 
de Calunique. 



CETTE seconde periode est la plus brillante de I'histoire 
litteraire des Syriens. Les ecoles etablies dans Ies' 
centres intellectuels ; Antioche, Edesse, Nisibe,1 
Seleucie du Tigre, furent alors des pepinieres d ecrivains] 
nombreux et remarquables par leur talent et leur fecon-q 
elite. Mais lunite de la foJ qui reliait Ies Syriens, malgrl 
a division des frontieres, devait etre bientot rornpue;^ 
leurs communauies allaient se partager en deux fractions'; 
hostiles. Le concile d'Ephese (431) condamna Nestorius,; 
patnarche de Constantinople, et ,sa doctrine des deux] 
personnes du Christ Les syriens partisans de Theretique- 
favonses par les circonstances politiques, naccepterenfc 
pas la decision et constituent alors I'Eglise nestorienne^ 



u se propagea surtout dans la region orientale sournise a 
empire des Perses, Le concile de Chalcedoine (451) 
Kfanit le mode d union des deux natures, humaine et 
lyine, dans 1 unique personne du Christ, La majeure 
•tie des eveques syriens refusa son adhesion au con- 
.lis prctendaient s'en tenir strictement a la formule 
longine apollinariste « una natura Verbi incarnata », 
rdemment patronnee par Cyrille d'Alexandrie. De cette 
^nation est nee l'Eglise syrienne monophysite, qui 
developpa principalement dans Ies contrees de la 
)yn? et de la Mesopotamie occidentale qui faisaient 
'irtie de 1 empire de Byzance, 
Toute la literature religieuse des Syriens portera bien- 
ft J empremte de cette duality doctrinale, qui nous 

[invite a parler separement des ecrivains monophysites 

m jacobites et des ecrivains nestoriens. 



* 



I. — Dermers Orthodoxes. 

■f Habboula - L'eVeque d'fidesse, Diogene, mourut en 

nil. Un lui donna pour successeur le moine Rabboula, 

qui aUait jouer un role important dans la lutte contre le 

gliestonamsme naissant. La vie de Rabboula, veritable 

Epanegynque, fut ecnte peu de temps apres la mort de 

J&eque par ■ un de ses c ercs : e'est un Ires ton morceau 

ft£w ^ J ■ ** pU £ Ilde par J' Overbeck (Oxford, 
H p n UltG en all <™d par Bickell (Kempten, 
\W). Farelle nous apprenons que Rabboula etait ne a 
(enneschnn (Chalcis, pres d'AIep), dans une fanrille 
Jaoble rt riche, que son pere etait un pretre paien, et que 
gftfl-meme n embrassa le christianisme qu'a Lage mur 
EApres sa conversion, fl distribua ses biens aux pauvres 
tquitta sa remme pour s adonner a la vie monastique. II 
fenlla par ses vertus. Au concile d'Ephese (431) il em- 
^sa le parh de Jean d'Antioche, mais l'abandonna 



■ 



46 



L1TTERATURE SYRIAQUE 



DU V e SIECLE A i/lNVASION ARABE 



47 



1 ■' 

I 



bientot pout suivre saint Cyrille. II excommunia Thio-J 
dore de Mopsueste et fut lui-meme excommunie pari 
Jean d'Antioche. Ni l'austerite de sa vie, ni sa grande* 
charite ne Iui conciherent Inflection de ses diocesains. 
Son zele contre le parti nestorien, tres puissant a£desse, 
excita le m^contentement du clerge a la tete duquel Be 
trouvait Ibas son futur successeur. II semble avoir gou- 
verne son diocese et poursuivi les abus avec une certaine I 
rigueur. Rabboula mourut le 7 aotlt 435- 

De sa production litteraire, il nous reste peu de chosa, 1 
Nous avons une Homelie prononcee dans leglise de' 
Constantinople; elle parle de la sainte Vierge et elle est" 
dirig^e contre Nestorius; le texte grec est inconnu, Ie ( 
syriaque a ete edite par Overbeck. Une autre, sur le cults 
des defunts, est encore inedite, Ses Canons, Regies etl 
Avis pour les pretres et les moines, nous eclairent sur la] 
discipline ecclesiastique des Syriens; ils ont ete utilises] 
par les compilateurs de droit canomque. On trouve egale-i 
ment sous son nom quelques hymnes liturgiques dontL 

I authenticity n'est pas incontestable. Son biographe avaitj 
traduit du grec en syriaque « quarante-six lettres aux J 
pretres, aux princes, aux grands, aux moines », Parmij 
celles qui nous sont parvenues dans cette traduction sel 
trouve un fragment de la letLre a saint Cyrille, et la] 
rcponse de cclui-ci, dans laquelle il appelle Rabboula! 
8 colonne et fondement de la verite »; la lettre que« 
Rabboula adressa a Andre, eveque de Samosate, pour] 
lui reprocher ses attaques contre les Anath£matismes del 
saint Cyrille, et la reponse d'Andre ay trouvent egale*! 
ment; et aussi celle qu'il ecrivit a Gemellianus, evequ&j 
de Perrhe, pour lui signaler laberration d'une secte dej 
momes qui pretendaient se nourrir uniquement deal 
especes eucharistiques et en faisaient un usage profane.! 

II y est dit que Teucbaristie etait figuree par les azymeij 
(de la loi ancienne). Assemani qui a edit^ ce passage^ 
1 a intentionnellement falsifiipour y trouver une preuvaj 



tic I usage liturgique du pain azyme chez les syriens du 
"•sifccie: il aainsiinduit en erreur plusieurs 6crivains 
jBtdmon qui n ont pu soupconner sa fraude et ont de 
onne foi repete 1 assertion, 

'Rabboula. avait traduit du grec quelques reuvres de 
_amt Cyrille, notamment le traite De la vraie foi a /W 
tereur Theodose, dont il avait recu une copie de Cyrille 
>*m£me Cette version nous est parvenue. Nous avons 
Edit lP« IU) Jes efforts qu il fit pour substituer au Diates- 
Isaron, dans 1 usage des eglises, la version Simple des 
££cntures. 

', Ib ^7" 4 P ^ S la mort de Rabboula, les sympathies du 
Jerge edessemenpour le nestorianisme se manifesterent 
Bibrement sous Iepiscopat de son successeur, Ibas. A 
llEcole des Perses, ou il avait enseigne, Ibas, avec le 
Icpncours de ses disciples Coumi et Probus, avait traduit 
Pen. syriaque les Commentates de Theodore de Mop- 
£iue 5 te, les ceuvres de Diodore de Tarse et les ouvrages 
tdAristote. Devenu eveque, il ecrivit a Maris, metropo- 
I litain de Rewardaschir, une Ltttre fameuse qui, apres 
gavoir ete I obj'ct d'ardentes controverses, fut deTinitive- 
Eent condamnee au V° concile ceucumenique (553). 11 
Honnait a son correspondant des details sur la reconci- 
XJjatiqn de Jean d'Antioche avec Cyrille; il paraissait 
Buspecter 1 ortiiodoxie de ce dernier, ou tout au moins de 
| ses fonts, deplorait la condamnation de Nestorius et 
Lfel&ait 1 eloge de Theodore. De plus, il avait refuse de 
feouscnre a la celebre lettre deProclus aux Armeniens, et 
ton le soupconnait d avoir traduit et repandu les passages 
IRvorables a Nestorius contenus dans les objections 
ides Armemens. Accuse par quatre de ses clercs, a cause 
tdc sa Lettre, il fut acquitte aux conciles de Tyr et de 
few mai3 au second concile (Brigandage) d'Ephese 
Wfff iut C0I } damn e» avec Flavien de Constantinople, 
Slheodoret et cinq autres eveques.Notons en passant que 



48 



LITTERATURE SYRIAQUE 




les Actes du Latrocinittm Ephesinum, detruits par ordre de 
l'empereur Marcien, ont ete retrouve dans une traduction 
syriaque qui nous est parvenue (avec quelques lacunes) 
dans un manuscrit du vi G siecle. Us ont ete publies par 
Perry et de nouveau, avec traduction allemande, pari 
J. Flemming(Berlin, 1917). . 

Ibas fut exile, et remplace a Edesse par Nonnus, Deuxa 
ans plus tard, il fut retabli sur son siege, par le concilel 
de Chalcedoine, et 1 occupa jusqu'a sa rnort (28 octobfe 
457). La Iettre a Maris nous est connue seulement par la 
version grecque mseree dans les Actes du concile{Mansi^ 
t. VII, p. 241); des autres cents attribues a Ibas : un,j 
commentaire sur les Proverbes, des Homelies, deaf 
Hymnes, un ouvrage de controverse, rien ne nous estj 
parvenu. 

De Coumi et de Probus, associes a Tceuvre litterairel 
d'Ibas, nous savons fort peu de choses, Probus « pretreM 
archidiacre et archiatre » d'Antioche, s'adonna speciale-^ 
ment a la traduction cl au commentaire d ouvrages phi3 
losophiques (Isagoge, Hermeneutique, Premiers analyjj 
tiqnes). CoUMi passe pour avoir traduit le commentairej 
sur 1'Epitre aux Remains, et le grand traite sur rincar-j 
nation (inhumanatio), en quinze livres, de Theodore dej 
Mopsueste* Cet ouvrage n'est connu que par un petit] 
nombre de passages choisis par les adversaires de Theo- 
dore, et cites en dehors de leur contexte. On appri 
avec plaisir qu'un exemplaire de la traduction syriaqui 
avait ete decouvert par Mgr Scher, eveque de Seert; mai 
Teveque fut massacre par les Turcs et sa demeure incen- 
diee pendant la grande guerre. 

MARIS, le correspondant d'lbas, est appele, dans li 
texte grec donne par Mansi, eveque de Beit Ardaschir; i 
faut corriger cette lecon en Rewardaschir. Ebedjesus Iu| 
attribue differents ouvrages dont il ne nous reste rien 
un commentaire sur Daniel; un livre contre les Mages deG 
Nisibe, e'est a-dire contre les sectateurs du mazdeisme, eti 




DU V e SIECLE A L INVASION ARABE 



49 



; -1 



e explication des Lettres, egalement perdues, d'Acace 
£que d'Amid. Ce dernier personnage, indubitablement 
.vorable au nestorianisme, est surtout celebre par son 
dente charite qui le poussa a vendre les vases sacres 
ilir racheter les captifs, et lui valut d'etre inscrit au 
tartyrologe romain (9 avril). II vivait sous les empereurs 
Honorius et Theodose (408-423), et ne doit pas etre 
jConfondu avec le patriarche nestorien du meme^nom 

(cf.p. 51). 

II. — Les Nestoriens. 



le nes- 



f L'Ecole des Perses, a Edesse, veritable foyer de 

Jorianisme, ne fut definitivement supprimee qu'en 489, 

par ordre de l'empereur Zenon. Mais deja les partisans 

d'Ibas,apres la mort de Teveque (457), avaient ete chasses 

fet s'etaient retires en Perse, oil presque tous devinrent 

'tveques. Nous en trouvons plusieurs parmi les signataires 

jlu synode de 486, Dans une Iettre celebre ecrite vers 

510 un ecrivain monophysite, dont nous reparlerons' 

(p. 69), Simeon de Beit-Arscham, partial et injuste pour 

fees adversaires, mais bien informe, a rappele les noms des 

expulses et les sobriquets qu'on leur donnait dans 1'EcoIe. 

De ce nombre etaient Acace, surnomme' « etrangleur 

Jobolcs », qui devint patriarche; Barsauma « nageur 

mre les roseaux», qui fut eveque de Nisibe; Mana « le 

iveur de lessive », eveque de Rewardaschir; Jean « le 

glier )>, de Karka de Beit Selok; Michee « Dagon », de 

idiom; Paul « le faiseur de haricots », de Karka de 

idan; Abraham « le chauffeur de fours », du Beit Ma- 

ye\ Narses « lelepreux »,demeura a Nisibe ou, de concert 

jc Barsauma, il organisa TEcole de cette ville, qui rem- 

ca celle d'Edesse et devint le centre le plus important 

lel'enseignement chez lesSyriens orientaux. 



LITTEIlATmm SYIHAQUE 



:37* 



50 



LITTERATURE SYRIAQUE 



Barsauma. — BarsaumA avait gagne la favour du roj. 
Peroz (457-484) qui, semble-t-il, lui confia meme le gou- 
verncment de la ville et de son territoire; ce qui explique*] 
rait comment il avait a sa disposition clcs troupes a 1'ai 
desquelles il propagea ses doctrines par une violence 
inou'ie, dont les monophysites surtout eurent a souffrif, 
L'activite de sa vie lui Iaissa peu de loisir pour 1 'etude, 
nous reste quelques fragments des Actes du Concile qu'il 
tint a Beit Laphat en 484, en rebellion contre le patriar^ 
che Baboui, et des Lettres de retractation adressees Jf 
Acace, successeur de Baboui. On lui attribue aussi des 
oraisons funebres, des hymnes et une Liturgie. II mourut 
entre les annees 491 et 496, universellement deteste.a 
cause de son despotisme. 

Narses. — NarSES etait ne a Maalia, au nord-estd§ 
Mossoul. La premiere partie de sa vie se passa tranquille 
ment a TEcole dEdesse. II y etait depuis vingt ans lor& 
qu'il en fut expulse en 457.Suivant Barhebreus,il vecufl 
encore cinquante ans, durant lesquels il dirigea l'Ecole M 
Nisibe, sauf pendant une discorde, de courte duree, av© 
1'eveque Barsauma. Narses jouissait aupres de ses cone 
toyens d'une grande reputation de saintete. Les auteu 
nestoriens ignorent son sobriquet de « lepreux »; 
l'appellent « le docteur admirable, la langue 
TOrient, la harpe de 1 'Esprit saint », Ses ouvrages sofij 
nombreux; Telegance et la beaute du style sont procls 
mees par tous les Syriens. Ebedjesus lui attribue de 
Commentaires sur leg livres historiques de l'Ancie 
Testament, sur l'Ecclesiaste et sur les Prophetes. II aval 
compose 1 , dit-on, trois cent soixante discours poetiquftj 
sur le metre de sept et surtout de douze syllabes. II 
aussi i'auteur d'ouvrages liturgiques (hymnes, cantique 
explications sur les sacrements, etc.), et d'un livre iijti 
tule De la corruption des mazars, dans lequel il deplorait) 
depravation de son siecle et adressait de vifs reprochesi 




DU V c SIECLE A ^INVASION ARABE 



51 



eyeque Barsauma, avec lequel il s 'etait brouille au 
r 6 -L vr e concu ' Dine 9 ue ce dernier avait amenee a 
imbe. Narses mourut dans les premieres annees du 
Slide, au plus tard en 507. Toutes ses ceuvres sont 
, lpregnees des doctrines nestoriennes. Un certain 
jbmbre de ses Homelies ont ete publiees; une collection 
je quarante-sept homelies et de dix cantiques a ete 
jmpnmee a Mossoul en 1905, par les soins de A. Min- 
gana, 

^ Beaucoup d'hymnes de Narses ont trouve place dans 
Jes offaces liturgiques des Nestorieiis, et meme dans les 
offices catholiques, soil anonymes soit sous des noms 
ftemprunt Nous ne gou tons pas autant que les Orien- 
^ux la prohxite de I'auteur, qui devient fastidieuse dans 
ine traduction, mais il faut reconnaitre que le style ori- 
inal est d une parfaite correction et que, de ce point de 
lie, Narses doit prendre place parmi les bons auteurs 
jgynens, 

^ Acace. — La renommee de Narses a eclipse celle des 
gsutres docteurs chasses avec lui dc l'Ecole d'Edesse.Nous 
©nnaissons les ocuvrcs de quelqucs-uns d'entre eux : 
£AcACE, fut elu patriarche de Seleucie a la mort de 
tabouj (484); il vecut jusqu'en 496. Vers Fan 486, il fut 
pvoye en ambassade par le roi Balasch a I'empereur 
inon/Ce patriarche composa des homelies sur le jeune 
fcla foi, des traites contre les Monophysites, et il traduisit 
frpersan, pour le roi Kawad, le traite sur la foi de 1 eve- 
Mde Nisibe, Elisee ou Osee. Assemani a voulu, bien a 
tfrt, presenter Acace comme orthodoxe. Nous avons les 
r fctes du Synode qu'il tint en 485. Sa profession de foi est 
nettement nestorienne. Dans le domaine de la discipline, 
W canons autorisent le manage des eveques, des pretres 
jtdes diacres, meme apres 1 'ordination, et aussi celui des 
fibines, qui peuvent librement abandonner Ieur etat. 
|MANA, qui avait traduit a Edesse du grec en syriaque 



r 
I 



52 LITTERATURE SYRIAQUE 

les principaux ouvrages de Dicdore deTarse et de Thec^ 
dore de Mopsueste, s'occupait.^ dit-on T a traduire eiL 
pehlvi des livres syriaques, lorsqu'il fut devcnu eveque del 
Rewardaschir, ( m J 

Au commencement du VI C si£cle, les chretientes de" 
la Perse etaient presque unanimement acquises a las 
doctrine des deux natures et deux personnes, Nous^ 
connaissons beaucoup d'ecrivains nestoriens de^ cettaf 
epoque par le Catalogue d'Ebedjesus; mais, nous lavoni 
dit, il ne donne que leur nom et la liste partielle de leurfi 
oeuvres. Nous nous bornerons a citer les auteurs les plus 
celebres et les ouvrages les plus importants. 

Paul de Nisibe. — Paul, qui occupait alors le siege 
episcopal de Nisibe, avait lui-mSme enseignc dans 1'EcoleJ 
Ebedjesus lui attribue des Lettres, une Controverse ave^ 
Tempereur, qui fut vraisemblablement une apologie du 
nestorianisme adressee a Justinien, et un Commentaire 
sur rEcriture sainte. Ce dernier Jivre pourrait etre l'oiil 
vrage auquel fait allusion Junilius Africanus, qui retfl 
contra Tauteur a Constantinople vers 527, s'il est vraij 
comme on la suppose avec grande probability que Paul 
de Nisibe est le meme que Paul le Perse, ouPaul dl 
Basra, auteur dun Traile sur la logique J' Aristold 
adresse au roi Chosroes, Ce traite a ete public et tradui| 
par Land (Leide, 1875). Paul de Nisibe mouruten 5711 
Quoi qu'il en soit de l'identite des deux Paul, louvrad 
de Junilius {Pair. laL, t LXV1II) est un precieux temoiB 
de la methode exegetique en usage a Nisibe au VI e sieclj 

Le successeur de Narses dans la direction de 1'Ecojl 
de Nisibe fut son neveu ABRAHAM, auteur de CommerJ 
taires bibliques et d'hymnes une de celles-ci est insert 
dans le breviaire nestorien : c'est tout ce qui nous rest) 
de ses ceuvres. 

Nous avons encore les Regies qu'un autre ABRAHAN 



DU V e SIECLE A L INVASION ARABE 



53 



origirtaire de Kaschkar (al-Wasit), avait etablies en 571 
pour le monastere, connu sous le nom de Grand-Couvent f 
fquil fonda sur le mont Izla, pres de Nisibe, Elles furent 
Irenouvelees, en 588, par Dadjesus son successeur. Nous 
favons publie et traduit en latin ces deux documents 
>(Rome, 1898). 
K Un troisieme ABRAHAM, surnomme Bar Cardahe (fils 
Hes forgerons), vivait vers la meme epoque; il est 1'auteur 
K'homelies, de discours consolatoires (pour Poffice des 
fd^funts), de sermons et d'une Iettre contre un certain 
chisban, probablement un mage. 

,, Mar Aba. — Mar Aba etait persan d'origine et pro- 
ssait le magisme. Converti par un miracle, il recut le 
apteme a Hirta, et passa de la a PEcole de Nisibe. Plus 
ard, il se rendit a Edesse ou il apprit la langue grecque 
Jlun certain Thomas, son disciple. Avec celui-ci, il entre- 
prit de visiter la Palestine et TEgypte, puis la Grece et 
^Constantinople. H s se trouvaient dans cette capitale vers 
Jan 525, comme en temoigne sa rencontre avec Cosmas 
ndicopleustes. Thomas y mourut. Aba, pour n'etre pas 
ontraint a anatbematiser Nestorius, s'enfuit et revint 
iseigner a I'Ecole de Nisibe. A la mort du catholicos 
Paul (536), il fut clu pour lui succeder. II fonda alors ou 
restaurs I'Ecole de Seleucie, dans Iaquelle il enseigna 
|Iui-meme. II eut le courage d eenre et de precher contre 
la doctrine de Zoroastre; il attira ainsi sur lui la colere 
le Chosroes I er , qui Texila et detruisit Teglise de Seleucie. 
e' catholicos (c'est le titre que les Nestoriens donnent 
jjeur patriarcbe) etant revenu dans la ville, fut saisi par 
prdre du roi et jete en prison. II mourut en 552. Son 
iatriarcat fut un des plus agites, et aussi des plus glo- 
jeux, de l'Eglise nestorienne qui l'honore comme un 
E&int. 

\i Ebedjesus attribue a Mar Aba une version integrals 
He TAncien et du Nouveau Testament; il I'aurait exe- 



Im 



54 



UTTERATURE SYRIAQUE 



cutee sur le grec, a £desse_ou a Alexandria Ce serait le 
seul exemple d'une tentative de revision des Ecritures- 
faite par les Nestoriens, toujours fideles a la version 
Simple; mais I'exislence de cette nouvelle version de- ■ 
meure pour nous trcs problernatique. On lui attribue 
egalement des Commentaires sur "]a Genesc, les Psaumes, 
les Provcrbes et plusieurs Epitres de saint Paul, On a de 
lui plusieurs Lettres; cinq d'entre elles relatives a des 
questions de discipline se trouvent dans la collection des i 
Synodes (cf. p. 109). Ce sont des documents dune 
grande importance pour I'histoire de Teglise orientale et I 
pour la connaissance de la situation des chretiens vis-a-vis ' 
du pouvoir civil dans Tempire perse a cette epoque trou- 
ble. Nous avons quelques hymnes mises sous son nomj 
mais rien de ses Homelies, ni de ses Regies pour le 
Psautier. II fit de la Liturgie de Theodore de Mopsueste- 
la traduction qui est encore en usage chez les Nestoriens,' 
et aussi cbez les Chaldeens catholiques. Ccs derniers ont - 
pu la conserver en substituant a Pappellation de « messe < 
de Theodore » celie de « troisierne messe ». La vie de ! 
Mar Aba que nous possedons^et dans laquclleles donnees ' 
chronologiques font defaut, nest pas de beaucoup poste- 
neure a son heros; elle renferme d'interessants details 
sur ^'organisation de 1 administration sassanide; mais elle ] 
aurait besom dun examen critique sericux. Le texte a ete'-' 
public par P. Bedjan (Paris, 1895). 

Thomas d'Edesse. — Thomas d'Edesse, le compa-- 
gnon de Mar Aba, a ete parfois regarde comme Jacobite, 
parce quon l'a confondu a tort avec Thomas d'Heraclee. 
Ebedjesus lui attribue un traite sur la Nativite et un autre ' 
sur TEpiphanie (tous deux conserves), une lettre sur les 
chants deglisc, des homelies, des discussions contre les! 
heretiques. Le traite sur la fete de la Nativite a ete public 
et traduit en latin par J. Carr (Rome, 1898), 



DU V° SIECLE A l/lNVASION ARABE 



55 



H 



•.Theodore. — Theodore, cree metropolitan de Merv 
- Mar Aba, en 550, avait ecrit un Commentaire sur les 
Psaumes; mais il s'adonna surtout a l'etude de la philo- 
sophic peripateticienne, et fut tres lie avec le monophy- 
Btc Sergius de Reschaina (cf. p. 71), qui lui dedia quel- 
Bffues-uns de ses ouvragcs. Ebedjesus attribue a Theodore 
Baes Solutions a dix questions de Sergius, et aussi un poeme 
t sur saint Eugene, le legendaire fondateur du monachisme 
Ipriental; mais cette derniere composition ne peut etre 
Vieure au XII C siecle. 

f Gabriel. — II ne nous reste rien des ouvrages de Ga- 
ElUEL, frcre de Theodore de Merv, qui fut eveque d'Hor- 
fmizdardaschir. II avait ecrit des livres de controverse 
Fcontre les Manichecns et les Chaldeens (Mazdeens), et 
['environ trois cents chapitres sur des questions difTiciles 
?ie la Bible. 

I Jean. — Les successeurs d'Abraham dans la direction 
pde l'Ecole de Nisibe furent Jean et Joseph. Jean ecrivit 
Fdes Commentaires bibliques, qui sont perdus, de meme 
£que ses traites de controverse contre les mages, les juifs 
let les heretiques. II avait aussi redige un volume deQi/es- 
ttions^sur VAncien el le Nouveau Testament, et compose 
idrverscsliymnes. On lui attribue, sans preuve suffisante, 
Bjn'rliscours Sur la ficste de Nisibe, terrible fleau qui rava- 
[gea la contree pendant vingt-cinq ans (552-578), a Tocca- 
Kon duquel furent instihies les trois jours de penitence 
|encore observes dans lEglise nestorienne sous le nom de 
.* Rogations des Ninivitcs ». 

K Jose ph. — Joseph, surnomme Houzaya, du nom de 
son pays d'ongine, le Houzistan, est I'auteur du plus 
E'cien traite de Grammaire dont il soit question dans la 
phtteYature synaquc, et d'un hvre sur les <t mots equivo- 
kes », e'est-a-dire qui s'ecrivent avec les memes lettres 



,..- 



56 



LITTERATURE SYRIAQUE 



DU V s SIECLE A l/lNVASION ARABE 



57 



et ont un sens different. II est aussi presente comme 
l'mventeur du systeme de ponctuation et de vocalisation! 

en usage chcz les Nestoriens, elabore a Tinstardes signe* 
massoretiques. Joseph mourut avant 580. 

Jesuyab. — Un disciple d'Abraham, Jesuyab, de^ 
vint eveque d'Arzoun, et ensuite, par Tinfluence du roi^ 
Hormizd IV, fut elu patriarche (581), Audebutde son 
regne, Chosroes II, fils et successeur d'Hormizd, \\i 
temoigna aussi ses faveurs, de meme que le roi arabe de 
Hirta (al-Hirah), Nouman ibn aLMoundir, recemmenl 
converti au christianisme. Le patriarche mourut en 595^ 
Nous avons encore quelques-unes de ses vingt-deu 
Questions relatives aux sacrements, et les Actes d'uti 
synode qu'il tint en 588. lis sont suivis d'une Letire a 
Jacques cv. de Darai, qui roule aussi sur des question! 
liturgiques et canoniques. Jesuyab avait compose uifl 
traite contrc Eunomius, un autre contre un eveque herfl 
tique, et une Apologie adressee a lempereur Maurice 
Ces trois ouvrages sont perdus. 

Bar Edta. — Bar EdTA, condisciple d'Abraham da 
Kaschkar, et fondateur d'un couvent cclebre dans U 
region de Marga, ecrivit une Histoire ecclesiasiique 
laquelle Thomas de Marga (cf, p, 110) fit a"e large 
emprunts. 

Dadjesus. — DadJESUS quitta Pecole d'Arbeles pour 
se rendre au Grand-Couvent d'Izla. II en devint le supe 
rieur. Nous avons signale les Regies qu'il promulgua pou 
ce monastere, en 588. II est lauteur d'Homelies et d'ui 
Traite de la vie monastique. II avait annote les ceuvre 
d'Isaac de Scete, et Le Paradis des moines occidentauxi 
titre qui designe vraisemblablement Tceuvre de Palladiusl 

Meschihazeka. — De Meschihazeka, auteur dune 
Histoire ecclesiasiique, nous ne savons rien. Son ou4 



tvrage a ete retrouve dans un manuscrit incomplet qui a 
lite publie par M Mingana (Mossoul, 1908), et traduit 
Jen allemand par Ed. Sachau (Berlin, 1908). II comprend 
June serie de notices, en partie legendaires, sur les vingt 
|premiers eveques d'Arbeles. Comme il y est parle du 
Ipatriarche Mar Aba, lauteur ne peut pas etre anterieur 
|i la fin du Vl e ou au debut du VII e siecle. 
p Vers la meme epoque se fixe la redaction de V Histoire 
Tie la ville de Beit Selok* et de ses martyrs mis a mort 
Fdurant la persecution de Yazdegerd II (446), Malgre ses 
Icontradictions et ses anachronismes evidents, ce docu- 
ment, probablement redige a Iidesse, contient des details 
[precis puises a des sources anciennes. 

Abraham de Nathpar. — Abraham de Nathpar, un 
pes plus anciens parmi les auteurs ascetiques des Nesto- 
griens, yivait vers la fin du vi e siecle. Originaire de 1 Adia- 
Eene, i\ visita les communautes pachomiennes d'Egypte, 
Pet revint vjvre en ermite dans son pays. Ebedjesus dit 
tquM ecrivit differcnts traites sur la vie monastique; 
jquelqucs-uns se trouvent inseres, dans les manuscrits, 
Karmi les appendices au Paradis d'Ananjesus (cf. p. 100), 
HJn seul a ete publie. Une notice anonyme le fait aussi 
fauteur dun commentaire sur I'£vangile et de traites 
fcontre les heresies. 

^. Gregoire. — A la suite d'Abraham, le Catalogue 
ELEbedjesus place Gregoire le moine, persan d origine, 
jjjjui passa quelque temps en Chypre et revint terminer 
I vie au mont Izla. On lui attribue un traite sur la vie 
lonastique et trois Lettres. L'une est adressee a un jeune 
Bnoine nomme Epiphane, qu'Assemani veut identifier 
fcvec le celebre eveque de Salamine (mort en 408), J'ai 
Ipeine a croire que lauteur fut aussi ancien, et n appartint 
[pas a la confession nestorienne. Le nom de Gregoire a 
blus dune fois donne lieu a des confusions. 



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58 



LITTERATURE SYRIAQUE 



Henana, — Un des plus celebres personnages de la 
seconde moitie du VI* siecle fut HdUUU, qui v&ut 

jusque sous Ie patriarcat de Sabarjesus (596-604). Ongi- 
naire de l'Adiabene, il enseignait a I Eco e de Nisibe du 
temps du patriarche Ezechicl (570-581), II se signala par. ■ 
ses innovations. Dans Implication des Ecntures il aban- I 
donna les interpretations de Theodore de Mopsueste 
pour suivre les opinions de saint Jean Chrysostome. bon 
enseignement fut le point de depart, dans Eghse nesto- 
rienne de luttes intestines dont les monophysites surent 
habilement profiler. Censuses par Jesusyab I er , les doc- 
trines de Henana furent solennellement condamnees dans 
le concile tenu par Sabarjesus en 596. En quoi consis- 
taient-elles essentiellement ? Nous ne pouvons i apprendre . 
de 1'auteur lm-meme, car aucun de ses ouvrages n est 
parvenu jusqu'a nous. .. 

Babai, dans la vie du martyr Georges (d p. blj met 
dans la bouche dun moine un exposS des doctrines cte. 
Henana. D'apres Iui, Henana etait « chaldeen »■ c cst-a-.- 
dire fataliste, « tout etant conduit par les astres &; comme. 
Origene ale paien des paiens », il disait que tous les 
hommes participent a la nature de Dieu, mait la resurrec-, 
tion des corps et n'admettait de salut que pour les ames; 
il etait heretique, enseignant « deux natures et une per-, 
sonne dans l'union », et refusant de proc amer avec, 
Nestorius et Theodore, "deux natures et deux hypos- < 
tases dans 1 unique personne du Christ Fils de Dieu L»l 
Quoi qu'il en soit des autres points, la doctrine christolo-- 
gique que Babai attribue a Henana parait, comme celle! 
de Sahdona, singulierement rapprochee de I orthodoxy j 
D'apres Ebedjesus, Henana avait ecnt des commentaire^ 
sur divers livres de TAncien Testament, sur lEvangileJ 
selon saint Marc, et sur les Epftres de saint Paul; unel 
Exposition du symbole de Nicee, une autre de la liturgy 
sacramentaire, et divers discours ou antiennes pour cer- 
lakes fates de l'annee.Nous avons les Statuts de 1 fccole,-: 




DU V° SIECLE A L INVASION ARABE 



59 



revises par Iui, et promulgues en 590, lis ont ete edites 
jar Ign. Guidi (Rome, 1890). 

r L'Histoire de Sabarjesus redigee par un moine nomme 
ERRE, est une biographic ou la legende tient plus de 
place quej'histoire. Sabarjesus, ancien pasteur de trou- 
peaux, originaire de Perozadad, avait frequente I'licole 
de Nisibe sous la direction d'Abraham. II devint eveque 
R| Laschom et, en 5% % a 1 age de quatre-vingts ans, il 
fut elu patriarche, sur l'ordre de Chosroes IL II accom- 
pagna ce prince dans une expedition, et mourut a Nisibe, 
pendant le siege de Dara (604). On Iui a attribue a tort 
SineHistoire ecclesiastique. Nous avons les Actes de son 
iynode, et une lettre de Iui aux moines du couvent de 
Bar Qaiti, des messaliens qu'il avait ramenes a la disci- 
pline, 

t NathanaeL — Nathanael, eveque de Siarzour, qui 
gissista au synode dc 605, avait compose un Commentaire 
des Psaumes, dont l'introduction seule nous est con- 
vee. II publia aussi des traites polemiques contre les 
ages. A l'instigation de ceux-ci, Chosroes le fit crucificr 
ers 61 1). 

^Barhadbescbabba. — Disciple de Henana a l'Ecolede 
VJisibe et ensuite eveque de Holvan, Barhadbeschabba 
"■jvit Stir lajondation des Scales un traite, moitie histo- 
e, moitie tbeologique, qui est parvenu jusqu'a nous. 

^ourin. — Sourin a l'lnterprete » serait Tauteur, 
l'apres le catalogue d'Ebedjesus, dun traite contre les 

'r^tiques, de questions et de demonstrations, II ensei- 
^ait a Nisibe vers la fin du siecle. Assemani la identifie 
I tort avec Sourin^eveque de Nisibe, qui se fit nommer 
patriarche par Femir arabe en 754, et fut aussitot depose. 

Abraham bar Lipheh. — Abraham, originaire du 
LQatar, devait vivre au debut du Vii e siecle, car il ne fait 



60 



L1TTERATURE SYRIAQUF, 



DU V e SIECLE A L'iNVASION ARABE 



61 



aucune allusion a la reforme liturglque de Jesusyab III' 
dans son Explication des Offices; exphcafon rnysgque oul 

svmbolique, remarquahle par sa simplicity Dans ,1a) 
Smc ou il nous est parvenu, ce traite semble e rel 
Tabrege, ou une partie seulement, dun ouvrage plus! 
faS on n'y trouve pas toutes lea citation, feite. sous | 
le nom de Bar Upheh par le pseudo-Georges (p. 115).* 
II a ete edite et traduit en latin par U. Connolly. 

Babai le nisibien. - Descendant de persans etablUl 
aNisibepar Sapor, BABAI sent disciple d Abraham^ 
de Kascbkar (mort en 588) et fond, plus tardun convent j 
dans la montagne d'lzla. On lui attribue des d.scours, de.] 
bymnes sur la penitence, des Lettres, des cant.ques, del 
histoires des instructions. Assemam, en commcntant la] 
notice du Catalogue, confond Baba de Nis.be avec Babad 
de Gebilta et un autre Baba., scribe du gouvcrncur d| 
Hira, auteur de livres ascetiques, d apres Jcsudcnah. L«| 
copi tes ont du faire souvent la memo confusion. Mais del 
en's les Syriens qui portent le nom de bkbfl 
illustre est un autre disciple d Abraham de KaschkaM 
celui qutn appelle Babai le Grand ou BABAI L AnciEnJ 

Babai l'Ancien. - II naquit au village de Beit Ainathaf 
dans la Zabdicene. Apres avoir etud.e et ense.gne dans « 
xSodochion de Nisibe, il se mit, au mont Izla sous la 
direction d Abraham. Par la suite, ,1 rev.nt fonder dan! 
son pays natal un couvent et une ecole puis retourna ad 
Grand-Couvent d'Izla. A la mort de Dadjesua.il fut choisS 
pour gouverner ce monastere. L £ghse nestorienne etoff 
alors sous le coup de la persecution. Elle demeura sani 
chef depuis la mort de son patriarche Gregoirc {fm 
jusqu? "lie du roi Cbosroes II (628). Pendant cettl 
periode difficile Babai, institue par les metropolitan! 
visiteur general, fut le soutien de la foi par 1 action et paj 
h plume. On ne lui attribue pas moms de quatrc-vinglj 



i'ouvrages. Le plus important de ceux qui sont conserves 
Test le livre De V union (de la divinite et de lhumanite), 
^ou expose systematique de la theologie nestorienne. I] a 
Rte" public et traduit en latin par A. Vaschalde (Paris, 
By 9 15). Babai avait compose un commentaire sur TEcri- 
Chare; plusieurs traites relatifs a certaines fetes de I'annee 
g^Iiturgique; des regies pour les novices et les religieux. 
TQuelques hymnes inserees dans [office nestorien lui 
g,sont attributes; ses traites de controverse et ses lettres a 
: Joseph Hazzaya sont perdus, mais nous avons son long 
f : commentaire sur les Centuries d'Evagnms, et une partie 
de cetui sur les auvres de Marc l'asccte. II ecrivit des 
^biographies (Matthieu Termite, Abraham de Nisibe, 
EGabnel de Kaschkar, etc.), et une histoire des partisans 
rde Diodore de Tarse. Nous lui devons aussi la Vie du 
bpersan Mihramgouschnasp, qui prit au bapteme le nom 
fde Georges, et fut martyrise en 615; le texte de cette Vie 
[a ete publie par Bedian (Paris, 1896) et traduite en alle- 
"mand par Braun. Elle renferme des notices fort impor- 
I'tantes pour l'histoire de l'Eglise nestorienne, surtout au 
fpoint de vue doctrinal. On y trouve le mcillcur expose 
[des enseignements de Henana, et leur refutation, du 
Ipoint de vue nestorien. Babai ne fut probablement pas 
t (Stranger a la redaction de la supplique que les eveques 
Jpresenterent au Roi dans leur assemblee, en 612, pour 
kobtemr l'autorisation d'elire un patriarche. Nous avons 
• donne les Actes de cette assemblee, comme appendice 
[ail synode de Gregoire I cr , dans notre edition du Syno- 
Sidicon (cf. p. 109). La demarche n'eut aucun succes; 
Eautorisation ne fut accordee qu en 628, apres lavene- 
Pment de Cawad II. 



62 



III. 



LITTERATURE SYRIAQUE 



Les monophysltes. 



Pendant que les Nestoriens s etablissaient dans les 
regions de la Perse, les monopliysites continuaient a 
defendre energiquement et a propager leurs doctrines. 
Le plus illustre et le plus erudit d'entre eux est incontes- 
tablement Severe d'Antioche (512-518), le premier de la 
serie des patriarches Jacobites. Tous ses ouvrages furent 
ecrits en grec. Le succes de la propagande en Syrie est I 
du a la diffusion des ouvrages rediges dans la langue^ 
populaire qui fut admirablement maniee a la fin du.' 
v e siecle par deux brillants ecrivains : Jacques de Saroug 
et Philoxene de Mabboug, que l'Eglise monophysite 
honore comme des saints. 

Jacques de Saroug. — Jacques, ne en 452, a Kourtamp-J 
village de Mesopotamie, sur TEuphrate, etudia dans laj 
celebre Ecole des Perses a £desse. A lage de vingt-deux* 
ans ilfit paraitre sa premiere composition poetique Sur le\ 
char d'EzecltieL II devint choreveque de Haura, dans lej 
district de Saroug. En 519, a 1 age de soixante-huit ans, ilj 
fut sacre eveque de Batnan, siege episcopal de ce meme] 
district; il mourut en 521 . Nous avons sur lui deux courtes^ 
biographies et un long panegyrique en vers, trois ecrits J 
dans lesquels l'imagi nation a plus de part que l'lustoire. j 
Le premier est faussement attribue a Jacques d'Edesse, : 
le second est anonyme et le troisieme se donne comme 
Tceuvre d'un de ses disciples nomine Georges* 

C'est surtout par ses poesies que Jacques de Saroug> 
excita ladmiration des Syriens : ils lappellent « la flute du : 
saint Esprit, la harpe de l'Eglise orthodoxe >\ Au dire de I 
Barhebreus, ses homelies metriques etaient au nombre 
de sept cent soixante; il nous en est parvenu environ; 
deux cent cinquante, dans de nombreux manuscrits qui ; 
presentent d'assez notables variantes, preuve qu'elles ontj 




DU V° SIECLE A l/jNVASlON AKABE 



63 



souvent recopiees et retravaillees. Elles sont ecrites en 

ers de douze syllabcs, et generalement assez longues; 

il y en a qui comptent jusqu a trois mille vers. Elles ont 

Sour suj'et les principaux evenements de TAncien et du 
[ouveau Testament; la foi et les vertus; les panegyriques 
'■des apotres, des martyrs, et de saints celebres en Orient 
(Addai, Georges, Sergius et Bacchus, Simeon stylite, les 
Sept Dormants, les martyrs d'Edesse, ceux de Se- 
baste, etc.)- 1 Jacques a mis en vers a peu pres toutes les 
tegendes syriennes relatives a la Vierge Marie, a l'lnven- 
;tion de la Croix, a Tapotre saint Thomas, a la conver- 
sion du roi Abgar* Les cinq volumes des Homilice selects 
publies par P, Bedpan (Paris, 1905-1910), donnent le 
;texte, sans traduction, de cent quatre-vingt-quinze 
poeme3. 

. Beaucoup moins considerables par leur etendue, sont 
les ecnts en prose de Teveque de Saroug. On cite parmi 
eux : une Liturgie, un ordre du bapteme, six homelies 
festales, des sermons sur le peche et sur la paque, des 
oraisons funebres, et des Lettres. Celles-ci constituent 
pour nous la partie la plus interessante de son oeuvre. Des 
trente-cinq lettres qui nous restent, trois sont adressees a 
Lazare, archimandrite du couvent de Mar Bassus, pres 
'dApamee : I'auteur y professe la doctrine monophysite et 
anathematise expresaement le concile de Chalcedoine. Son 
orthodoxie energiquement defenduc par Assemani n'est 
plus soutenable. Parmi ses autres epitres arrivees jusqu'a 
nous, on note une Jettre de consolation aux chretiens de 
Nedjran, qui avaient subi la persecution du roi Dhou- 
Nowas; une autre aux habitants d'Edesse menacee par les 
Perses; une autre a Paul d'Edesse chasse en exil; une a un 
certain Philothee, dans laquelle il raconte l'histoire 
de Mar Hanina (mort en Tan 500); une a Bar Soudaili. 
Une edition complete des Leiires vient d'etre commencee 

Eir M. Olinder; elle sera accompagnee d'une traduction 
tine. 



■ 



64 



LITTERATURE SYRIAQUE 



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y 



Simeon. — L'eveque de Saroug visita un jour son J 
modeste emule, le diacre SiMEON, un potier du village de j 
Gaschir. Simeon composait de petites hymnes religieuses, 
d une facture assez hbre, que Ies Syriens appellent 
« koukayata » (quelque chose comme « poteries »)■ NeuF de ,^ 
ces hymnes, sur la Nativite de Notre-Seigneur, sont con- 
servees et ont ete pubhees par S. Eunnger (Leipzig, '3 
1913); d'autres se trouvent inserees dans les livres litur- 
giques. 

Philoxene. — Philoxene (en syriaque Aksenaya)naquit^ 
en Perse, a Tahal, dans la province de Beit Garmai, un: 
peu avant le milieu du V e siecle. Avec un de ses freres, 
namme Addai, il etudia dans l'Ecole d'Edesse, sous j 
lepiscopat deltas. Ayant embrasse la doctrine mono- 
physite, il en devint le propagateur le plus ardent en j 
Syrie et en Mesopotamie, et sut gagner la faveur des; 
moines. Le patriarche orthodoxe d'Antioche, Calandion ! 
(482-485), le chassa de son diocese qu'il troublait par ses.. 
predications; mais quand le patriarche, qui refusait de 
souscrire a 1 henoticon de Zenon, eut ete exile en Egypte, ' 
I'intrus Pierre le Foulon ordonna Philoxene evequej 
Mabboug (I antique Hierapolis, auj. Membidj), en 485.^ 
Tous les efforts du nouvel eveque tendirent a fairei 
admettre lhe'noticon et a faire abroger le concile deg 
Chalcedoine. C'est a son instigation, semble-t-il, que' 
1 eveque d'Edesse, Cyrus, obtint de Zenon la suppressions 
de la celebre Ecole (489). Dix ans plus tard, Philoxene se 
rendit a Constantinople pour exciter Tempereur Anastase; J 
contre Flavien d'Antioche, successeur du monophysitei 
Palladius, La guerre avec les Perses detourna momenta-i 
nement l'empereur des controverses theologiques. Aussi-j 
tot la paix retablie, Philoxene se rendit de nouveau dans] 
la capitale, et unit par obtenir l'exil de Flavien. Onzej 
eveques sassemblerent avec lui, a Antioche, et choisirentl 
comme patriarche le fameux moine Severe (5 1 2). A Tave-j 



DU V G SIECLE A L'iNVASION ARABE 



65 



^nent de 1 orthodoxe Justin (518), un revirement se 
Bttuisitjet les eveques monophysites furent expulses 
[eleurs sieges. Philoxene fut expedie d'abord a Philip- 
jopolis, en Thrace, puis de la a Gangres, en Paphla- 
imie. II y mourut, vers 523, asphyxie par la fumee dans 
ichambre ou il etait enferme. 

rCe personnage, qui a joue un role si actif dans les 
Bines de 1'Eglise rnonophysite, fut un ecrivain f^cond 
;de talent. Assemani, qui n'a guere de sympathie pour 
beretique, ne peut s'empecher de le placer, au point de 
ue du style, parmi les meilleurs auteurs syriaques. Chez 
li "« Texquise purete de la langue n'est pas inferieure a 
Boquence et a I energie du style » (Guidi). Son oeuvre 
tteraire, fort appreciee de ses compatriotes, nous est 
rvenue en grande partie. Toutefois, de ses comment- 
res des Eyangiles nous n'avons que des fragments sur 
BintlViatthieu et saint Luc, dans un manuscrit incomplet, 
fcrit du yivant meme de 1 'auteur, en 5 1 1 . Un autre manus- 
crit, qui n est pas beaucoup plus recent, contient ses 
commentaires sur des passages choisis des Evangiles, 
ttbtamment sur le prologue de saint Jean. EsNce son 
Kuvre proprc ou une compilation tirce de ses livres? Nous 
£e saunons le dire. On lui attribue trois Liturgies, un 
Rite de bapteme et des prieres eucharistiques. Ses ou- 
Krages cjogmariques sont de grande importance. Deux 
Bsurtout meritcnt d'etre signalcs : un traite de la Trinite 
' etde l'lncarnalion, en trois livres, et un traite sur l'expres- 
noon « Une personne de la Trinite s'est incarnee et a 
Isoiiftert », en dix dissertations. Ces deux ouvrages sont, 
EtTce qui concerne l'lncarnation, la base de la doctrine 
pnonophysitc; ils developpent la theorie que les Jacobites 
Ipostericurs ont concretises dans les formules una natura 
Hfip/ex et natura ex duabus composita. Le premier 
Ik ite edite avec traduction latine par A. Vaschalde (Paris, 
F-I907). Au second traite sont jointes une reponse aux 
fcbjections d un adversaire anonyme et une serie de 



LITTlinATUHR SYRIAQUE 



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66 



LITTERATURE SYRIAQUE 



DU V e S1ECLE A L INVASION ARABE 



67 



temoignages patnstiques destines a justifier 1'emploi de 
formule adoptee. Nous avons encore plusieurs tfaites, i 
moindre Vendue, contre diverses heresies, notammenl 
contre les Eutycheens et contre Ics Nestoriens, nom sous] 
lequel il comprend, avec les disciples de Nestorius, 1 
pape saint Leon et les partisans du concile de Chal 
cedoine. 

Philoxene est aussi Tauteur de treize homelies sar la vie 
religieuse, qui ont ete publiees et traduites en anglais! 
par W, Budge (Londres, 1894). Ces discours ont unique-" 
ment pour objet la perfection chretienne; on n'y trouvi 
aucune allusion aux controverses dogmatiques. Le copisti 
qui a reuni les homelies leur a donne comme titre 
« Traites sur la rectitude des mceurs, qui enseignent Ii 
cours entier de la discipline; comment on commence M 
devenir le disciple du Christ; par quelles regies on sej 
forme a ] amour spiritual; comment nait la perfection qui: 
nous rend semblables au Christ selon la parole de Tapotre! 
Paul », La premiere homelie sert de prologue; les douzi t 
autres traitent de la foi, de la simplicity, de la crainte de 
Dicu, de la pauvrete, des desirs sensuels, de TabstinencCjl 
de la fornication. Philoxene ecrivit cet ouvrage peu de' 
temps apres son elevation au siege episcopal de Mab- 
boug(485). 

Une importante contribution a la connaissance dea 
doctrines de Philoxene nous est fournie par sa corres- 
pondance. Nous avons dc lui vingt-deux lettres; presque 
toutes roulent sur des questions dogmatiques, traitec* 1 
parfois avec assez de developpement. Les six qui ont ete 1 
editees par differents erudits font vivement desirer H 
publication des autres. 

Etienne bar Soudaili. — C'est par la Lettre de Phu 
loxene ft a Abraham et Oreste, pretres d 'Edesse »» public 
par G, Frothingam (Leide, 1886), que nous possedons 
quelques renseignements sur un personnage mal connU 



.parmi les Syriens, Etienne BAR SOUDAILI. Ce moine, 
: qui passait pour un modele de piete, naquit a Edesse dans 
fcla seconde moitie du V e siecle. Pendant sa jeunesse, ii 
jsejourna en Egypte ou il fut le disciple d'un certain 
; : Jean t qui lui inculqua les idees pantheistes qu'il professa 
?ensuite a Edesse. Chasse de cette ville, il se retira a 
Jerusalem ou se trouvaient des moines origemstcs favo- 
I rabies a ses opinions. II entretenait des relations episto- 
^laires avec ses disciples demeures a Edesse. Philoxene 
fcnous apprend quil ecrivit des commentaires mystiques 
fcsur la Bible, specialement sur les Psaumes, Apres avoir 
■commence par nier leternite des peines de Tenfer, il en 
vint a professer le plus pur pantheisme, declarant que 
« touie nature est consubstantielle a Tessence divine », 
i La lettre de Philoxene fut ecrite aux environs de Tan 5 1 0. 
-II ne semble pas que les doctrines dEtienne ait fait 
,bcaucoup d'adeptes parmi les Syriens. 

Plusieurs critiques pensent pouvoir attribuer a Etienne 
ibar Soudaili le Livre de Hierolhee,apocryp\\c place sous le 
fnom du pretendu maitre de Denys rArcopagite. Ce fut 
Topinion de quelques Synens; mais elle est loin d'etre 
certaine. L'ouvrage existe au British Museum, dans un 
manuscrit unique, celui-la meme que Barhebreus 
(cf. p. 135) avait reussi a se procurer avec beaucoup 
fede difliculte. Ce volumineux traite, partage en cinq 
jfc.livres, est accompagne, dans ce manuscrit, d'un com- 
fc mentaire du patnarche Theodose (p. 95). Les rapports 
I entre cet ouvrage mystique et les ceuvres mises en circu- 
lation, vers la meme epoque, sous le nom de Denys ne 
i pourront etre etudies serieusement qu'apres la publication 
' du tcxte. Mais il ne semble pas que le Livre de Hierothce 
ait exerce dans le milieu syrien une influence comparable 
a celle de ta litterature pseudo-dionysienne d origine 
| alexandrine. 

f' Au debut du 1V C siecle vivait a Edesse le moine 
.'inconnu qui redigea, vers 508, le « Recit des calamites 






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68 



L1TTERATURE SYRIAQUE 



qui survinrent a Edesse, a Amid et dans toute la Meso- 
potamie »• Ce recit fut plus tard insere dans la compi- 
lation attribute a Denys de Tellmahre (cf . p. 89). II a etc 
edite separement sous le titre de Chronique de Josui le 
Stylite. C'est le document le plus complet sur les eve-- 
nements de Syne de 495 a 507, et sur les guerres;| 
d'Anastase I er et de Cawad; c'est aussi le plus ancient 
morceau de la literature historiqae des Syriens, anterieur.* 
d*une trentaine d annees a la celebre Chronique d Edesse] 
Cette derniere, anonyme elle aussi, commence a l'an : 
J3I avant Jesus-Christ et sarrSte a Tan 540, epoque de sa 
redaction. Les donnees historiqucs qu'elle renferme, 
surtout les dates tres exactes quelle fournit, en font un 
precieux document, meme pour l'histoirc de l'Occident. 
L'auteur etait un orthodoxe, manifestant des sympathies 
pour le nestorianisme. 



Daniel. — A la memc epoque, vivait Daniel, du village '^ 
de Salah, dans le Tour-Abclm. On la confondu avec 
un correspondant de Jacques d 'Edesse quiporte le'meme ] 
nom et qu'Assemani range a tort parjni les ecrivains j 
orthodoxes. II est 1'autcur d'un commentaire sur l'Eccle- ;3 
siaste, connu seulement par la chainc de Severe (cf. p, 94), 4 
et d'un commentaire sur les Psaumcs. Ce dernier ouvrage, 
en forme d'homehes, fut achevc vers 542. II est tres volu- 
mmeux et divise en trois tomes comprenant chacun 
cinquante psaumes. II en existe une recension abregee. I 
G. Dicttrich a public (Giesscn, 1901), deux des homelies 
du Commentaire et l'lntroduction de 1'abrege qui date 
du X c siecle. 

Ebedjesus, dans son Catalogue attribue a lhistorien 
Socrate une a Histoire des empereurs Constantin et^ 
Jovinien ». Jovinien est le nom que les Orientaux don- 
nent a Jovien. L'ouvrage amsi designe, est Iceuvre ano- 
nyme d'un moine edessenien, qui, dans le premier quart J 
du Vl e siecle, entreprit de composer cette sortc de roman 3 




DU V c SIECLE A LINVASION ARABE 



69 



istorique divise en trois parlies ; l'histoire de Constantin 
etdeses fils; l'histoire d'EusebedeRomeetdes souffrances 
que Julien l'Apostat lui fit endurer; Thistoire de Jo- 
vien pendant le regne de Julien. Excellent morceau 
de rhetorique, d'un style elegant et pur d'hellenismes, 
entremele de lettres et de discours qui rappellent le genre 
de Tite-Live, mais sans la moindre valeur historique. 
II a cu beaucoup de succes en Orient, et il a exerce une 

& influence facheuse sur les bistoriens synens et meme 
arabes. Neanmoins on n'en connait qu'un seul manus- 
. crit mutile, qui n'a garde de la premiere partie qu'un 
seul feuillet. D'un autre recit, relatif a l'apostasie de 

I Julien, qui est de tendance analogue au roman, mais qui 

^.n'est pas du meme auteur, il ne subsiste qu'un fragment 

-dune dizaine de pages. Tous ces textes ont ete pubhes 

par G. Hoffmann (Leide, 1880); Th. Noldelce leur avail 

•consacre une etude ( « Le roman syrien de Fempereur 

Julien »; Leipzig, 1878). 



Simeon de Beit Arscham. — Jean dAsie, dans son 
fi Histoire des bie.nheure.ux orienlaax (cf. p. 75), a consacre 
[un chapitre a son ardent corehgionnaire I'cvequc SlMEON 
IpE Beit ARSCHAM, ville situee pres de Seleucie du Tigre. 
,-Simeon avait obtenu eclte dignitc avant 503; u mourut 
Rvant 548, a Constantinople, ou il s etait rendu, pour la 
•troisicme fois, pres de l'imperatrice Theodora. La vie de 
feet eveque se resume en deplacements continuels et en 
■ discussions incessantes avec les Mamcheens, les Barde- 
Esanites, les Eutycheens, et surtout avec les Nestoriens 
-repandus en Babylonie. Simeon etait un habile dialec- 
Bticien; il fut surnomme « le Sophiste perse », Certains 
manuscrits mettent sous son nom une Liturgie que 
6 d'autres attribuent a Philoxene de Mabboug. En dehors 
Hie ce texte douteux,nousavons de lui deux Lettres d une 
Sgrande importance. La lettre « au sujet de Barsauma 
I et de^l'Iieresie des Nestoriens, montrant comment elle 



HI 



70 



LITTERATURE SYRIAQUE 



DU V c S1ECLE A L INVASION ARABE 



71 



commenca et quancl elle se repandit en Perse >\ a ete 
publiee par Assemani qui cherclie vainement, par d'etran- 
ges arguments, a presenter l'auteur comme orthodoxe. 
Ecrite vers 510, c'est le document le plus ancien sur la 
suppression de I'EcoIe d'Edesse et sur la propagation du 
nestorianisme en Perse. L/autre IcUre, adressee a Si- 
meon, abbe de Gabboula, a ete reproduce plus ou moins 
completement dans lcs compilations liistoriques de 
Zacharie, du pseudo-Denys, de Michel; le texte primitif 
a ete reconnu par Ign. Guidi dans un manuscrit du Bri- 
tish Museum. Simeon raconte qu'au mois de janvier 524 
ll se rendit T avec un envoye de Tempereur Justin I er , pres 
du roi des Arabes, Mondhir, quMs rejoignirent a Ramla. 
Mondhir recut alors du roi juif des Himyarites une lettre 
narrant les persecutions qu'il a ordonnees et le massacre 
des chretiens de Nedjran dans le Yemen. Revenu a Hira, 
I'eveque appnt dautres details sur le martyre desnotables 
a la tete desquels se trouvait Hanth (Aretas) qui con~ 
fessa le Chribt avec courage, II exhorte les eveques a agir 
pres de I'empereur pour qu'il mette fin aux intrigues des 
Juifs de Titaenade conLre les Chretiens- L authenticity 
de cetle lettre a ete niise en doute, a tort, scmble-t-JI. 
Elle etait connue de Jean d'Asic, et ne peut en aucun cas 
elre posterieure au regne de Juslinien. Mais tous les 
incidents que l'auteur rapporte par oui-dire ne sont pas, 
de ce seul fait, incontestables, 

Jean bar Cursus. — Un des plus ardents propagateurs 
du monophysisme en Syrie, fut Jean BAR CuRSUS, dont 
nous avons deux biographies : Tune ecrite par Elias, un 
de ses compagnons, 1'autre par Jean d'Asie. Ne a Calli- 
nique, il embrasse la vie religieuse apres avoir suivi la 
carriere des armes. Nomme, en 519, eveque de Telia 
de Mauzalat ou Constantine, il fut expulse en 521. II ' 
visita Constantinople en 523. A son retour,il fut arrete et 
jete en prison. II mourut a Antioche, en 538, k l'age de 



Idnquante-cinq ans. On a publie ses Avertissements ei 
tpticeptes sous forme de canons adresses aux clercs, et ses 
IjMfronse aux Questions adressees par le pretre Sergius. On 
faaussi de lui une profession de foi adressee aux couvents 
[de son diocese et un commentaire de l'hymne du tri- 
fsagion. 

I Paul de Calliiuque,— pAUL,eveque de Callinique (auj. 
Kakkah), ayant ete depose en 519, se retira a Edesse. La il 
fconsacra son temps a traduire en syriaque les ceuvres de 
|&vere d'Antioche, dont le texte original est aujourd hui 
Iperdu. II traduisit la correspondance de Severe avec 
Ijulien d'Halicarnasse, au sujet de lmcorruptibilite du 
|corps du Christ; un discours de Severe centre Juhen; 
ison traite contre les Additions et contre YApologie de 
Ijulien, celiu contre les Manicheens, et enfin le Phila- 
\lilhe. Peut^etre doit-on lui attribuer aussi 1 ancienne 
[version des Homilke cathedrals celle de la correspond 
f dance de Severe avec le grammairien Sergius, et celle du 
K'traite Contre le grammairien Jean (cf, p. 150). 

I Mara d'Amid, — L'eveque Mara d'Amid, exile par 
f Justin (519), ecrivit beaucoup en grec, mais n'a aucun 
fttitre a figurer dans la literature syriaque. C'est k tort 
Vqu'Assemani lui attribue un commentaire sur les Lvan- 
|giles. 

£ Sergius. — Le pretre SERGlUS,qui exercait a Reschaina 
r{Theodosiopolis) les fonctions de medecin en chef, jouit 
• dune egale reputation chez les Syriens orientaux et chez 
ilesSyriens occidentaux. On ignore la date ct le lieu de sa 
■naissancc; on suit qu'il avait etudie a Alexandra, et il y 
7avait acquis une solide culture hellenique donttemoignent 
Eses ceuvres. Sa doctrine religieuse est assez incertaine; il 
lavait compose un Traite de la foi qui ne nous est pas 
iparvenu. II semble etre demeure etranger aux contro- 
I verses christologiques; il etait lie d'amitie avec des eveques 



72 



LITTERATURE SYRIAQUE 



nestonens. Les ecrivains monophysites blament ses] 
maeurs depravees et son avarice. En 535, Sergius se renditf 
a Antioche, pres du patriarche orthodoxe Ephrem pourl 
se plaindre de son eveque, Ephrem le chargea dunel 
mission pour le pape Agapct. I] partit pour Rome et] 
ramena le pape a Constantinople, Tous Jes deux travail-J 
great a [aire exiler Anthimus de Constantinople etf 
Severe d ! Antiacne. Sergius mourut au printemps del 
I annee 536, et Agapet ne lid survecut que peu de jours ■ 
chatiment du ciel, disent les monophysites. 

L'ocuvrc litteraire de Sergius consiste presqu 'exclusive! 
merit en traductions syriaques de livres grecs. On a tou-i 
terois de lui des traites originaux sur la Logique en septl 
ivres (incomplets); sur la negation et l'amrmation; sun 
es Causes de 1 Umvers selon les principes d'Aristote; surj 
le genre, 1 espece et lmdividu. Les principaux ouvrages] 
philosophies dont il nous a donne la traduction sontf 
IJsagoge dePorphyre, les Categories d'Aristote, le t,iq\1 
xfepMi ■ ct un traite sur Tame en cinq chapitres, completed 
ment different du sept buyf ( c. II avait aussi traduit unel 
partie des ccuvres de Galien (trois livres du Traiid des* 
stmpies nous sont parvenus), et il est tres vraisemblableJ 
ment 1 autcur de la version syriaque des GeoponiqueM 
grecques: ces ouvrages sont dun grand interet lexical 
graphique, donnant le sens precis d'un grand nombre del 
mots et de noms de plantes. Une autre ceuvre considel 
rable dont nous lui sommes redevables est la versioril 
syriaque de tous les ecrits mis en circulation par les mono-f 
physites dans les toutes dernicres annecs du V c siecle sous! 
le nom de Denys PAfeopagite. Cette version, en pro-i 
pageant dans le milieu syrien les ccuvres du pseudo-De-J 
nys s a eu une tres grande influence sur la formation! 
des ecrivains mystiques, aussi bien nestoriens que mono J 
physites. L introduction placee par Sergius en tete de sal 
traduction temoigne de son penchant pour les doctrines^ 
mystiques et pantheistes. 



DU V G SIECLE A l/lNVASION ARABE 



73 



Jean bar Aphtonius. — Abbe du couvent de Saint- 
iThomas, a Seleucie de l'Oronte, il fut compris dans les 
^poursuites exercees contre les monophysites par lempe- 
fcreur Justin (521). II se retira alors, avec sa communaute, 
Vsur la rive gauche de I'Euphrate, en un lieu appele Ken- 
foeschre (nid d'aigles), qu'on a parfois confondu avec la 
Ivillede meme nom (Chalcis de Syrie) situee pres d'Alep. 
[La, il fonda un nouveau couvent qu'il dirigca jusqu'a sa 
Fmort (537). Ce couvent devint un centre de culture syro- 
fhelienique^ d'ou sortirent des hommes celebres, comme 
llhomas d'Heraclee, Severe Sebold, Athanase de Balad, 
.Jacques d'Edesse, et d'autres que nous mentionnerons 
plus loin. 

1 Jacques Baradee. — Le veritable fondateur de I'figlise 

[monophysite de Syrie, de qui elle tire son appellation de 

[Jacobite, fut Jacques Baradee. Ce surnom (en syriaque 

lourdeana), lui vient dun mot designant 1 etoflfe grossiere 

Wont il se vetissait. Fils de Theophile bar Manou, pretre 

Ide Telia (Constantine de TOsrhoene), il embrassa la vie 

^religieuse au couvent de Phesilta, sur le mont Izla, En 

528, il se rendit a Constantinople avec un autre moine, 

ttomme Sergius. L'imperatrice Theodora protegeait le 

rti monophysite. Les deux moines vecurent en paix 

Mis 4a capitale pendant une quinzaine d'annees. Le 

foi des Arabes Ghassanides, Harith ibn Djabalah, de- 

Enanda 1'envoi cl'eveques dans les provinces soumises a son 

lautorite. Sur l'ordre de Theodora, Theodose patriarche 

gd'Alexandrie, alors en exil a Constantinople, consacra 

Bn certain Theodore, arabe d'origine, comme eveque de 

ffipstra, et Jacques, comme eveque d'Edesse. Un peu plus 

[tard, son compagnon Sergius devint patriarche d'An- 

fcodie; mais il mourut au bout de trois ans (560). Jacques 

Be resida pas a Edesse, qui avait un eveque orthodoxe; 

ftnais il circula en Syrie, en Mesopotamia en Glide, en 

Kappadoce, prechant avec ardeur la doctrine condamnee 



L 

1 



■ 






74 



LITTERATURE SYRIAQUE 



par le concile de Chalcedoine, et ordonnant partout de 
nouveaux eveques de son parti. A la mort de son ami 
Sergius, le _ siege patriarcal d'Antioche resta vacant - 
pendanttrois ans. L election de Paul fut 1 occasion de 
graves dissensions et un veritable schisme se produisit, 
au sujet duquel nous sommes fort bien renscrgnes par un ■ 
dossier compose de lettres, de professions de foi, de' 
declarations doctrinales et canoniques, documents ecrits 
en grec pour la plupart, mais heureusement conserves 
dans une traduction syriaque que nous avons publiee et 
traduite en latin recemment. En 578, Jacques voulut se 
rendre en Egypte pour conferer avec Damien, patriarche 
d'Alexandrie, au sujet de Texcommunication de Paul . 
d'Antioche, II mourut en route, au couvent de Romanus ou 
de Cassion. Zachee, eveque de Telia, fit enlever subrepti- 
cement son corps et le ramena au couvent de Phesilta, en :■ 
622. Jacques aflermit TEglise monopbysite par une active 
propaganda, prechant 1 "adhesion « aux doctrines des 
saints patriarches Severe d'Antioche, Anthime de Cons- 4 
tantinople, et Theodose d'Alexandrie », mais ne songeant 
nullement a les defendre par la plume. A part les lettres 
conservees dans le dossier dont nous avons parle, on a 
sous son nom une Liturgie et, dans des traductions 
Brakes, une profession de foi et une homelie pour la 
fete de TAnnonciation. 

Jean d'Ephese* — Apres Jacques Baradee, la figure la 
plus interessante par mi fes eveques militants du parti 
monopbysite au Vl G siecle est assurement celle de Jean L 
dEphESE ou d'Asie. En meme temps qu'un homme^ 
d action, nous trouvons en lui Thistorien le plus autoris^ 
pour les temps troubles de son epoque. 

Ne vers 507, il se joignit a I age de quinze ans aux- 
moines du couvent de Jean 1'Ourteen (a Amid), qui 
etaient alors expuls^s et vivaient dans le desert. En 529, il ' 
recut le diaconat, Lannee suivante les moines furent 



DU V c SltCLE A L'lNVASION ARABE 



75 



wtonses a rentrer a Amid, mais Jean ny sejourna guere- 
fif?, 1 ?' . V1 f '*? ,es cou vents et les ascetes celebres. En 
6», il etait a Constantinople. Dans les annees suivantes il 
artagea es peregrinations des moines persecutes par 
phrem d Antioche et Abraham d'Amid. En 542, il fut 
fe ? nr J ust,nien P 0ur ^nter la conversion des patens 
del Asie-Mincure. Jacques Baradee etant venu consacrer 
jb eveques pour les monophysftes, Jean fut cree eveque 
d Lphese probablement en 558. Apres la mort a Constan- 
tinople du patriarche Theodose d'Alexandrie (566) il 
jf consideVe" comme le chef du parti monopbysite dans la 
hapitale bous le rcgne de Justin II, la persecution ayant 
Bepns (571), sa vie ne fut plus, pendant ses quinze der~ 
Tjjtres anMu. qu une suite de tribulations dont il a 
Barre les details dans son Histoire ecctesiastique. 
ICet ouvrage, malgre les defauts de composition 
■ exuberance dun style peu chatie, les hellenismcs, 
die desordre chronologique, est une ceuvre originale de 
bite premiere importance. Elle avait trois parties : 
h deux premieres, qui comprenaient chacune six livres,' 
jaient de Jules Cesar a Tan 571; la troisieme, egalement 
Hjx livres, sarrSte h Ian 585. Les derniers chapitres 
jrent ecrits dans la prison de Chalcedoine ou Jean avait 
fi jete\ et ou i] mourut lannee suivante. La premiere 
Wtje est enticement perdue; la seconde a ete inseree 
fryilement et presque integralement dans la compilation 
geuoVdionysienne (cf. p. 90): la troisieme nous est 
ifcrvenue, avec quelques Jacunes,dans un unique manus- 
JHdu VII G siecle. Elle a ete publiee par Cureton (Oxford 

r w/ et n i Ulte cn ang,a,s par Payne SrnitIx ( ,86 °) : 
. W. Brooks en donne actuellement une nouvelle 

lltion avec traduction latine. Jean d'Ephese est un his- 

men vendique, qui apprecie les evenements du point 

| vue monopbysite tout en s'efforcant d'etre impartial. 

ftVers les annees 566-568, Jean reunit ses Vies des 

Wheureux orientaux : recueil dont l'interet est presque 






76 



LITTERATURE SYRTAQUE 



DU V e SIECLE A l/lNVASION ARABE 



77 



egal a celui de YHtstoire ecclesiastique. L OUVrage est 
forme de cinquante-huit courtes biographies de pieui 
personnages (eveques, moines, religieuses) appartenant I 
la confession monophysite, contemporains de 1 auteur etl 
pour la plupart, connus de Iui personnellcmcnt. CejJ 
recits, ecrits a la maniere de Palladius et de Theodorefl 
manquent assuremcnt d'esprit critique: mais ils sontj 
pleins de curieux details sur les pratiques de la vie ascej| 
tique et sur les coutumes monacales de cette epoquej 
Land les a publics (Leide, 1868) et Van Douwen Ies!| 
traduits en latin (Amsterdam, 1889). E. W. Brooks en j 
donne une nouvelle edition avec traduction anglais 
(Paris, 1924), 

Histoife ecclesiastique du pseudo-Zacharie. — Nou8 
trouvons un utile complement aux ouvrages de JeanB 
d'Ephesc dans la compilation intitulee Histoirc ecclesiasW 
tique de Zacharie le Rhetcur. Elle est due a un moine mo 
nophvsite du Vl c siecle, et elle nous est parvenue dan 
un manuscnt presque contemporain de sa redaction 
Une rendition, accompagnee d'une traduction latine,, 
ete donnee par Brooks (Pans, 1924). 

Le compilateur syrien ecrivait en 569. Son ouvrage < 
partage en XII livres. L'histoire de Zacharie (ecrite en 
grec et aujourd'hui perdue) n'entre que dans les livres II{J 
VI (450-491); les autres ont ete tires de diverses sourcei 
grecques aussi, pour la plupart. Dans le livre II est inseree 
la fabuleuse histoire des Sept Dormants d'Ephese; danj 
le livre I st , avant les Actes apocryphes de saint Silvestre 
on lit YHtstoire de Joseph et d'Aseneth sa Jemme, tradujS 
du grec, L auteur de cette traduction est Feveque MoiS 
d'Aghel (vers 525), qui fit aussi une version syriaquj 
des Glaphyra de saint Cyrille, a la demande du moinj 
Paphnuce. La lettre du moine, la reponse de Moi'se 
quelques fragments de la version sont conserves. 

ZACHARIE le Rheteur fut aussi connu des Syrien! 



la traduction en leur langue Vie de Severe d'An- 
Khe(cf. p. 152). 

|f Ahoudemmeh. — Ebedjesus presente Ahoudemmeh, 

Bmrne nestorien, par confusion avec un eveque de Nisibe 

He me me nom qui signa au synode de 554. II fut au con- 

truii'e un ferme soutien de TEghse monophysite. Ongi- 

aire de Balad, il fut ordonne eveque de Tagrit, par jac- 

iiesBaradee.cn 559. Ilfitbeaucoupdeproselytismeparmi 

t tribus nomades des Arabes. Ayanl converti et baptise 

; prince persan de la famille royale, Chosroes, lrnte, le 

: jeter en prison, II y mourut (575), Ccs donnees four- 

iies par une vie anonyme d'Ahoudemmeh en forme 

gahomelic (pubhec par F. Nau) sont discutables. Cet 

Rcrivain est plus connu comme philosophe que comme 

ttheologien. II avait compose un livre de Definitions sur 

^Jjus les sujets de la logique, un traite du libre arbitre, 

fc traite de Tame, un traite de Thomme considere comme 

ucrocosme, et un traite sur le compose humain (publie 

^traduit par Nau), qui ne permet pas de determiner la 

Confession dc Fecnvain. I! est le plus ancien auteur auquel 

; Syriens attribuent la redaction d'une Grammaire, A 

i juger par les quelques citations connues, il suivait les 

gincipes dc la grammaire grecque. 

caveiHe des tresors. — L'ouvrage anonyme inti- 

lle La cavernc des iresors fut cent en Mesopotamie, au 

[if siecle. Les « trcsors i> sont Tor, I encens et la myrrhe 

u'Adam emporta du Paradis terrestre et qui furent 

nsevelis avec Iui; Noe sauva les tresors et les reliques 

IKidam, et Melchisedech les deposa au Golgotha. La 

Tation continue jusqu'a la Passion du Christ, par un 

Jtsommairederhistoirebiblique, entremelede fictions 

atives surtout aux genealogies. C. Bezold a donne de 

■ apocryphe une tres bonne edition avec traduction 

ilemande (Leipzig, 1883). 



I 

i 
I 



78 



L1TTERATURE SYRIAQUE 



DU V° SIECLE A L*INVASlON ARABE 



79 



Le roman d* Alexandre le Grand. — L'histoire fabu* 
leuse ou Roman d' Alexandre le Grand, originaire d 'Egypt, 
et mise sous l'autorite de Callisthene, eut une grande 
vogue dans tout l'Orient. La version synaque ne procede 
pas directement du grec, mais d'un intermediaire pehlwi^ 
elle est anterieure au Vll Q siecle. Sur le roman purementf 
pai'en se sont greffees deux legendes anciennes christian) 
nisees ; celle de la source de vie et celle de la porte d'aira 
aux frontieres de Gog et Magog. Ces legendes, qui fori 
d Alexandre un prince juif ou chretien, inspire de Dieiflj 
ont ete resumees dans un petit poeine faussement attribu^f 
a Jacques de Saroug, car on y trouve une allusion a 
Mahomet, On a aussi tire de ce roman une biographia 
fantaisiste d'Aristote et une Lettre d Alexandre a Aristoit, 
narrant des histoires fabuleuses d'animaux, Tous ce 
textes ont ete reunis et publies avec traduction anglaii 
par W. Budge (Cambridge, 1889). 

Cyrus. — Vers la fin du VI siecle vivait Cyrus 
(Qoura) de Batnan, qui ecrivit, a Edesse* une histoid 
en XIV Livrcs, sur Tepoque des empereurs Justin efc 
Tibere (565-582). Michel le Syrien a connu et utiliai 
dans sa Chronique (p. 126) cet ouvrage aujourdhuj 
perdu- 
Pierre de Callinique. — Nous tcrminerons notre liste 
des ecrivains Jacobites du Vl c siecle par le nom de PiERR 
DE Callinique, patriarche d'Antioche (578-591). C«| 
prelat, celebre dans l'histoire par ses controverses thea, 
logiques avec Damien d'Alexandrie, ecrivit contre son 
adversaire un traite comprenant quatre livres diviae 
chacun en vingt-cinq chapitres. Sans doute l'ecrivit-il en 
grec; mais nous ne le connaissons que par les manuscrib 
syriaques qui I'ont partiellement conserve. D'autres maj 
nuscrits Iui attribuent une Liturgie, un court traite contre 
les Tritheites (extrait peut-ctre dc son grand ouvrageu 



jdes lettres, et (attribution douteuse) une homelie en vers 
psur le Crucifiement. 

I La liste dps ecrivains monophysites du VII siecle 
jdevrait souvrir par les noms de Thomas d'Harkel et de 
&Paul de Telia. Nous en avons parle a propos des versions 
Ipibliques (p. 20). 

"Rappelons aussi celui de leveque Paul d'llDESSE 
fqui, fuyant 1'invasion des Perses (619), se retira en 
IChypre, et y (it des traductions des hymnes de Severe 
fdAntioche. On la souvent confondu avec un abbe 

PAUL, qui, egalement en Chypre et vers la meme epoque 
[(624), donnait une traduction syriaque des ceuvres de 

g&int Gregoire de Nazianze. 

feAucun autre £crivain de marque ne se rencontre 

Svarit le milieu du siecle. La situation troublee de la 

Syrie n'etait guere favorable aux travaux intellectuals- 






u 



CHAPITRE III 



TR01SIEME P£RIODE 
DE L'INVASION ARABE AU X c SIECLE 



L Jacobites : Marouta, Severe Sebakt, Athanase de Baladl 
Jacques d*Edcsse, Georges des Arabes, le pscudo-Dcnys^ 
Theophile d'Edesse, Georges de Belthan.Cynaquc.Denys. 
de Tel Imahre, Jean de Dara.Moyse bar Kepha. — H.iVes- 
toriens ; Jesuyab II, Joseph Hazzaya.Sahdona, Jesuyab III,' 
Hdnanjesus I er » Isaac de Ninive, Jean de Penek t Jean Sabaj 
de Dalyata, Theodore bar Koni, Timothee I, Thomas de;' 
Marga, j£sudad de Merv, Honein, Bar Ali, Jesudenah. 



LES victoires du Yarmouk et de Cadesia assurcrent 
aux Arabes la conquete de la Syne et de la Baby-<d 
lonie (636). L 'empire des Sassanides disparait avecl 
Yazdegerd III, son dernier roi; les possessions orientalesj 
de ] 'empire grec sont reduites h I'Asie-Mineure. Apr^sJ 
I'achevement de la conquete, la paix regna en Syrie, et les] 
califes Omayades firent preuve d'une certaine tolerancej 
favorable aux chreticns. Chez ceux-ci, la nouvelle situa-j 
tion politique devait modifier peu a peu ['orientation* 
intellectuelle. Les ardentes controverses theologiques des] 
siecles precedents, menees surtout dans la Syrie helleV 
nisante, vont cesser. Lexegese biblique n'aura plus pouf.j 
objet principal de triturer les textes en vue d'y trouverf 
des arguments dogmatiques; elle deviendra littcrale etj 
phifologique, Les longs traites d'enseignement moral! 



DE ^INVASION ARABE AU X e SIECLE 



81 



iront place a des recits hagiographiques, et l'histoire 

ffendra une place importante dans la litterature Les 

favrages de tendance apolog&ique chercheront discre- 

•gienta derendre la foi contre les doctrines musulmanes 

axquelJes la population rustique se rallie sans grande 

distance. Les vamcus poiivaient s assimiler assez facile- 

"lit la langue des envahisseurs, a cause de sa parente 

c la leur; larabe fait des progres au detriment du 

naqui, et la langue officielle va devenir assez vite 

iiome # populaire, Ces considerations generales font 

fessentir le caractfcre des ouvrages sortis de la plume des 

■nvams synaques au cours des siecles suivants. 



I. — Les Jacobites* 

|Les captifs syriens frequemment deportes en Baby- 
mie par les rois Sassanides avaicnt grossi le nombre des 
deles jacobites de cette region. Comme les relations avec 
AnUoche etaient souvent impossibles, Teveque de Tagrit 
bit par etre considere comme le prima t de la region 
Bconsacrait les eveques soumis a sa juridiction On 
gappelait « maphnen » (fccondnlcur). II ne d^pendait du 
-Yiarche que pour sa propre consecration. Cette division 
mmstrative de 1 E S lise Jacobite, qui dura des siecles 
Econstituee au moment de 1 'invasion arabe, Le premier 
r phnen tut Marouta de Tagrit, qui a M maintes fois 
tfondu avec Marouta de Maipberkat (cf. p. 41), 

parouta. — Marouta, ne a Beit Nouhadrc, dans 

npire perse, rnena la vie monastique dans le couvent 

j r ftl a Calhmque, P UIS dans celui de Mar Mattai, 

i de Mossou!, II etudia quelque temps a Edesse, et 

|nda ensuite a la cour perse, ou le parti monopbysite 

"fcbien vu, grace au medecin Gabriel- A la mort de ce 

-UTT^RATtTFlE SYtUAQUE f> 



*)l 



82 



LITTERATURE SYRUQUE 



dernier, Marouta, se retira a Akoula (al-Koufah), 
629, il fut nomme metropolitain de Tagrit; il mourut t_ 
649. Une homelie pour le dimanche Nouveau (Quasi! 
modo) est mise sous son nom dans les manuscrital 
IVL Kosmo qui la publiee et traduite (Or. chrisL, 1 903)^ 
pense qu'elle est de Marouta de Maipherkat. II en e 
peut-etre de meme du commentaire sur les Evangile 
cite sous le nom de Marouta dans la Catena de Sev& 
(cf. p. 94). On a de lui une homelie sur la benedictic 
de I'eau la nuit de I'Epiphanie, quelques hyrnnes et del 
prieres. La Uturgie qui lui est attribute parait de beau^j 
coup posterieure a son cpoque. Michel leSyrien a insert 
dans sa Chronique (cf. p. 126) une Leiire de MarouL 
racontant les violences du nestorien Barsauma d<j 
Nisibe (cf, p. 50), non pas d'apres des documents, mail 
« d'apres les recits de vieillards veridiques », aveu qu 
diminue beaucoup lautorite de cette narration. 

Le patriarche qui avait sollicite la lettre est Jean I® 
(631-648), appele Jean des « sedras », a cause des priereJ 
liturgiques ainsi nominees dont il est lauteur. A Im 
aussi on attribue une Liturgie. Suivant Barhebreus/i 
aurait traduit 1'Evangile en arabe, a la demands 
Temir Amr ibn Sad, 

La vie de Marouta fut ecrite par son successe 
Denha (649-660), qui ne nous a pas laisse d autre ow 
vrage. Cette vie a ete publiee et traduite en franc 
par R Nau (Paris, 1905). 

Severe Sebokt. — Un contemporain de MaroL 
Severe Sebokt, fut im des plus brillants ecrivains foil 
mes a Tecole hellenistique du convent de Kennes_ 
(cf. p. 73). Nous n avons pas de details sur sa carric. 
U avait, semble-t-il, ete ordonne eveque du couve 
meme, et il y passa sa vie, adonne surtout a 1 etude u 
la philosophie, des mathematiques et de la theologie*'! 
mourut tres age en 667. Nous avons de lui un traite sur I 



DE [/INVASION ARABE AU X e SIECLE 83 

Isyllogismes des Analtjtka prlora d'Aristote; des fra* 
[pent, dun commentaire sur VHermdneutique et une 
tlettre, au pretre Aitallaha de Mossoul, su7quelque- 
gtames de ce traite; une lettre au periodeuie Jonas pou 

IjVienne 1870). Son Trade sur V astrolabe, plan, qui a de 

Ite ^ P T h ' S '° ire r deS ,den «» « Orien" a etl 
f imaf n 6 *»*«*"» '"^ise par F. Nau (JoaVn 
m ,1899). Une lettre au periodeute Basile de cCpTe 
Enute du quatomftme iour de la lune du mois de 22 

KS r P r / ann ^ 665i ' d ■'?* de ^ '* S exact de 
iJa fete de Paques,De 9 mss. du British Museum 5 sou J 

lettres a bergm*. abbe de Sin gar. sur deux discours de 
sain Cregoire de Naziance. Toutefois, comme FauteS 
d,s lettres est appe e ■ eveque de Nisibe',, on £ n dS 
Fde se demander s i] ne s'agit pas d un homonyme. 

* W hM ? S f IT ^ " r AU n ° mbre des ^ples qui 
l&udiaien a Kenneschre sous la direction de^eVeVe 

Hans les sciences philosophies, nous trouvons le moine 
IAthanase, onginaire de Balad. En quittant SiSSS 

Rr^.u" *»™r nt i deBGk m ** t dans le 
ilour-Abdin; la, vers 645 il tradmsit du grec Vfsagoge de 
iPorphyre et ur .autre Isagoge anonyme Le textf du 
Ipremier a ete edite par A, Freimann (Berlin, 1897)? Un 

Efii 1 ? B-K A n™ 6 re ^ ut . ;° rdJ nation sacerdo te e ? 
Ese hxa a JNisibe. Dans cette ville en 66Q h )* A J 

^^eu.^ued'AIep.etdarni^e^; 
,il traduisjt un cho.x de leUrcs de Severe d'Antioche Le 
fe? h ". e , de <f? coUection nous S parvenu 
E s 1903) be * taduit f» -*. Par W. Brooks (Lon 
|dres, IVU3). Athanase traduisit aussi une partfe des 



84 



LITTERATURE SYRIAQUE 



Homelies de saint Gregoire de Naziance. Elu patriarchal 
en 684, il mourut en 686. 11 est l'auteur dune lettre ency-' ? 
clique sur les rapports des chretiens avec les musulmans, . 
et de quelques prieres liturgiques. 

Jacques d'Edesse. — Jacques d'Edesse, le plus remark 
quable ecrivain de l'Eglise iacobite au VH C siecle* se 
distingua comme theologien, philosophe, histories! 
exegete, grammairien. Ne vers 633, dans le village d'EiH 
deba, au diocese d'Antioche, il passa ses premieres anneeM 
' au cilebre couvent de Kenneschre ou il eut pour maitre. 
Severe Sebokt, et pour compagnon d etudes le moinej, 
Athanase, qui, devenn patriarche en 684, nomma sonj 
ancien condisciple eveque d'Edesse. Jacques tenta deT 
retablir la discipline dans les couvents de son diocese; lal 
resistance des moines ayant trouve un appui pres dul 
patriarche Julien, successeur d'Athanase, 1 eveque prid 
un exemplaire des canons, le deposa a la porte du pa- 
triarche et y mit le feu ; « Je brule, dit-il, comme super- 
flues et inutiles ces regies que vous violez ». II se retiraj 
alors au couvent de Saint- Jacques, a Kaisoum. Peu dej 
temps apres, il fut appele comme professeur au couvent 
d'Eusebona, dans le diocese d'Antioche. Pendant onze. 
ans, il y expliqua les Ecritures.d'apres le texte grec. Ill 
renouvela et perfectionna l'enseignement du grec dans cej 
couvent. A la suite de difficultes avec les moines, il passai 
au couvent voisin de Teleda. II y etait depuis neuf ans,| 
occupe a la revision de 1 'Ancien Testament, quandj 
l'evequc Habib, qui lavart remplace a Edesse, vint a 
mourir. II reprit alors possession de son siege episcopalj 
Quatrc mois plus tard, eiant retourne a Teleda pour enj 
ramener ses livres, il mhurut dans ce couvent le 5 jurfl 
708, et il y fut enseveli. _ ■"? 

La revision de la version Simple de 1 Ancien Testa-^ 
ment entreprise par Jacques d'Edesse fut en realite le) 
premier travail systematique de massore jacobite. Jacques] 



DE l/lNVA5ION ARABE AU X B SIECLE 85 

fdivisa les livres en chapitres; il mit en tete de chaque 
gchapitrc un sommaire du contenu, et dans les marges il 
\inscrivit de nombreuses gloses : les unes pour noter les 
lyanantes des versions grecques et syriaques, les autres 
pour indiquer la prononciation exacte des mots. Le 
Pentateuque, les deux livres de Samuel, Isaie et Daniel 
nous sont parvenus dans cette revision avec de petites 
Jacunes; des autres livres nous n avons que des fragments, 
lOn a publie ce qui a pu etre retrouve de ses Sckohes, 
Poans la chaine dumoine Severe (cf, p. 94), ou dans les 
'citations des ecrivains posterieuis. On a egalement 
Jrecueilli tous les canons et les nombreuses Resolutions 
fcanoniques mises sous son norm Un manuscrit du XVII* sie- 
fcle liu attribue un traite des empechements de manage, 
Kent 1 authenticity ne nojs parait pas etablie. 
I La Chronique de Jacques etait disposee sur le plan de 
■telle d'Eusebe, quelle continuait jusqu'a Ian 692, annee 
ten laquelle elle fut redigee. Un inconnu la prolongea 
Busqu'a Tan 710. Les canons chronologiques sont pre- 
lude's de quelques chapitres dans lesquels l'auteur 
pretend rectifier Eusebe. Elle nous est parvenue fort 
mutilee. Les notices relatives aux quatre-vingts premieres 
Binges sont asscz bien fournies; mais il ne reste que des 
bribes de la suite. Tout ce qui en subsiste a ete publie et 
Jraduit en latin par E. W. Brooks (Paris, 1903). 
E On; doit encore a Jacques divers ecrits liturgiques 
[{revision de la Liturgie de saint Jacques,ritedu bapteme, 
Kte du manage, calendrier des offices, etc.), des homelies 
|p prose (sur le sacrifice de la messe, contre ['usage du 
gain azyme, contre les Armeniens dyophysites, contre 
Kux qui transgressent les canons, etc.), et quelques 
Lhomelies metriques. Chez les ecrivains de sa secte, 
U'eveque d'Edesse est souvent appele « laborieux » (phi- 
lloponos) et « interprete ». Les versions qu'il fit d'eeuvres 
precques Iui valurent ce titre, dit-on generalement. Je 
Ejroirais plutot qu'il lui fut donne. comme a Theodore de 



1 



86 



LITTERATURE SYRIAQUE 



Mopsueste, chez les Nestoriens, a raison de scs travaux 
sur les Ecritures. 

Sa principale traduction est celle des Homilies cathe- 
drales de Severe d'Antioche, que les Synens connais 
saient deja par une ancienne version de Paul de Calli~ :; 
nique (cf, p. 71), Jacques acheva la sienne en 701. Dans 
le manuscrit le plus complet (date de 708) les homeliea 
sont au nombre de cent vingt-cinq, divisees en trois 
tomes. Environ trente de ces homelies,ont etepubliees pat. 
divers auteurs. UOctoeuchus de Severe, recueil d'hymnes 
pour les fetes de l'annee, traduit en Chypre (vers 624) 
par Paul dEdesse, fiit revise en 675 par Jacques. Sa 
revision nous est parvenue dans un manuscrit du British'! 
Museum, qui parait etre Pautographe. Peut-etre retou-^ 
cha-t-il aussi la version des ceuvres de Gregoire de 
Naziance faite par Pabbe" Paul (cf. p. 79). II traduisit du 
grec YHistoire des Recchahites racontee par ZosimeJ 
apocryphe d'origine juive, Sa traduction a ete editee avi 
une version francaise par F. Nau (Paris, 1899). 

Une oeuvre plus personnelle de Peveque d'Edesse est 1 
son Enchiridion, ou traite des termes techniques de laj 
philosophic. II explique surtout les expressions em 
ployees par les theologiens telles que : essence, substance/ 
nature, hypostase, personne, etc. Cet ouvrage est inediti 

Mais Jacques merite surtout d'etre signale commi 
grammainen. Le premier parmi les Synens occidentaux, 
s'occupa de fixer la langue litteraire, d'etabKr lea regli 
de Porthographe, et de trouver un systeme de voyelles el 
de points qui assurat la prononciation exacte. Son ou-. 
vrage intitule Grammaire de la langue mesopotamietme ne; 
nous est connu que par de courts fragments. Beau^ 
coup de questions grammaticales sont traitees dans sea 
Lettres. Nous avons une lettre a Georges de Saroug si 
Porthographe, publiee (en 1869), simultanement pa: 
Phillips et par P. Martin. Une autre est adressee a Pai 
d'Antioche, sur Palphabet et la reforme de l'ecrituif( 




tim 



DE INVASION ARABE AU X e SIECLE 87 

jarmi les lettres qui abordent les sujets theologiques 
y en a une au pretre Thomas, pour expliquer la litur- 
r, une au diacre Barhadbeschabba, contre le concile de 
jalcedoine, document qui ne laisse aucun doute sur la 
royance monophysite de Pauteur. Une trentaine d'autres 
fpitres adressees a divers corrcspondants traitent 
J 'exegese, de discipline ou d'histoire. La plupart sont 
icore inedites. 

Vers la fin de sa vie, Jacques composa un traite De la 
iation et des creatures, partage en sept livres; le premier 
it consacre aux anges, le dernier a Phomme. L ouvrage 
est pas sans analogie avec les homelies de saint Basile et 
Jautres Peres, sur les six jours de la creation, et on lui a 
Wonne le nom d'Hexaemeron. Le chapitre consacre a la 
description de la terre n a Hen d original, mais procede 
"ectement de la geographic dePtoIemee, L'Hexaemeron 
it la continuation dun traite de theodicee intitule La 
; jse premiere creatrice, eternelle, toute puissantc et increie. 
le'tait^on le yoit, les deux parties dune encyclopedie 
jiologique, VHexaemeron a etc public, avec traduction 
Itine, par J,-B. Cliabot et A. Vaschalde (Paris, 1932). 
*Le traite de la Cause premiere ne nous est pas parvenu. 
)a a cru le retrouver dans une ceuvre connue sous le 
ibm de Caitsa causarum t dont le titre exact est Livre de la 
onnaissance de la Verite ou de la cause de Unites les causes. 
£«uleur sc donne, en effet, comme un eveque d'fidesse, 
irnfice destine a concilier quelquc credit a un ouvrage 
jllopique. II proposait de reunir tous les hommes en une 
j^Iecommunaute rdigieuse. Dans 1 'expose des dogmes 

Em tJ f nS ' ^ Vlte - t ce . qu * P ournut choquer les Juifs ou les 
MusulmanSp et il laisse paraitre ses sympathies pour la 
bjhilosophie mystique des Arabes. L 'ouvrage, tres bien 
fcnt,comprenait neuf livres. Nous n avons que les six 
Nfemiers et deux chapitres du septieme. La seconde 
-""iie est une sorte d encyclopedic des sciences, ou Pau- 
"a reuni, avec quelques notions originales et person- 






°° LITERATURE SYRIAQUE 

nelles, les connaissances qui etaient enseignees en Syriel 
la fin du xi e siecle, date de la composition de I'ouvrage 
L ouvrage a eie edite par C. Kayser (Leipzig, 1889) etl 
traductjon allemande de lediteur a ete publiee apres" 
mort par Siegfried (Strasbourg, 1893). 

Georges des Arabes. — Jacques d'Edesse laissa ir3 

cheves les derniers chapltres de VHexadm&ron. LottlQS 

fut complete par son ami Georges devenu, en tu 

eveque des tribus nomades des Arabes chretiens del 

Mesopotamia fort attaches aux doctrines monophysite 

7^ S1 rv e ? pJsc °P a ' etait a Akoula. Georges mourut-« 

'24. Disciple d'Athanase de Balad, il cultiva commel 

la philosophic peripateticienne. Son ouvrage Ie pt 

important est une version de VQrganon d'Aristote; n<| 

nen possedons qu'une partie (Categories, HermenGB 

tique, l er Iivre des Analytiques). Chaque livre estprece^ 

d une introduction et suivi dun commentate, « Parmi Je 

commentaires syriaques je n'en ai trouve aucun qui puia 

lui etre compare au point de vue de i'importance^ 

1 ceuvre et de la methode exacte de I exposition » (Renaft 

^ Dans le domaine de la theologie, nous devons a^S 

eveque, un recueil de scholies sur les Homelies d 

Gregoirede Naziance; un commentaire sur les sacremenfl 

et quelques homelies metriques. Ses decisions canoniquei 

et ses scholies sur l'Ecriture ne sont connues que par de 

citations, Mais sa correspondance, en partie conserve" 

dans un manuscrit de la fin du VIII" siecle, est du plu 

haut interet. Une des trois lettres au reclus Jesus did 

mb (pres d'Alep) est une vigoureuse critique d'Aphraat 

de sa distinction entre Tame et 1 "esprit, de sa doctrine £ 

1 Esprit saint et de sa chronologic One autre a Mari, abB 

de Teleda, est dirigee contre les Nestoriens; deux a JeaSu 

le styhte traitent de chronologie et d astronomic; uiii 

jV* reau mgme J ean * dat ^ e ^ e 7I5,explique des passage 
difhciles des Lettres de Jacques d'Edesse. 



DE L INVASION ARABE AU X e SIECLE 



I I 1 1 ■ 



89 



D , JfW» le atylite. — Jean de Litarba (al-Atharib, pres 
j.d AIep),un des correspondants de Jacques d'Edesse et de 

PS e n r86 L A CS Arabes * v ^ CQt Jusqu'en 737. Denys de 
t ;.Tellmahre Ie range parmi les chronographes dont il s'est 
P servi; son ceuvre historique nous est inconnue. Nous 
tnavons de lui que quelques Lettres. 

Elias, — Dabord moine au couvent de Goubba- 
fcBarraya, puis eveque d'Apamee, Eltas fut elu patriarche 
"ten 709; il mourut en 724. II avait appartenu au parti 
tdyophysite. On possede de lui une Apologie, en reponse a 
lialettre que luiadressa Leon, eveque melchite deHarran, 
-pour lui demander les raisons de sa conversion a la doc- 
itrine monophysite. 

\v ^ e .M 0N avait suc cede a Constantin, auteur d une 

^Exposition du symbole de Nicee, dun traite contre 

FS^vere d'Antioche, et d autres ouvrages de controverse 

fediriges contre les monophysites. Constantin et Leon 

■Wo* ' es disciples de Feveque melchite Georges de 

|JVlartyropolis, e'est-a-dire de Maipherkat, et non pas 

|de Tagrit, comme ont transcrit Assemani et d'autres a sa 

Isuite. II y aurait lieu d'examiner les citations du traite de 

Bsamt Jean Damascene Contre les Jacobites qui se trouvent 

dans TApoIogie d'EIias. 

A la seconde moitie du siecle appartiennent deux chro- 
l niqueurs : Daniel, fils de Moise, du Tour-Abdin, cite 
\ par Denys de Tellmahre et par EHe de Nisibe; Jean, fils 
tie Samuel, a de la contree occidental », mentionne 
' seulement par Denys, 

Le pseudo -Denys. — En 775, un moine du couvent de 
ZoUcrnV dans le Tour-Abdin, forma une precieuse 

J compilation historique, Le nom du compilateur a disparu 
avecles premiers feuillets du manuscrit. Assemani, qui 

.fit.de tres larges emprunts a I'ouvrage, 1'avait faussement 



90 



LITTERATURE SYRlAQUE 



attribuc a Denys de Tellmahre. Cette chronique, assez mal" 
redigee et peu soucieuse de I'exactitude chronologiquv 
renferme de nombreuses notices Jnconnues par ailleurs.I 
Elle est divisee en quatre parties. La premiere va du com-'? 
mencement du monde a Constantin le Grand. Lauteurl 
copie un epitome de la Chronique d'Eusebe dans lequel il 
a intercale des extraits de la Chronographie de Jules I 
TAfricain, de la Chronique d'£desse (cf, p. 68), de laj 
Caverne des tresors (cf. p. 77); du roman d'Alexandrel 
(cf. p. 78), de l'Histoire des Sept Dormants d'Ephesej 
et dautres apocryphes. La seconde partie s'etend de* 
Constantin a Zenon. Elle est tiree presqu'entierement-s 
de rhistorien Socrate, complete a 1 aide de quelques;- 
documents traduits en syriaque, comme les Plerophories* 
de Jean Rufus (cf. p. 152), et YHeneticon. La petite 
Chronique jadis attribute a Josue le Stylite (cf. p. 68) est,. 
inseree contre la deuxieme et la iroisieme partie. Celle-ci^ 
commence au temps de Zenon et s'arrele a Justin IL Elle':! 
.reproduit litteralement et presque integralement lal 
seconde partie, aujourd'hui perdue, de VHistoire eccUM 
Siaslique de Jean d'Asie (cf. p. 75), qui renfermait ; - 
quelques documents importants, cntre autres la lettre de 
Simeon de Beit Arscham (cf. p. 70). La quatrieme partie, 
teuvre personnelle de Fauteur, est redigee sous une forme: 
tres concise pour les annees 487-715, un peu plus deve- ■ 
loppee pour les annees suiyantes, et d'une prolixite fas-; 
tidieuse dans le recit interminable des calamites eprouvees I 
par les Syriens de Mesopotamie durant les annees 767- I 
775. J'ai public integralement le texte de cette Chronique 
et je me propose d'en donner incessamment la traduction | 
latine. 

Lazare de Beit Kandasa.— Lazare de Beit Kandasal 

qui ecrivait vers Tan 775, est I'auteur d un commentaire j 
sur le Nouveau Testament, en partie conserve. Ce n'est, 
qu une compilation* Pour les fivangiles, il utilisa Jacques 1 



DE L INVASION ARABE AU X e SIECLE 91 

leSaroug, Cyrille d'Alexandrie, Epbrem et, a I'occasion, 
tieodore de Mopsueste. Le commentaire des Epitres est 
i simple abrege de Chrysostome. 

J'Theophile d'Edesse, — Theophile, fils de Thomas, 

[appele « chalcedonien » par Denys de Tellmahre et 
rmaronite » par Barhebreus, fut un astronome distingue, 

fort estime du calife al-Mahdi. II mourut en 785. On a 
quelques citations de ses traites d 'astronomic, et quelques 
gnes de sa traduction syriaque d'Homere (Made et 
jdysse'e; au complete). II ne reste rien de sa Chronique 
lans laqnelle, au dire de Denys, il avait laisse de cote 

[les hisloires favorables aux Jacobites. 

David. — David, fils de Paul, de Beit Rabban,ne dans 
Lia region de Ninive, etait entre dans un couvent du mont 
fSingar. II le quitta en 784, a la suite d'une discorde avec 
D'evcque, et fut suivi par quaranle moines. Nous avons de 
Bui quelques^ fragments dun ouvrage grammatical. 
Fun commentaire sur le chapitre X de la Genese; un Dia- 
\logue cntre un melchite et un jacobile, au sujet de [addi- 
ction au Trisagion des mots « qui crucifixus es pro nobis », 
!ct des Lettres. L'une de celles-ci, adressee a un certain 
leveque nomme Jean, parle de l'inventeur des points 
•tusiles dans les mss. bibliques. Elle a ete publiee par 
^Rahmani (Charfe, 1904). On a edite sous le nom de 
jDavid des poesies d'epoque posterieure, probablement 
ties ceuvres de quelque obscur anonyme (cf. p. 139). 

*- Georges de Bc-Ithan. — Georges de Belthan, apres 
[avoir etudie au couvent de Kenneschre, devint le syncelle 
He Thomas, eveque de Samosate. En 758, n'etant que 
f'diacre, il fut elu pour succeder au patriarche Athanase III. 
| 4 Un parti influent d'eveques lui opposa Jean de Callinique, 
[qui mourut au bout de quatre ans et fut remplace par 
ipavid de Dara, A Instigation de ce dernier, le cajife 



92 



UTTERATURE SYRIAQUE 



oufl 



tee 



al-Mansour fit Jeter Georges en prison. II y demeu 
pendant neuf annecs. Le calife al-Mahdi ]ui rendit ■ 
liberie .11 mourut en 790, an cours d'une tournee 
toraJe. Un manuscnt (mcomplet) nous a conserve 
Lommentaire sur 1 evangile de saint Matthieu, base 
Uirysostomejes Cappadociens etPhiloxenedeMabb 
V " a 7« re "J?" u scrit contient sa lettre synodale, date 
Ian 785. Michel a msere dans sa Chronique la majei 
partie de la lettre de Georges au diacre Gourla, sur 
tormrte liturg.que « panem cadestcm frangimus », q 
taisa.t alors 1 objet de vives discussions parmi Ies Syrie 
et hit cause de schismes sous les successeurs de 
patriarche. 

Cyriaque.— Apres le patriarche Joseph, qui mourut a 
bout de deux ans, le choix des eveques se porta su 
L.YRIAQUE moine du couventdu Pilier pres deCalliniq ue 
originairede Tagrit. U fut ordonne en 793, et mourut 
» I /. bes v.ngt-quatre annees de pontificat se passerent e 
luttes continuelles. Les eveques dissidents et les moine 
rendirent vains les efforts de Cyriaque pour reformer hi 
iiturgie et pour faire l'union avec les Armeniens julial 
mstea. Les decisions canoniqucs prises par lui au synodl 
de beit Botin dans le diocese de Harran, sont conserv&l 
ainsi que des fragments de Lettres, et une homelie sur lal 
paraboie de la vigne. UneLiturgie est mise sous son nornS 
bon importante ettre dogmatiquc adressee au patriarch^ 
Marc d Alexandra n est connue que par une version! 
arabe. i ous ces documents sont inedits. 

Denys de Tellmahre. — Denys, originaire de Tell 
mahre fut elu en 818 pour succeder au patriarche Cyrh" 
que; il vecut jusqu'en 845. II continua, pendant son' 
patriarchal tres agite, les etudes qu'il ava it commence* 
alors qu if etait s.mple moine, d'abord au couvent de 
Kenneschre, puis, apres l'incendie de ce dernier a ce 



apit, 



noms 



de l'invasion arabe au x s siecle 93 

l&int-Jacques de Kaisoum Son ceuvre principal est 

vHistoire. Elle comprena.t deux parties, en seize livres 

pes en chapitres et el le embrassait un espace de deux 

* soixarte ana, depu.s lavenement del'empereur 

iur.ee (582) jusqu'i la mort de Theophile (842) Dell 

[aeon originate de cette oeuvre, d'une importance 

tale pour 1 histoire des eg ises syriennes, il ne nous 

e quun chap.tre. Mais 1 ouvrage a dte largement 

Jise resume, ou meme parfois servilement copic par 

ichel le Synen (p. 126) et par 1'auteur dun "a* e 

;rr nonyme (p -' '? 9) - Denys nWait ^ sles 

pe chronique, mais b ien une suite de recits plus ou 

ms etendus Son cnivre peut etre compares, pour le 

intr' " ^ bSenCC de ****** "**£ de 

.Beodose.-Frere du patriarche Denys, tres verse dans 

connaissance du grec, Tiieodose est 1'auteur d'une 

iduction synaque des poemes iambiques de Gregoire 

kNaziance, e de 1'homelie de ce Pere sur les m Ses 

J .prophete : Hie. Ordonne metropolitan d'Edesse pa 

Cyriaque, Theodose mourut avant son frere, qui lui donna 

|n successeur anterieurement a Pan 834. 

tl^wJ^'T L//& *«« ^ Denys de Tell- 

toahre etait dediee a Jean De Dara. Nous ne savonsrien 

far la vie de cet eveque qu, fut un theologien distingue. 

B composa des commentates sur la Hierarchic celeste et 

ttla Hterarche ecclesiaslique du Pseudo-areopagite; un 

miortant tra.te Sur Vame, et un autre en quatre iivres 

m la resurrection des corps, ceuvre de grand intefet et de 

pand savoir. II est egalement 1'auteur d'un traite Sur le 

K ' 6 ' V f M ar °|?' tes ° nt dfi m«qne pour 1'attri- 

feserves. M. Sanda en a entrepris 1 edition. 



\tmmm 



94 



LITTERATURE SYRIAQUE 



Antoine,— Le moine Antoine Ie Rheteur, qui vivait 4 
Tagnt au temps du patriarche Denys, est ainsi surnommj 
a cause de son Traite de Rhetorique. Get ouvrage, coral 
pose en 825, jouit d'un grand credit chez les Syriens; il esjl 
divise en cinq livres. Le dernier constitue un traite trej| 
deyeloppe de Metrique syriaque, auquel ont puise let! 
f CT1 T™? P° st <^ eurs . et en particulier Bar Schakal«i| 
(p. 130). Nous avons encore d 'Antoine un livre sur Li 
Providence en quatre parties; un traite du saint Chremejj 
des panegyriques, des Iettres de consolation, quelqueii 
hymnes et prieres rnetriques. Un des premiers parmi le 
Syriens, i! fit usage de la rime dans ses poesies. 

Lazare bar Sabta.— Lazare bar Sabta, qui avait priaj 
Ie nom de Philoxene en devenant eveque de Bagdad, futl 
depose en 829. II est l'auteur d'une Liturgie et d'unej 
explication du rite du Bapteme, 

Parmi les accusateurs de Lazare figurait NoNNUS 
archidjacre de leglise Jacobite de Nisibe, le plus distingufl 
polemiste de son epoque. II nous reste de cet auteur trois 
Iettres sur des questions dogmatiques, et un traite 
controverse en quatre livres contre le nestorien Thomas 
de Marga (p. MO). Nonnus composa cet ecrit dans fflj 
prison ou 1 avait fait jeter le gouverneur de Nisibe. 

Les dermers ecrivains que nous avons cites nousl 
reportent au debut du ix e siecle; I'Eglise Jacobite esi 
moms ben representee dans la litterature vers Ie miliet 
de ce siecle. 

Catena Patrum.— Un humble moine nomme Severe! 
du couvent de Sainte-Barbe, dans la montagne d'Edessej 
a bien merite de la litterature syriaque en passant dix ant'' 
de sa vie a compiler une celebre Catena Patrum, off 
extracts des ouvrages des Peres, disposes de manierei 
former uncommentaire continu sur la majeure partie des 
livres de I Ancien et du Nouveau Testament. D'aprM 



DE L'lNVASION ARABE AU X? SIECLE 95 

l'auteur, ces extraits ou scholies *nr*t *„ 'u i 

ft'lT' J n ° tabIes Pities des commentaires auiour- 

litj -^ Samt Ephrem ^ de J*W d'Edes e It 
Nautres exegetes nous ont ke ainsi conserves L' u 
rvrage fut termini Ie 25 mars 861. Les copistes y ont pa? t 
suite, ajoute quelques compliments. Ce S£ 

f Patriarche en 887 et prit le nom 151 O i'" 
IcJiapitre, qu.est t&piti ensuite par courtes sections Han! 

iTj;i:zT et une mtroduction •*& ■" s 
pKa^i; iztm^ jac ; bites : Moyse 

frj* o ■ \ - it-vner J\jj f a \ asm de ouatrp-vinr^ 

1 And. , et dev.nt pl„ s t„J twtqae j diocese de MosZl 

tei^ asfer sirs s 






I: 



96 



LITTERATURE SYRIAQUE 



DE l'invasion ARABE AU X° SIECLE 



97 



i 



:. 



Barhebr£us,parait peu original; certaines parties (Genese,JI 
Evangiles, Epitres Pauliniennes) sont plus ou moins;^ 
completement conservees. Barhebr£us cite aussi de lui un:{j 
commentaire sur la dialectique d'Aristote, que nous ne#s 
connaissons pas autrement. Son traite sur la predestina- 
tion et le libre arbitre, divise" en quatre livres, s'efforce de % 
concilier la prescience divine et la liberte humaine. Son 1 
Hexaemewn depend en grande partie de celui de Jacques 
d'Edesse (cf. p. 87); le traite en trois livres Sur le Paradis 
(TEden, qui en etait la suite, nous est connu seulement par ■ 
la version latine d'Andreas Masius (Anvers, 1569), 
reimprimee dans la Patrologie grecque (t. CXJ). Le ms.-s! 
dont setait servi le traducteur est perdu, et on n'en con- 
nait point d'autre. Un passage de 1'ouvrage nous apprend t j 
que Moyse avait aussi ecrit un traite Des sectes, ceuvre; 
de polemique dogmatique qui nous est inconnue. Nous | 
avons son traite sur les Sacrements, Un recueil d home- 
lies pour les principales fetes de l'annce lui est attribu^ 
dans certains manuscrits. On peut douter de I'exactitude? 
de cette attribution. Dcs deux Liturgies mises sous son 
nom, l'une au moms est apocryphe; mais diverses expo- 
sitions de rites et ceremonies paraissent bien lui appar-'jj 
tenir. Son biographe parle encore de deux tomes (incon-' 
nus) sur les ecrits de Gregoire de Naziance, et d'unejj 
Histoire ecclesiastique que ni Michel, ni Barhebreusf 
n'ont citee et dont 1 'existence reste problematique. 



II. — Les Nestonens. 



jesuyab IL — Quand Cawad II autorisa la reunion duj 
synode pour ('election dun patriarche (628), le chou9 
unanime des eveques nestoriens se porta sur Babai alors* 
age de quatre-vingts ans; mais il refusa cette dignite. Ellei 
fut conferee a leveque de Balad, JESUYAP de GhedaM 



}joudal, pres de Mossoul), habile politique que Boran, 
He de Chosroes,cnvoya en ambassade a Heraclius (630). 
I avait etudie, puis enseigne, a l'Ecole de Nisibe. Ebed- 
K&us lui attribue des Homelies, des Histoires (probable- 
Iment monacales), un Commentaire sur les Psaumes et des 
lUttres. Tous ces ouvrages sont perdus, a Texception 
Rune lettre dogmatique adressee a Rabban Abraham de 
Bteit MadaL Jesuyab II mourut en 644. 

P Joseph Hazzaya. — Joseph surnomme Hazzaya 

Hie Voyant) t etait persan dorigine. Fait prisonnier par 

Bes troupes du calife Omar (634-644), il fut vendu 

[comme esc lave a un chrelien qui raffranchit, apres lavoir 

FconvettK Rendu h la liberie, il se fit moine et dirigea 

*M couvent dans le pays de Cardou (Curdistan), puis 

telui de Boktjesus, pres de la ville de Zinai. Son frere 

put le trouver, recut le bapteme et prit aussi 1 'habit 

■rionastique^ il s'appelait EBEDJESUS. Joseph qui ne 

malt d'ecrire, publia ses ouvrages sous le nom de son 

ike. Le Catalogue d'Ebedjesus de Nisibe lui attribue 

nille neuf cents traites, et en d£signe plusieurs; entre 

Jutres le Livre des Tresors, sur des questions abstruses; 

fijivre sur les malheurs et les chatiments; celui sur la 

Uson des principals fetes de l'£glise; puis le Paradis des 

yttentaux ou Vies des ascetes de TOricnt, ecrit a I'imi- 

inon dePalladius. 11 mentionne encore des commentaires 

ur « le Marchand » (Isale de Scete), sur le Pseudo- 

jeopagite, sur les Capita scientim d'Evagrius; une 

^plication des visions d'Ezechiel et de saint Gregoire; 

fa,, epitres sur la vie monastique. Joseph se montra 

ptisan deHenana; il fut combattu par Babai dans son 

riftf de V union, et dans des Lettres (p. 61); « Parce 

Ell avait ecrit quatie traites qui ne furent pas approuves 

Kir les docteurs de 4'Egljse f le patriarche Timothee 

ynathematisa », Son histoire fut ecrite par Nestorius, 

"fut sacre eveque de Beit Nouhadra en 790. 



littrfatuhf: syriaque 



98 



LITTERATURE SYRIAQUE 



Sahdona. — Sahdona, aussi appele Martyrius (traducj 
tion de son nom syrien), naquit au commencement du 
Vll a siecle a Halmoun, village du Beit Nouhadre. ■ B 
quitta Nisibe, ou il avait acheve ses etudes, pour sd 
mettre sous la direction de Jacques, fondateur du celebrl 
couvent de Beit Abe (maison des Bois). Plus tard, il fuj] 
nomme eveque de Mahoze d'Arewan, dans le Bq| 
Garmai t et fut adjoint a Jesuyab de Ghedala dans son 
ambassade a Heraclius. Au retour, pendant un court 
sejour a Apam^e, a la suite de discussions avec les moinej 
de Syrie, il abandonna la doctrine nestorienne, non pat 
pour le monophysisme, mais, a ce qu'il semble biery 
pour la doctrine du conci!e de Chalc^doine. Chasse de 
Mesopotamie, il retourna en Syrie et fut nomme evequa 
d'Edesse par la faveur de l'empereur Heraclius. II ne 
demeura que peu de temps dans cette ville; il se retire 
dans la montagne et mourut dans la solitude. 

Sahdona avait ecrit une oraison funebre de son maifcrg 
Jacques de Beit Abe, ainsi que la Vie de ce moine et celfl 
de quelques autres ascetes. Son oeuvre la plus considerabM 
fut un traite d'ascetisme en deux parties; la premiere 
comprenait quatre livres repartis en vingt-deux chapitroi 
la seconde une serie unique de quatorze chapitres, Cetto 
seconde partie et six chapitres de la premiere sont com 
serves a Strasbourg, dans les restes d'un manuscrit di 
VIII siecle, provenant du Mont Sinai'. II a ete edit£ 
P. Bedjan (Paris, 1903) sous le tit re de Livre de la P\ 
fection des azuvres, Les six chapitres subsistant de 
premiere partie (un chapitre deplace, et les cinq < 
quatrieme livre) parlent de la vie monastique, du d 
chement du monde, de la vie commune, de la vie solitai] 
et de ses combats. Les chapitres de la seconde pi 
traitent de la foi; de l'esperance; de la charite* paj 
envers Dieu et le prochain; de la pauvret^ et de Tabu, 
gation; de la virginite et de !a chastete; du jeune tif 
la mortification; de ('office divin, de la priere, de 




DE l/lNVA5ION ARABE AU X° SIECLE 



99 



Messe, de 1 action de graces apres la communion, de la 
Kecture et des veilles; de la penitence; de I'humilite; de 
Jobeissance; de la patience; de la vigilance sur les pens^es, 
tes paroles et les actions. Tous ces chapitres sont remplis 
de sages considerations, dignes des meilleurs maitres de 
lb vie spintuelle, D apres les lettres de Jesuyab III il 
Kible que 1 ouvrage doctrinal de Sahdona etait intitule 
■tonfre les heretiques, et qu'il aurait M different du traite 
|a£cetique.Nous avons aussi de lui cinq epitres adressees 
K des moines. Bedjan en a publie le texte. 

£ Jesuyab III. — Lapostasie de Sahdona causa un 
brand scandale dans I'Eglise nestorienne. II rencontra 
bn redoutable adversaire dans son ancien condisciplc 
■Jesuyab (II) 1 Adiabenien, fils dun richc person nomm(5 
■Basjoumagh, du village de Kouphlana, Jesuyab, apres 
livoir termine le cours de ses etudes a Nisibe, fut promu 

B lepiscopat et occupa le siege metropolitain d'Arbeles 
H-Ja mart du patnarche Maremmeh (647), il fut choisi 
■pour Jui succeder, et gouverna I'Eglise nestorienne 
Ktisqu a sa mort (658). 

^L'oeuvre Htteraire de ce patnarche est considerable • 

tune refutation des heretiques, ecrite a la demande de 

Bean, metropolitain de Beit Lapeth; divers traites de 

■introverse;des discours funebres et autres; des hymnes; 

foe exhortation aux novices; de nombreux ouvrages 

■urgiques; des Lettres; enfin une Histoire de Jesusa- 

an, celebre martyr nestorien, convert! de la religion 

ge Zoroastre au christianisme, emprisonne a Arbeles 

«ndant quinze ans et crucifie, en Tan 620, avec douze de 

es compagnons. Ce recit est une des meilleures produc- 

gons sortie de la plume de Jesuyab. Nous avons donne 

■p edition du texte et une longue analyse de son con- 

Oiu. L auteur doit etre place" au premier rang parmi les 

jenyams nestoriens; il est de ceux qu'on peut citer comme 

pjeies de la langue syriaque. Son style est elegant, varie, 




100 



LITTERATURE SYRIAQUE 



parfois recherche, toujours pur et correct; mais aussi 
peu prolixe, comme chez la plupart des Orientaux. 

Cent quatre de ses Lettres nous sont parvenues daru 
un beau manuscrit du VIII siecle conserve a la Biblio- 
theque vaticane. En dehors de leur mente litteraire, elleSj 
constituent un precieux document pour I histoire de ( 
l'Eglise nestorienne a cette epoque; les plus interessantefl 
sont celles qui ont trait a Sahdona, et celles qu'il adressn 
a Simeon, metropolitan! de Rewardaschir, qui refusaia 
lobeissance au patriarche. Une edition du recueil a itS 
donnee,avec traduction latine, par R, Duval (Paris, 1904)3 

Jesuyab revisa aussi lc Rituel et surtout le BreviaireS 
II arrangea le livre appele houdhra, qui est comme notre^ 
«Propre du temps » et contient les offices des dimanchesj 
de toute Tannee, ceux du Careme et du Jeune des NiniJ 
vites. Il regia les ceremonies du bapteme, de 1 absolution! 
des apostats, des heretiques, des penitents publics, dl 
la consecration des autels, etc. Dans cette reforme Iiturjj 
gique, le patriarche fut aide par un de ses ancicns conw 
pagnons d'etude nomme Ananjesus. 

Ananjesus. — AnanjESUS avait embrasse la vie mo 
nastique. Pris du desir de voyager, il se rend it a Jer 
salem et, de ia, au desert de Scete, ou il s'initia au gen 
devie des moines egyptiens, A son retour, il abandon 
le Grand-Couvent dlzla et se retira a Beit Abe. Nriy 
connaissons plusieurs de ses nombrcux ouvrages. II avait 
compose un volume de definitions philosophiques, ave 
de copieux commentaires; un traite sur la prononcia* 
tion des mots difficiles qui se rencontrent dans les ecritj 
des Peres, et un autre sur les mots ambigus. 

A la demande du patriarche Georges (658-680), Anai 
jesus composa, ou plus exactement compila, une redac 
tion nouvelle du Paradisus Patrum de Palladium et jdg 
saint Jerome, enrichie dadditions puisees a d'autre 
sources ou dans ses souvenirs personnels* Cet ouvrage 




DE L*INVASION ARABE AU X c SIECLE 



101 






devint des lors le principal livre de lecture a Iusage des 
Jnoines dans tous les couvents nestoriens. L 'edition pra- 
tique du texte qua donnee le P. Bedjan (Paris, 1897), 
1'apres {'ensemble des manuscrits, comprend quatre par- 
ies : 1° le premier livre de Palladium; 2° le second livre; 
fele livre de saint Jerome (en realite de Rufin),- 4° le 
Jroisieme livre de Palladius, titre errone sous lequel on 
Hrouve les Apophtegmes, au nombre de six cent vingt- 
nept, groupes par chapitres; puis cent cinquante-trois 
Questions et reponses, des exemples, des conseils, et de 
Snouvelles questions au nombre de cent trente-trois. 
lUne recension un peu differente a ete publiee, avec 
[traduction anglaise, par W. Budge (Londres, 1904). 
tUne edition critique de Touvrage serait utile pour la 
Recension des textes grecs primitifs. 

C Daniel bar Matyam. — Daniel bar Maryam, con- 

Remporain du patriarche Jesuyab III, est donne comme 

Ilauteur dune _ Explication du calendrier, et dune 

dtfistoire ecclesiastique en quatre livres, dont il ne nous 

[Teste rien dans le texte original, mais qui fut utilisee par 

Sauteur anonyme de la compilation arabe editee sous le 

[Etre de Chronique de SeerL Peut-etre doit-il etre identifie 

jec Daniel bar Toubanita (fils de la Bienheureuse), 

Mque de Tahal, dans le Beit Garmai, qui ecrivit des 

jraisons funebres, des homelies metriques, des reponses 

hir des Questions bibliques, un Livre deFleurs qui semhle 

Etre une anthologie poetique, et la Solution des questions 

ftor le V* tome des ceuvres d* Isaac de Ninive. Aucun de ces 

guvrages n est conserve. 

|Jean le Persan. — La Vie de Bar Edta, mort en 61 1, 
bndateur d'un couvent celebre,aete ecrite par un moine 
Kimme Jean, et surnomme le Persan, pour le distinguer 
flu moine Jean du Beit Garmai, avec lequel il a etc" sou- 
lent confondu. Ce demier, disciple et successeur de 






t; 



102 



LITTERATURE SYRIAQUE 



DE LINVASION ARABE AU X° SIECLE 



103 



Jacques de Belt Abe, finit par se retirer clans un couventl 
de son pays natal, fonde par un certain Ezechiel, pres de? 
Dakota. II est lauteur des Vies d'Abraham, abbe dui 
mont Izla, et de Mar Kodawai, fondateur du couvent del 
Beit Hale, pres de MossouL II ecrivait vers 660. On luff 
attnbue un Recueil de maximes et des Regies monaS-jf 
tiques qui nous sont inconnus, 

Sabarjesus. — Sabarjesus surnomme Rostam, naquitil 
Herem, village de TAdiabene, Attire par la vie monas-f 
tique, il entra au Grand-Couvent du mont Izla (versj 
630); il le quitta pour celui de Beit Abe et, de la, 
passa a celui de Beit K6ka, ou il mourut (av. 680). Ill 
ecnvit les biographies de plusieurs abbes et de rnoine*! 
illustres notamment celle de Sabarjesus, fondateur. del 
Beit Koka, qui nous est parvcnue. II composa un grand 
ouvrage centre les heretiques, un traite en huit livres surg 
Notre-Seigneur et la mission des Apotres, et plusieurs? 
ecnts ascetiques : il ne nous en reste que des citations. 

Georges. — Ne" a Kaphra, dans le Beit Carmai, del 
parents riches, Georges se fit moine au couvent de Beitf 
Abe. II en sortit pour devenir metropolitain d'AdiaS 
teoW da ? nsuite k Jcsuyab III commc patriarchc ' 
(BMHlW), 1] est I auteur de canons et dune lettre dog- 
matique conserved dans le Synodicon (cf. p. 109). II nc 
nous reste rien de ses Homelies. 

iJP^T L ^ v eque de Mer v, Elias, qui prit parts 
I election du patnarche Georges, est donne par Ebedjesufl 
comme auteur d une Chaine des Peres sur les quatrf 
hvangiles, de commentaires sur divers livres de FAqa 
cien Testament, d une Histoire ecclesiastique et de Let! 
tres. Aucun de ces ouvrages ne nous est parvenu. 

Gabriel. — Gabriel, surnomme Taureta (la Vachel 
etat ongmaire de la province de Siarzour. Apres a* 



lacheve le cours de ses etudes, il entra au Grand-Couvent, 
-qu'il quitta plus tard pour celui de Beit Abe dont il 
E;devint superieur sous le patriarcat de Henanjesus I er 
■ (686-701). II prit une part tres active aux controverses 
Icontre les moines Jacobites du couvent de Carramin, pres 
[de Mardin, et contre Sahdona. II se rendit meme a 
[Edesse, aupres de ce dernier, dans Tespoir de le ramener 
[au nestorianisme. Ses travaux les plus remarquables sont 
tune vie de Narses, abbe du Grand-Couvent; une home- 
I lie pour le jour de la Passion, et une histoire des martyrs 
[du Tour-Berain (Adhourparwa, Mihrnarsai et leur 
Uoeur Madoukt), mis a mort par Sapor II, la 9 C annee de 
fionregne (317-318), bien avant le commencement de la 
^grande persecution. 

. A la litterature nestorienne de cette epoque appartient 
Fune petite Chronique anonyme (peut-etre le dernier 
''chapitre dun ouvrage plus etendu), qui commence a la 
•mort d'Hormizd, fils de Chosroes (590), et s'arrete a 
flan 680. Elle traite de I' histoire ecclesiastique et de 
fThistoire profane, et nous a apporte des informations 
'nouvelles sur les derniers temps des Sassanides. Une 
([premiere edition*^ ete publiee par Ign. Guidi (Leide, 
: 189I), et fut traduite en allemand par Th. Noldeke 

(Vienne, 1@93). 

Henanjesus I er > — Le patriarchc HENANJESUS I er 

J(surnomme heghtra, le Boiteux), fut elu en 686. Avec le 
1'concours du calife Abdelmalik ibn Mar wan, Jean de 
I Dasen, eveque de Nisibe (surnomme garba, le Lepreux), 
lie fit deposer et jeter en prison, et s'empara de l'autorite. 
J Deux ans plus tard, apres la mort de son rival, le patriar- 
chc reprit possession de son siege et gouverna I'Eglise 
r jusqu'en 701. II fut enterre au couvent de Jonas, pres de 
S'MossouI. Ses oeuvres compretiaient des homelies, des 
KiscourBj des lettres, une Vie de son contemporainSergius 






m 






'.''Si 



104 



LITTERATURE SYRIAQUE 












. 



Dewada des sentences jundiques, un commentaire sue 
lea Analyhques et un traite qui porte un titre enigma! 
tique « sur le double role de l'Ecole » ou « sur la doubl 
mamere de comprendre ». De tous ces ouvrages noil 
n avons que decourtes citations. 

Isaac de Ninive. — Isaac, originate du Beit Q a J 
raye avait U <ctU eveque de Ninive par le patriarch* 
Georges I« (658-680), dans le monastfre de Beit S 

i w* mo,s ' l] abdi <J ua e ' se retira dans la mod 
tagne de Matout, dans le Beit Houzaye, ou il vecut M 
anachorete. Plus tard, il passa au couvent de Rabban 
Uchabhour et y termma ses jours dans une profondl 
vieillesse I ecrivit de nombreux traites sur la vie monas? 
tique. tbedjesus Jul attnbue « sept tomes sur la direction 
de 1 esprit, sur les divins mysteres, sur les jugements e 
ia providence ». Une partie de ces ouvrages a &e con 
servee; une autre partie a ete interpolee ou confondu 
avec les ceuvres d un homonyme. La notice mise en M 
de la traduction arabe, d'apres laquelle Assemani a voufo 
ra.re de cet ccriyam un auteur orthodoxe, est une auda? 
cieuse falsification; un moine Jacobite a substitue It 
couvent de Mar Mattai a celui de Beit AW, le desert # 
bcete au Beit Houzaye\ et il fait vivre Isaac au commence 
ment du vi« sifecle. D'apres les traites qu'on pent regard* 
comme authentiques, les ceuvres d 'Isaac sont de premie^ 
importance pour 'intelligence des conceptions mystique! 
des byriens. Sur Ia foi des mss., P. Bedjan a pubW unci 
sene de quatre-vingt-deux chapitres ascetiques, qui onl 

lfe«n ™ angklS Pa w A - We nsinck (Amsterdam] 
\1L5). U est a noter que I ouvraee ne parait pas corre 
pondre aux notions que nous avons par ailleurs sur 
division des ceuvres d Isaac. 

Hie de Nisibe (cf. p. 1 18) cite deux chroniqueurs 1 
Vil* siecle : Alahazeka et MlKA. On attribue a ce 



DE l/lNVASION ARABE AU X SINGLE ]05 

Kernier un commentaire sur le Iivre des Rois, un panegy- 
^que de Sabarjesus, et quelques autres ouvrages. 

?Jean de Penek, — Le moine Jean, originate de 
JJenek (village sur le Tigre, au nord de Mossoul), est 
Hauteur de plusieurs traites sur la vie monastique et dun 
|Uvrage intitule Archeologie ou Resume hisforiqtie, en 
Heux parties r la premiere va de Ia Creation a Jesus- 
Jinst; la seconde s'arrete a la fin du VII siecle, et nous 
xe ainsi sur Iepoque de son auteur. Le but est de 
piontrer 1 action de la Providence dans le monde; Texpose 
%tplus theologique qu'historique. 

TLe nom de Jean etant tres commun, et le surnom de 
Mba (vidlard, venerable) etant souvent applique aux 
plies, il en est resulte dans la literature des confusions 
riextricables, qui ne pourront etre tirees au clair qu'apres 
a publication des textes. C'est ainsi que Jean de Penek a 
U identihe a tort avec Jean Saba (cf, p. 106). 

La premiere moitie du VIII siecle ne nous offre pas 
deenvam de grande valeur chez les Nestoriens. Citons 
jarmi ccux qui nous sont connus : 
;Babai de Gebilta, qui vivait au temps du patri- 
ircheSanbazeka (7 14-728), et se consacra a la reforme de 
a musique religieuse. Assemani la confondu avec Babai 
KlNisibien (cf. p. 60) et lui attribue les ceuvres de 
lelm-ci. 

^Abraham bar Daschandad, disciple de Babai de 
Kebika, cite par Bar Bahloul comme une de ses sources. 
jfcbedjesus lui attribue un Iivre d exhortations, des home- 
|es, des lettres, le Livre de la vote royale, une controverse 
Svec les Juifs, et un commentaire sur les ceuvres du moine 
JVlarc. Tous ces ouvrages sont perdus, sauf un fragment 
Ku dernier. 

pBarsahdS, originate de Karka de Beit Selok, contem- 



se 






106 



UTTERATURE SYRJAQUE 



■ 



pprain du patnarche Pethion (731-734). II est rautwiJI 
duntrajtecontre la religion deZoroastre. ^ 

Cypnen, eveque de Nisibe (741-767), avail compose! 
un oommentaire sur lea Orationes theological d3 
Gregoire de Naz.anze, et un traite de lWdination| 

ratnt PI ^ S '' C,e "* "T* , re P r « ent ^ dans lattS 
Ipoque S ° UVrageS m 6 ° nt VU ,e J ° Ur k C *H 

Jean Saba de Dalyata. - Jean de Dalyata, plus oJ 
ticu lament appefa j MN Saba ou . fa VieilLd sptiK] 
etatt originate d Ardamout, dans fa Beit Nouhadr£ 8 
entra au couvent de Yozadak, dans la monTg„ e $ 
Ca rdou et fa ,„,«» pour a ,] er fonder , ; £ ne g 

Dalyata (« pays des treilles »). On trouve sous son noml 
vingt-cmq traites et cinquante-et-une lettres traitant del 
M ascehques (fas dons divins, fas consolations 3P 
uelfas la science des mysteres, la lutte centre fas demons] 
la pratique des vertus, etc.); mais, comme celfas dQ 
de N.mve, et probablement d'autres pieux nestoriens^el 
S? parazssent avoir ete interpofaes par fas Sfl 
acob.tes Son epoque est indiquee par fa fait qu'il reS 
la visitede Salomon, dveque de Haditha (760-780) e „ 

SOS) Gnt CCnSUr ' S Par ' e patn ' arche TiimthfeM 

U^tw*^!™?™^ 5 W *«* evSquefl 
Uscnon, lorsqu il hit aubrephcement porte au pa?riarcal 
(774). Nous avons fas Actes de son synode (775); mais ill 

ra res des cinq tomes d homelies metriques, des dul 
2ST777 ,U ' aUnbUe Ebedj " US - " mourut em Pf 

tJ? "l?" ^ H , 6n ™i^Sure dans la celebre inscription 
syro-chmo.se de Smganfou, relative A Introduction ' ! 



DE L'lNVASION ARABE AU X e S1ECLE 



107 



Elristianisme en Chine. La stele fat erigee en 781, avant 
'que la nouvelfe de la mort du patnarche rut parvenue 
dans cette contree. 

lM DanS IC ? em ?%?$*' .° uvrage ciU P ar Thomas de 
Mm* trouvait 1 histoire des moi'nes du couvent de 
|B«t Abe, redigee par un d'eux, David, qui devint 

r eq H -a WV? Ia fin du siMe ' 0n Vs confondu 
|avec Uavid, fils de Paul, un jacobite (cf. p. 91). 

Theodore bar Kdni. - Le catalogue d'Ebedjesus at- 
Itnbue a Theodore bar Kon. (ou Kevvani?) un Livre de 
tscolies, une histoire eccfasiastique, des instructions asce- 
fnques, et des discours funeraires. Le Livre des Scolies 
lieul, nous est conserve. Assemani, sans aucun fondement' 
la .dentine I auteur avec Theodore, sacre eveque de 

Receptee et repetee a he reconnue fausse. Dans fas ma- 
fiuscnts du Ufa des Scolies, Fauteur nest pas presente 
i-comme un eveque, .1 est appefa simplement • docteur du 
Fpays de Kaschbr »; .1 parait Stre un mofne ecrivant «pour 

IV 8 Tofiri Une "° te C - ' qUC le IXB ,ivre fut ache ^ en 
ilan 791. Ilfaut s en temr a cette date. CeLivre des Scolies 

m une cuneuse compilation dans laquelle sont melangees 
ideadonnees ph.losophiques, theologiques, apologetiques. 
PElle est diVisee ; en onze hvres. Les livres I-V contiennent 
■tea scohessur 1 Ancien Testament, les livres VII-IX celles 
Bur fa Nouveau Testament Le livre VI, qui est comme 
iJintroduction au Nouveau Testament, renferme surtout 
fdes definitions th6olog,ques. Le livre VIII est constitue 
fpar deux traites, 1 un contre fas Orthodoxes et les Mono- 
fphysites, 1 autre contre fas Arfens; fa livre X, par un 
fcolloqueentreun Chretien et un paien qui, en realite, 
. presente fas objections des musulmans. Le livre XI est un 
ttraite des heresies derive de saint Epiphane, mais aug- 
ETm d ^ notlce . s {or J 'ht/ressantes sur les Manicheens, 
ma Mandeens, fas Kanteens et plusieurs autres sectes 



m 






K 



108 



UTTERATURE SYRIAQUE 



DE L INVASION ARABE AU X c SIECLE 



orientals mojns connues. Ces notices semblent tirl 
d ouvrages aujourd hui perdus, 

Timothee K- A la mort du catholicos Henanjesus II 
II y eut de nombreuses competitions pour I'election de sod 
successor. Timothy originate de Hazza, dans YAsS 
bene, eveque de Beit Bagash, fut intronise a Seleucie jj 
/ mai /$[), par quelques metropolitans seduits, AW' 
par ses poornesses. Mais Ephrem, metropolitan d 'filar 
qui etait Jui-meme candidal, contesta la validity de Y$& 
tion t et de la naquit un schisme qui dura environ deu 
ans Timothee sut ra her les dissidents et se concilia 
(a iaveur des cahfes. II mourut Ie 9 Janvier 823 a Vya 
de quatre-vmgt-qmnze ans. Sous son pontifical 'lM e 
nestonenne fut prospere et se developpa, surtout par Ie 
missions dans ] Asie centrale. !L 

Timothfc fut un des ecrivains les plus fronds de sol 
siede. bon Lwre des iloiles, sans doute un traite" d astro 
logic, ne nous est pas parvenu. De ses Lellres qui 
etaient au nombre d environ deux cents, d'apres Ebedi 
Jesus, et rormaient deux tomes, nous avons une soixanl 
aine. Une premiere moit^ a ete public et traduite eJ 
latin par Braun (Pans, 1914). Beaucoup d'entre elld 
son adressees a Serg.us moine et ensuite metropolitan 
d hlaim Une longue apologie de la religion chretienne] 
presentee sous la forme d une discussion avec Ie calif] 
IVlandi se trouve dans une de ces lettres. Elle a & e traduit^l 
en arabe et a jom d un grand credit parmi les Svriensl 
cornme en temoignent ses nombreuses copies. I] nous! 
reste des fragments de ses Homelies pour les fetes dorrui 
mcales de lannee hturg.que. ^interpretation du Theo 
iogien (Gregoire de Nazianze), que Barhebreus Iu; 
attnbue, parait etre un commentaire et non pas une 
version. H 7 j 

Parmi les ouvrages regardant la discipline, nous avonL 
de Jui les Actes d un premier synode, tenu en 790, et lej 



109 



_ canons formant les Regies des jugements ecclesias- 
ftiques et des heritages, promulgues en 805, a la suite d un 
iecond synode. C'est aussi, croyons-nous, par les soins 
He Timothee, et au debut de son pontificat, que fut 
S&inie la collection canonique connue sous Ie nom de 
dynodicon orientate. Elle comprend les Actes des conciles 
J'lsaac, celebre en 410; de Yaballaha, en 420; de Dadjesu 
to 424; d'Acace, en 486; de Babai, en 497; de Mar Aba I er , 
tt 544; de Joseph, en 554; d'Ezechiel, en 576; de Je- 
ruyab I er ,_ en 585, suivis d'une longue et importante 
fcttre disciplinaire et dogmatique a Jacques, eveque de 
T)eirin;de Sabarjesus I Gr , en 596, avec une lettre synodale 
mx moines du couvent de Bar Qaiti; de Gregoire, en 605; 
nle Georges I er t en 676, avec la lettre dogmatique adressee 
^n 680 a Mina, choreveque de Perse; de Henanjesus, en 
§75. 

LLes copistes qui transcrivircnt cette premiere collec- 

pon y ajouterent par la suite le synode de Timothee tenu 

n 790, et de nombreuses decisions canoniques portees 

^t les patriarches posterieurs. La collection du Syno- 

(licon^meme en dehors du cote disciplinaire, pre"sente un 

[rand interet : par l'examen des professions de foi placees 

in tete de la plupart des synodes, elle permet de suivre 

De developpement et les modifications successives de 

to doctrine nestorienne; elle fournit des points de repere 

Eertains pour la chronologic des patriarches, et par les 

nombreuses listes episcopales qu'elle renferme (environ 

1300 noms), elle apporte sa contribution a Thistoire eccle- 

piastique. Nous avons public Ie Synodicon, avec une 

traduction francaise (Paris, 1902). 

Jesus bar Noun. — Jesus bar Noun, natif de Beit 

abbare, aux environs de Mossoul, avait eu pour mattre 

Graham bar Daschandad et pour condisciple Timothee, 

He futur patriarche. II habitait depuis trente ans le couvent 

jde Mar EIias t ou il s'etait retire a la suite d une querelle 



no 



L1TTERATURE SYMAQUE 



DE L INVASION ARABE AU X s SIECLE 



111 



avec les moines d'lzla au sujet de la doctrine christo! 
gique de Timothee. 

i A la mort de celui-ci, par lmfluence de Gabriel Boi 
jesus, medecin du calif e al-Mamoun, il fut elu pour 
succeder, en 823, a lage de quatre-vingts ans. II v^ 
encore quatre annees. Nous avons de lui des Question 
tmte lEcritare, en deux tomes; une partie de ses oral™ 
funebres; quelques lettres; quelques fragments de y t 
ouyrages theologiques; des canons et des decisions juti 
ciaires; un traite grammatical des mots equivoque 
Les Rtponses aux questions du diacre Macalre semble 
faire partje du livre sur la Division des offices eccl&t 
fr^uesp qui ne nous est pas parvenu. Dapres Thistor 
arabe Man, Jesus bar Noun aurait ecrit un comr " 
taire sur saint Gregoire de Nazianze. 

Denha, appele aussi Ibas, disciple du patriarcbe Jesu 
bar Noun (823-828), est 1'auteur de commentates surig 
Psaumes (en partie conserves), sur la dialectique d*, " 
tote, et sur les oeuvres de Gregoire de Nazianze, et ausr 
d apres Ebedjesus, de sermons, et de dissertations surlj 
lois ecclesiastiques, 

_ ^ TTiomas de Marga, — L annee meme ou Saba 
jesus II succeda, apres une longue vacance, au patriarch^ 
Georges (832), un jeune homme nomme Thomas prena 
1 habit au couvent de Beit Abe. En 837, il fut appe 
comme secretaire par le patriarche Abraham, quS 
nomma ensuite eveque de Marga, et un peu plus I 
metropohtain du Beit Garmai. Sur les instances *. 
moines de Beit Abe, il se mit a ecrire, en 840, lTiistoirJi 
ce couvent dapres ses lectures et dapres les recits <fi 
anciens. L'ouvftige assez considerable est partage en 
six hvres; bien qu'il soit intitule Hhtoirc des Superieurs/m 
ne donrie pas seulement celle des vingt abbes qui s'etaengj 
succede dans la direction du couvent, mais yajoutede! 
nombreux recits concernant des moines celebres, et eel 



ticulier les patriarches Maranemmeh et Jesuyab III. 

5 donnees chronologiques font defaut, et la critique 

galement. Au point de vue de la composition, il est com- 

irable a YHistoria religiosa de Theodoret. Mais telle 

Jt elle est cetteoeuvre forme une histoire du monachisme 

Rde Tascetisme pendant pres de trois siecles; elle 

pporte un precieux complement a celle de TEglise 

storienne durant une periode peu connue de son exis- 

nce et jette un jour nouveau sur les evenements contem- 

Drains. La deputation du patriarche a Heraclius, lapos- 

Wie de Sahdona, la fondation de soixante couvents ou 

£oIes, la conversion au christianisme des peuples rive- 

Tfns de la mer Caspienne, les missions de propagande en 

rabie meridionale, en Perse et en Chine, ne sont nulle 

6rt exposees avec plus de clarte. On chercherait vaine- 

nentailleurs des renseignements plus precis sur le regime 

les couvents et des ^coles, sur les pratiques de la vie 

nonacale et sur la conception que se faisaient de I f asce- 

Bsme les moines nestoriens. L'ouvrage a eie* public et 

"aduit en anglais par W. Budge (Londres, 1 893). 



* Jesudad de Merv. — Jesudad, eveque de Haditha, 

ait originaire de Merv. En 853, il fut designe pour le 

^atriarcat, ipais, par ordre du calife, la dignite fut confe- 

Bga Th^odose, metropohtain du Beit Garmai, C'est tout 

»que nous savons de la vie de Jesudad. II est lauteur 

Bun commentaire sur TAncien et le Nouveau Testament, 

i des plus importants parmi ceux que nous ont laisses les 

nestoriens. Dans cet ouvrage une large part est faite a 

neodore de Mopsueste, soit expressement, soit tacite- 

Iment, et c est par lmtermediaire de Jesudad que les 

K)riens Jacobites posterieurs, comme MoTse bar Kepha et 

cDenys bar Salibi, qui Pont souvent pille, sont entres en 

rcontact avec l'exegese du celebre antioch6nien, dont les 

Reuvres originales leur etait inaccessibles. Le Commentaire 



'■m 



;i] 



I 



112 



LITTERATURE SYRIAQUE 






I 



aise. 



^ Mm?r-L gileS ,, a M , pubW ' avec traduction and 
- par M m " Gibson (Londres, 1911). 

Jean bar Maswai - Jean bar Maswai (Yahia b3 

k TZ . r a Bagda , d sous la direction de J&u-j 
bar Noun, le futur patnarcbe, et devint lui-meme chef3l 
1 ecole la plus flonssante de cette ville. II compos. «3 
synaque et en arabe plusieurs livres de medecine et fit d« 
versions d ouvrages grecs. Son Livre sur lafihre conservl 
dans des traductions hebraiques et latines est un 3 
des connaissances med.cales des Syriens et des Arabes Sa 
reputation.fut surpassfe par celle de son disciple HoTel 
dont la science etart egalement vantee par £ chretienl 
et par les musulmans. <-"ieuentu 

eta^T/^" H^T^^ Zoi " d ib " hh ^ "1-^ 

etait n£ a H.ra. Apres avoir etudie a Bagdad il alt* 
apprendre le grec a Alexandria A son rftour, if 
nomme rnedecn du calife ai-Moutawakil. et vecut k 
quen b73 Une part.e de son ceuvre est ecrite en arabS 
Lbedjesus Iu, attnbue un Livre sur la crainte de fl&3 
qu.I aurait ecnt etant diacre. La Grammaire dUondg 

Uvredes pomts que par des c.tations; nous avons son 
trade des mote ambigus (de eequilitteris), retravaille ct 
augmente par un ecrivain posterieur. L' Explication J? 
mois grecs en syriaoue d'Honein, fut en realit? le prem L 

addS. ^ al - Mamazi >' » fit de nombwui 

JS?^'*" U " ^P^ d'Honein, Jesus bar Aj| 
tondit e Jexique et les additions en un nouveau Lexiaa 
qui eut beaucoup de succes. II existe dans de nombreu 
manuscnts, souvent avec des additions posterieur? 



de l'invasion arabe au x c siecle |]3 

^ft?,# cet ouvrage commencee par G Hoffman 
pGel, 1874), a ete achevee par R. GottL l(R nVe I§28) 
Ces lexiques ne sont pas de veritable* SffiJSK 
.de la langue synaque, ma.s des compilations pi™ ou 
moms etendues de gloses (parfois en arabe) explicative" 
des locutions peu usuelles, et surtout des terme Z cs 
conserves dans les versions syriaques. g " 

I ™ NJ 5f S , BAR SEROSCHWAt, eveque de Hirthi 
auteur de Qucshons sur Ies£critures, redigea vers a fin 
| siecle, un quatr.eme lexique. Aucun ^Jj f e 
|et ouvrage ne nous est parvenu, mais il est P assl 
Jresque en ent.er dans celui de Bar Bahloul (cf p. N 6)! 

I Jesudenah. - D apres Ebedjesus. jesudenah, eveque 
ge Basra, composa un traite dc Logique, des HomS 
feue ques discours metriques, une Histoire ecdSSriquc 
fetrois tomes, et le Livre de la chastete. L'Histoire 
j&ciesiashque est perdue.sauf quelques citations faite'r 
lg.e de N, SI be et une par Micbel le Syrien, qui apnel e 
iau teur Denahjesus. Le Livre de lachasJe Sent 
/cent cmquan e courtes notices sur de pieux personnaees 
Iqui ont fondd des couvents dans la region orSe S 
lubon mo.t,e h.stpnques moitie legendaires, Morten 

Kml* T- lbU Kr k la S^ographie eccles asSJue de 
fcMep P o ami e,Nous avons publie cet ouvrag'e avec 

litoZ { ZT S i R r e> i8%) - ^ WS 'g-'-ons'tout de 
In 900 JeSudena!l ' I"' se P'«« aux environs de 



litteaatuhk »VWAQVB 



ii 



i 



41 

- ft) 






# 

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CHAPITRE IV 



L 



QUATRl£ME PERIODE (X°-XIII« SlECLE) ; 

DECADENCE ET FIN 
DE LA LITERATURE SYRIAQUE 



La litterature au X° siecle. Jacobites : Marc bar Kiki, Je 
de Maron. Nestoriens ; Elias d'Anbar, Georges de Mo330ul^ 
Bar Bahloul, Jean bar Khaldoun. — II, Le XI s aifecle 
Nestoriens : Efias de Nisibe, Ebedjesus bar Bahriz,*! 
« Jardin des delices ». Jacobites : Jesus bar SchouscKa 
Ignace de Mfilitene. — III. Le XII° siecle. Jacobitt 
Jean de Mardin, Basile bar Schoumana, Jean de KaiaoiL 
Denys bar Salibi, Michel le Grand. Nestoriens ; Joseph, 
bar Malkon, Simeon de Schanklava, Jean bar Zoubi;^* 
IV. Ecrivains Jacobites du XIII e siecle : Chroniqueur ana 
nyme (1234), Jacques bar Schakako, Aaron bar Mada 
Barh£bre\is. ■ — V. Ecrivains nestoriens : Salomon de 
Bassora, Georges Warda, Jean de Mossoul, Ebedjesus d 
Nisibe, Timotnee II. 



I. 



La litterature au X e siecle* 



LE X c siecle marque le plus bas degre de la decade 
litteraire du syriaque, accentuee par la rapid 
diffusion de la langue arabe. 
Parmi Ies Jacobites, nous naurions aucun nom a cifc 
avant la fin du siecle, si Elie de Nisibe (cf. p. VJ( 
n'avait mentionne la Chronique inconnue dun diac 
Simeon (vers 950). 



KECADENCE ET FIN DE LA LITTERATURE SYRIAQUE 115 

>;Marc bar KikL - Marc bar Kiki, qui prit le nom 
M Ignace lorsqu ll tut nomine maphrien, en 991, est l'au- 
|eur de quelques banales poesies liturgiques. II fut chasse 
bar ses diocesains, a cause de ses rnceurs depravees, et se 
fit musulman en 1016. Revenu a resipiscence vers la fin 
Hesa vie, il composa un poeme sur sa chute. 

IJean de Maron. - A la meme epoque vivait un 
home surnomme « Ocean de sagesse », un certain Jean 
SE MARON. 11 enseigna au couvent de Goubos, pres de 
W ltjne, puis a celui que fonda alors Elias bar Gagai 
ttJlhmt ses jours dans le monastere d'Aaron pres 
|Ldesse. Barhebreus lui a emprunte une scholie sur le 
u Te des Proverbes. II mourut en 1003. 

fLcs Nestoriens semblent avoir mieux nkiste a Fin- 
ance etrangere; on trouve encore chez eux quelques 
wains ndeles a la langue nationale. 

| Elias d'Anbar. ~ Au commencement du siecle vers 
m t yivait Elias, eVeque de PeVozschabor (Anbar) 
liedjesus lui attnbue une apologie, des lettres et des 
iomehes que nous ne connaissons pas, et aussi un traite 
tyeologique que nous possedons. II est emt dans un 
Jtyle agreable, en vers heptasyllabiques. Son titre est 
Laptta saenharum, vulgairement Livre des centuries II est 
jPjvise entrois parties : les chapitres de la premiere partic 
|ontqu une strophe, ceux de la seconde en ont deux 
feux de la troisieme, trois. Les chapitres sont groupes par 
ntunes. 11 y a, au total, dix-neuf centuries, dix-neuf 
nts chapitres, trois mille deux cents strophes. 

IGeorges de Mossoul. - Georges, m&ropolitain 
(Arbeles et de Mossoul, fut promu a cette dignity vers 
■©par le catholicos Emmanuel (938-960). A la mort de 
ehu-ci, puis a celle d'Israel (963), il brigua sans succes le 



:■-.! 



*.[ I 



116 



L1TTERATURE SYRIAQUE 






- 



patriarcat. Nous avons de lui quelques hymnes et ti3 
collection de Canons, 

Assemani altribua a Georges de MossouI»apres lave 
d abord attnbue a Ebdedjesus bar Bahriz, un ouvfl 
anonyme intitule Exposition des Offices de I'eglise; 
Dom Connolly, qui Fa publle et traduit en latin (Paril 
1913), juge que cette oeuvre n'est pas plus recente ijtj 
le ix c siecle. C'est un traite liturgique du plus gra 
interet, malgre lincorrection du style et 1'obscuritl f 
quente de la pensee. II est partage en sept Questions/3 
expliquent successivement le cycle liturgique de Ia^ 
du Christ, I'onice vesperal, les nocturnes, les mysteres£ 
bapteme, la consecration des eglises, les funeraill© 
L auteur anonyme suit fidelement les prescriptions^ 
Jesuyab III (cf. p. 99), 

Mais si Georges n'est pas l'auteur de rExpositipSM 
il a neanmoins traite des maheres llturgiques. Un manus- 
crit du Vatican met sous son nom des Questions^ 
reponses sur la consecration des eglises et du chreme^ 
la hturgie, sur la communion, sur Toffice divin, sur I 
funerailles. Quelques auteurs ont conjecture, contra 
ment a la realite, que cet ouvrage ne differait pasil 
Y Exposition. 

Bar Bahloul. — Bar Bahloul (Abou 'I-Hassan-Jl 

al : BahIoul), originaire d'Awana, dans le diocese! 
Tirhan, vivait vers le milieu du X e siecle; il travailla cod 
Georges, en faveur de Telection du patriarche Ebed 
sus I er (963). II enseignait dans les ecoles de Bagdad,^ 
composason Lexique, la plus ample compilation d^ 
genre. C'est une sorte d'encyclopedie dans Iaquelle-U 
reuni les travaux de ses devanciers, augmented de nol 
breuses notices tirees des ecrits syriaques sur les scie 
naturelles, la philosophic, la theologie, et l'exegese L 
que. L'ouvrage a ete soigneusement edite par Rut 
Duval (Paris, 1888-1896). 



■ DECADENCE ET FIN DE LA LITTERATURE SYRIAQUE I 17 

lUn contemporam de Bar Bahloul, dont nous ne 
byons que le nom Bazoud redigea un volumineux 
bi/re des dijimhons, dans lequel on retrouve des citations 

iouvrages philosophiques perdus. 

.Emmanuel bar Schahare enseignait dans l^cole de 
flar Labriel, annexee au Couvent Superieur, a MossouL 
[jjnourut en 980.Son principal ouvrage, un Hexaemeron 
|me un long poeme en vingt-huit chants, les uns en 
p de sept, les autres en vers de douze syllabes Ce 
Hme parait avoir eu beaucoup de succes; il nous est 
U-venu dans de nombreux manuscrits, mais aucun ne 
Jiferme le second chant. Un frere d'Emmanuel, nomme 

BEOjESUS, mort en 971, laissa aussi quelques compost 

»ns poetiques, entre autres un poeme inspire" des Actes 

■pocryphes de saint Eugene, 

IWright place a la fin du siecle un certain Andre 
Keur d hymnes appelees" tourgame » (interpretations)' 
fjd un i ouvrage^ grammatical, le Livre de la ponctuation- 
fcn Assemani, il a agirait d'Andre" de Samosate (cf, 
fl- j 

|ean bar Khaldoun. — Jean bar Khaldoun fcrivit 

m du rnome Joseph Bousnaya.son maitrespirituel, mort 
Wb * i ge cen **<"X ans. Nous avons public une 
Wuction francaise de cet ouvrage. Deux chapitres 
jpnl un interet particulier : Tun contient des recits 
Ecernant les cenobites contemporains les plus reputes- 
greestun veritable traite d ascetisme qui expose, avec 
m et methode, les pnncipes de la vie spirituelle telle 
ft la comprenaient les moines nestoriens, d apres la 
Kaon platomcienne de I'homme en corps, ame et 

|ri autre icnva'm ascetique, Abdmeschiha de Hirtba 
Bula son ouvrage Conseils pour les moines el les ccno- 
| c est un recueil de anquante traites sur les vertus et 



r 



118 



UTTERATURE SYRIAQUE 



les vices, suivi de Lettres sur le meme sujet. L'auta 
cite le patnarche Ebedjesus (963-986); i] devait 
contemporain de Jean bar Khaldoun. 

II. ~ Le XP siecle. 

Le XI 5 siecle ne fut guere plus brillant que le pi- 
cedent. Le sont encore des autcurs nestoriena orf 
nous apportent la meilleure contribution litteraire Le 
nombreux tra.tes grammaticaux qui paraissent ".S 
temoignent de la decadence dc la langue et de loua- 
bJes efforts pour so conservation. 

Elias de Nislbe. - L'ecrivain le P I US remar q 2 
decetteepoquefutELIAS BAR SCHINAIA, ne a Nfail 
en y/i. Apres avoir pratiqu^ la vie monastique ijl 
nomme eveque de Beit Nouhadra en 1002 puis trf 
fere au siege metropolitan de sa ville natale en J( 
11 survecut au patnarche Elias I er mort en 1049 M 

Son oeuvre la plus importance est une Chroniqtiei 
nous est parvenue dans un manuscrit unique malheui 
sement mcomplet, contemporain de l'auteur' et peutS 

M' Par |r 1 e T? t r°? raphe - Elle fut &rite w 10/9, mais s'an 
a 1 an IUJZ. L ouvrage est bilingue : a cote du texte syr 
que se trouve une version arabe. II comprend <&i 
parties : dans la premiere, la Chronique propremerifi 
sont notes les evenements de 1'Orient a partir de ran 
auteur a pns soin d'indiquer sous chaque paracra 
la source de sa notice, il nous fait ainsi connaitre Iea'H 
d un certain nombre d'osuvres historiques aujourl 
perdues. La seconde partie est un veritable traitf 
comput, accompagne de tableaux de concordance^ 
les difierentes eres, y compris celie de VHeslrk 
exposant la methode a suivre pour etablir ces col 
dances, v,! 




DECADENCE ET FIN DE LA LITTERATURE SYRIAQUE 119 

Elias avait compose une Grammaire syriaque II en 
existe de nombreux manuscrits, preuve de la faveur dont 
elle jouissait chez les Syriens. Son Livre de Vinterprite est 
un vocabulaire arabe-syriaque dispose par ordre des 
maheres et par chapitres. On a encore de cet auteur des 
hyrnnes, des homehes metriques, et des Lettres • Tune 
delles, eerily pour protester contre 1'election du patriar- 
che .Jesuyab IV, interesse I'histoire de 1'Eglise. II avail 
,aussi reum des decisions canoniques en quatre tomes et 
pubJie en arabe plusieurs ouvrages dont nous n'avons nas 
aparlerici. v 

I W&Suf DE ,X IRH ^- ^ ui devint ensuite patriar- 
Icbe (1028-1049), mente d'etre signale comme auteur 
tfd une Lrammaire syriaque dans laquelle, le premier il 
!;essaya d mtroduire la methode arabe. 

I ,% |? 2 , 8, £ I] ' as avait P° ur competiteur au siege patriar- 
Kcal 1 abbe d un couvent de Mossoul, Abou Said Ebed- 
BfeTJS BAR Bahriz, qui fut cree metropolitan d'Arbeles et 
I Mossoul. Nous avonsdelui un Recucil de has el sentences 
tjudiaaires, en deux sections : la premiere expose la theo- 
|ne du partage des successions, et la seconde examine des 
Seas particulars. On lui attribue aussi une Exposition des 
I ottices de I eglise, que nous ne connaissons pas. 

I Le « Jardin des delices». - Le Catalogue d'Ebed- 
pesus mentionne un livre intitule le Jardin des delices 
lUannat boussame) mais n'indique pas le nom propre de 

II auteur qu il appelle « I Interprete des Turcs » Ce volu- 
^mmeux ouvrage est un commentaire des lecons de 1'An- 
faen et du Nouveaii Testament, pour tout le cours de 
ilannte l.turgique des Nestoriens, une sorte de Catena 
Siormee d extraits dun grand nombre d'exegetes. Mais 
[c est 1 heodore de Mopsueste qui fournit, so'it explici'te- 
Frnent soit taatement, une grande partie des textes, tires 
Idirectement dune traduction syriaque, ou indirecte- 



. 



120 



LITTERATURE SYR1AQUE 



I 

I 

| 



ment dun abrege syriaque preexistant. En cela resid 
l'interet de cette compilation. Elle est posterieure &S 
Jesudad (850), qu'elle cite, mais on ne peut lui assigneS 
une date certaine. Elle ne nous parait pas anterieure ay? 
XI e siecle. Une etude sur cet ouvrage a ete publiee pail 
le P. Voste" (Paris, 1928). .*3 

La Legends du moine Balura, qui aurait instruitMaho3 
metdela religion chretienne, remontepcut-etreaTepoquel 
de ^'invasion arabe; mais la recension syriaque amplified;- 
qu'a publiee et traduite R. Gottheil (New-York, 1903) J 
n'est pas anterieure a la fin du XI e siecle. 

Pour tout le cours dc ce sifccle, 1'Eglise Jacobite noult 
fournit a peine quelques ecrivains syriaques dignes d'etrej 
sjgnales ici;ceux-meme, qui ont ecrit en arabe ont donriil 
peu d'ouvrages sortant de la mediocrite. 

Jesus bar Schouschan.— Jesus barSchouschan, 4 i 

occupa le patriarcat sous le nom de Jean X, mourut : 
Amid, en 1072. Elu en 1058, il abdiqua et fut reelu a* 
1064 a la mort de son competiteur, Homme s£udieu*| 
applique a composer et a copier des livres, dit sa bio~; 
graphic. Parmi ses oeuvres syriaques nous avons d 
canons ecclesiastiques, et plusieurs Lettres; une de celta 
ci est adressee au patriarche d'Armenie Gregoire IL Ell 
traite de lusage du ferment, de l'huile et du sel dans lc 
pain eucharistique, et parle longuement des divergences 
hturgiques entre Armeniens et Syriens. Ce document 'a 
ete public* et traduit par R Nau (Paris, 1 912). 

Dans sa vieillesse, Jean X s occupa de reunir. K 
doctrine cest-a-dire, selon Barhebreus, les homelies de 
saint Ephrem et de saint Isaac d'Antioche, dans un livr^ 
que la mort ne lui permit pas d'achever. II avait composd 

?n£o re r! ofe T S Sur - le piIlage de Ma itene par les Turcs a 
1058. Des deux Liturgies qui lui sont attributes dana U 
manuscnts, une seule pourrait etre de lui. 



qui 



|pECADENCE ET FIN DE LA LITTERATURE SYRIAQUE 121 

Dgaace. — Ignace, moine du convent de Mar Aaron 

Kegara, fat ™tijt*6qa* de MeJitene en 1061 et mourut 

n octobre 1095. Ce savant homme connaissail le grec et 

M verse dans les sciences profanes. A I exemple de 

deques d hdesse, il s adonna a des traductions, II em'vit 

JB.Uroniquc, bufc principaJement sur celles de 

Hacques d Edesse et de Denys de Tellmahre, auxquelles il 

Bajoute, dit-i], beaucoup de choses tiroes des Chroniques 

■toques. a L ouvrage n'est connu que par Michel le 

fayrien qui cite la preface et declare avoir pris Ignace pour 

fijudeaparurdelan843. 

| Le successes d'Ignace sur le siege de Melitene fut 
BAlD BAR SABOUNI, sacr£ le 22 mai 1096. II prit alors le 
Bom de Jean. L ann^e suivante, il fut massacre* pendant le 
■fee de la ville par les Turcs. Barhebreus le pr&ente 
pmme un savant distingud. qui &rivit en grec et en 
Uynaque. II nous reste de lui une hymne acrostische in- 
t!j? Kitud jacobite. 

HI. — LeXIl* siecle. 

i premiere moiti^ de ce siecle fut une periode sterile, 

I bien parmi les Nestoriens que parmi les Jacobites- 

is, chez ces dermers la seconde moiti(5 fut illustr^e 

i&^\*i^$ m ^ n ™ syriens : Den ys 

tSalibi et Michel le Grand. 

Im!! m#?S5' 7 Jean ' * v * que de Mardin et ^ 

fcnn (H2MI65). fut un preJat lettre, II avait ras- 
table une bib hotheque, et il aimait a copier les Evan- 
Men lettres dor et d'argent. 

■ i prise d'Edesse puVkoSx Zangui (1 144) poussa Jean 
Mcnre un poeme qui provoqua lmdignation de ses 
JfKues; I auteur souhgnait Imefficacite de la promesse 
Htenue dans la Iettre de J&us a Abgar (cf p. 39) Le ' 



I 



I 



3 



122 



LITTERATURE SYRIAQUE 



traite Sur la Providence, de Denys bar Salibi, fut cornea 
pose pour Ie refuter. Ces ouvrages sont perdus; Michel «J 
a insere des extraits dans sa Chronique. Jean est aussil 
donne comme auteur d'une Liturgie. Une sorte d'auto?j 
biographie consignee dans la marge des manuscrits qu'ill 
copia a etc editee par Assemani (B. 0. r II, p. 217)* 

BASILE BAR Schoumana fut sacre eveque de Kaisoiiny 
en 1 135, et devint metropolitain d'Edesse, ou il s'^taig 
installs par ordre du prince joscelin, en 1143. L'ann£ 
suivante il fut temoin oculaire du si£ge et de la prise de Iql 
ville. Cette castatrophe lui inspira trois poemes qu'Asse^ 
mani attribue a tort a un autre metropolitain, Abdulf 
Ghaleb bar Sabouni, aussi nomme Basile, mais mort''$iy 
1 129. Basile bar Schoumana avait compose une Histpip 
d'Edesse t que nous connaissons par les recits qu'enE'oq 
tires ie patnarche Michel et surtout un chroniqu^ 
anonyme un peu posterieur (cf. p. 129). II moumt tfi 
Sge, en 1172. 

Quand Basile quitta Kaisoum, il y fut remplace paTtwJ 
moine Eiias, qui prit le nom de Jean (Iwannis). Ce prelat 
tres influent jouissait d'une grande reputation de science,] 
Le patriarche Michel le chorgea de se rendre en son nqn 
pres del'envoye de l'empereur Manuel, lors des premieTj 
tentatives d'union entre 1'Eghse grecque et les Eglis 
Jacobite et armenienne. II avait ecrit contre Jean evequM 
de Mardin, et redigeune Chronique des evenements cqnjg 
temporains, que Michel a connue et utilisee. II mo 
rut le 24 septembre 1171. |U9 

Denys bar Salibi. — Le 2 novembre de la p 
annee s'eteignait une des lumieres de l'Eglise jacfll 
Jacques bar Salibi, qui prit Ie nom de Denys lors 
consecration episcopale, un des auteurs les plus van 
les T p!us feconds de la litterature syriaque. II etait'pi 



DECADENCE ET FIN DE LA LITTERATUKE SYRIAQUE 123 

Zt de ^ n \ L %^ aT che Athanase VIII le nomma 
eveque de Marache (Cermanicia), en 1154 et annexa a 
son d.ocese celui de Mabboug. Lors de I' ec"ion du 
patnarche M.chel (1 .66) Denys prit ouvertetent pard 
pour ceui-c, qui Ie transfera bient6t a u siege metropo- 
LW ^ (D'arbekir); il I'occupa jusqu'a sa moTh 
Uans h longue hste de ses ceuvres figurent : un Com- 
mence ™ T } Ancl ™ et Nouveau Testament; un Com- 
nurture, cent en 11 48, sur Ylsagoge de Porphyreet sur 
les Categories I Hermeneutique, et les Analytiques 
\ a Anstote; un Lommentaire sur les Centuries d'Eva- 
grius, et un autre sur les ecrits des Docteurs; un traite sur 
la structure du corps humain; une Histoire abregee des 
Peres, des Saints et des Martyrs; des Lettres; un recueil 
de Umons; plus.eurs traites de theologie; un traite de la 

JTri^Jl™,™^ C ;° n / re leS h(Ms, ' es; deux liturgies 
. et une Exphcahon de la Liturgie; des Homelies; un |V 
cours pour mtronisation du patriarche Michel; deux 
poemes sur la pnse d Edesse en 1144; trols elegies sur 
h Pnse de Marache (en 1 156) par les Armeniens, qui 
emmeneren : 1 auteur pnsonnier;deux autres sur le proces 
tat au maphrien accuse d avoir mari<5 une musulmane. 

^ETf^." 8 ? uv , rages est P arvenue i™w* 

nous. Michel le Synen cite la preface d'une Chronique 
de Bar-Sahbi, hmitee aux evenements contemporains. 
Les commentaires de Bar Salibi sur VAncicn Testament, 
sont Jes plus developpds que nous aient laisses les Syriens. 
A cause m erne de son etendue, l'ouvrage a ete rarement 
copii en enter. Le maimscrit que je possede ne com- 
prend pas moms de 604 pages in-folio, d'une ecriture 
petite et compacte, a raison de quarante-deux lignesa la 
page L. est une ceuvre de compilation qui manque d'origi- 
.nalitt, preaeuse cependant par sa riche documentation. 
1 V 0r ° r 4, des ™ est le suivant : Pentateuque, Job, 
Josue^Juges, Samuel et Rois, Psaumes, Proverbes, 
Lcclesiaste, Cant.que, Isaie, Jeremie avec les Lamenta- 



I 

I 

if 



i 






124 



LITERATURE SYRIAQUE 



I 



tions, Ezechiel, Daniel, les douze petits Prophetes, 
I'Ecclesiastique. Chaque livre est pourvu de deux com- 
mentaires, l'un « materiel n ou a corporel » f c'est-a-dire 
litteral, et I autre « spirituel » ou s mystique », c'est-a-dire 
allegorique ou symbolique. Pour les livres sapientiaux et 
quelques autres, il y a un commentaire base sur la version 
Simple et un autre base sur I'Hexaplaire (cf. p. 20). 
Les commentaires sur le Nouueau Testament suivent cet 
ordre : les quatre Evangiles, TApocalypse, les Actes, les 
sept petites Epitres, et les quatorze Epitres pauliniennes. 
. Ces commentaires presentent les memes caracteres que 
ceuxde I'Ancien Testament, mais les interpretations 
mystiques ou allegoriques sont intercalees dans le com- 
mentaire litteral. lis sont en general moins developpes, 
sauf pour les Evangiles. Le Commentaire sur les Evangiles 
a ete compose en 1165. La Bibliotheque Nationale pos- 
sede un ms. date de Tan 1 174 d'apres lequel J. Sedlacek, 
J.-B. Chabot et A. Vaschalde ont entrepris d'en donner 
une edition avec^ traduction latine. J. Sedlacek avait deja 
publie et traduit le commentaire sur TApocalypse, les" 5 
Acteset les petites Epitres (Paris, 1910). 

La Refutation ou traite Contre les Heresies semble avoir 
forme un ouvrage en cinq parties : contre les Maho- 
metans, les juifs, les Nestoriens, les Chalcedoniens 
(dyophysites), et les Armenians; ccpendant, les troispre-; 
mieres,seuIesconnues, n'ont pas ete retrouvees dans un 
meme manuscrit. Le texte du traite Contre les Juifs, ecrit:< 
en I J 66, a ete publie par J. de Zwaan (Leide t 1906). 

U Explication de laUturgie, qui a ete demarquee par les 
Maronites pour l'attribuer au pretendu Jean Maron, est 
un utile commentaire pour Intelligence des ceremonies et - 
de la doctrine eucharistique des Syriens. Elle a ete editee, 
ayec traduction latine, par J. Labourt (Paris, 1903), Nous 
n avons plus le Traite de la Providence, dirige contre Jean : 9 
de Mardin (cf. p. 122); d'apres ce que rapporte la Chro~<J- 
nique de Michel, la refutation reposait sur une subtile* 



DECADENCE ET FIN DE LA L1TTERATURE SYRIAQUE 125 

distinction entre les chatiments envoys par Di eu et les 
maux causes par la negligence des hommes. Le discou 
f U no ^ea 'intronisation du patriarche Michel (18 oc- 
tobre 1166) est passe" dans le Pontifical jacobrte- 1 sert 
« , pour la consecration dun eveque Nous Vav 0ns 
publre et traduit (Paris, 1908). 

Michel le Syrien, comme on l'appelle habituellement), 
his du pretre Elms, naquit a Mditfene en 1126 Des sa 
jeuncsse 1 1 entra au convent c^lebre de Barsauma", dans e 
voisinage de sa ville natale; a 1'age de trente ans il en SaS 
d venu I archimandrite II refusa I'Mj d'Amzd en 
Mto - Lannee suivante il fut elu pour succeder au m 

bra"! I66 At n ^^ VI,L ?-r S ^^ 0n eut S - i: ' 8 -?r 

ore I 166. 11 gouverna 1 Eghse jacobite pendant trente- 

fcBJTLKK i 7 novembre ' '" Son p«3£ 

tut fort ag lt e;le recit de sea voyages et de ses tribulations 
. consigne dans sa Chromque, apparent a I'histoire Nous' 

bSflt^r que . de ses ***■• ^ prod'gieuse 
. ac tivite litteraire du patriarche a excite ladmiration de 

brLs U dadmirabIes ouvrages», dit Barhe- 

Le plus considerable et le plus utile de ces ouvrages est 
. sa Chromoue. Longtemps elle ne fut connue en Europe 

2vKS V ? rS1 ° n arm * n . ie ™ e Qui, en realite. n'etait 
HiSdWlW ia M By ZT* fut divert* Orfa 

S&bS C^r T ^ ^"'s dans un manuscrit 

en o£mV " ■ Sed COnnU ' En ,899 ' nous av ons pu 

en oblemr une copie que nous avons publiee et traduite en 

KSE? ]m f 24 l 0n s ' accorde *~3S 

EataJXr^ ^ f 5 ^ Pri ?? UX m °numents de la 

' comni E ?i ' t? i lq 3 e j es Synens ' Une bonne noitii a &i 

,com p] lee a aide de documents aujourd'hui perdus. La 

Chronique fut terming en 1 195. Le dessein de 1W 






WW 



126 



LITTERATURE SYRIAQUE 






etait de presenter « la succession du sacerdoce a et « Jaj 
succession des empires temporels », depuis Torigine du} 
monde jusqua son epoque. II essaya, au debut, del 
disposer son travail en forme de synchronismes, sur le| 
modele du Chronicon d'Eusebe; mais il dut renoncer u 
cette methode. L'ouvrage est divise en XXI hvresl 
partages en chapitres. En principe, le texte est dispose" 
sur trois colonnes : la colonne « superieure » (celle de^ 
droite) est attribute, comme la plus honorable, a la sural 
cession sacerdotale; celle du milieu, a la succession des*! 
empires, et la colonne « inferieure » (de gauche), a des* 5 
faits divers. La matiere est traitee avec plus ou moins de? 
developpements, en raison de Tinteret que les evenementsl 
presentaient pour les Syriens, surtout au point de vuej 
religicux, et selon I'abondance des documents quej 
lauteur avait a sa disposition. En diflerents endroits, -iU 
mentionne ses pnncipales sources; ce sont : Eusebe, pouf5 
les livres I-VI, dela Creation a Constantin,et pour la suite! 
Socrate et Theodoret (325-431), Zacharie le Rheteiirl 
(431-505); Cyrus de Batna (565-582), Jean d'Asie (325- 
582), Jacques d'Edesse et Jean de Lilarba (325-726),$[ 
Denys de Tellmahre" (582-842), Ignace de Melitene (325*3 
1118), Basile d'Edesse (1118-1143), en fin Jean (IwanJ 
nis) de Kaisoum et Denys bar Salibi pour des evenementB 
contemporains. 11 avait en outre a sa disposition dej 
nombreuses biographies, et des monographies de quel*! 
ques couvents celebres. Son labeur a consiste, poti 
tout ce qu il ne rapporte pas d'apres sa propre expi 
nence, a resumer ses sources et a les coordonner. II I 
fait avec conscience et sincerite; mais, comme tous sc 
contemporains, il manque de sens critique. 

A la Chronique proprement dite, Michel a ajoute I 
appendices. Leplusimportant donne de breves notices t 
les patriarches Jacobites d'Antioche depuis Severe (5t2jJ 
Jusqua lauteur. A partir de Cyriaque (792), il met sou 
chacun d'eux la liste des eveques qu'il a sacres, avec indi3 



^CADENCE ET „ N DE LA „„**,.„„ ^^ ^ 

tt n ^ ,eUrS S '" ees; ces listes comprennent n] us j p 

lent fcta de Jgfil ^ #Stfg£*«»*»- 

|uon actice, destinee a justifier Ic cul e Sl/r^ " 

Jfc* son nom dans les livres d offices ' ' nSereeS 

*rarmi ses autre* ceuvres, menti'onnees dans sa Chm 

|eaunsi m pl e e g x L"triactt V e erS,0n ^ Ce 
f Theodore bar Wohhnnn t j-ti i ,. , , 

vcise aans Ja connaissance 






128 



UTTERATURE SYRIAQUE 



du grec, du syriaque, de I'armenien et de larabe. II fui 
delegue par le patriarche pour conferer avec les Grecs 
lors d'une seconde tentative d'union qui eut lieu en 1172*3 
Les Actes grecs de cette conference ont ete retrouves et 
publies par Mai (Pair. gr. t t. CXXXIII). A cette ocom 
sion, semble-t-il, Theodore se rapprocha de Tortho-' 
doxie. Quelques annees plus tard, il se revolta et sefl 
partisans le proclamerent patriarche, a Amid (1180).;ilf 
rut relegue par Michel au couvent de Barsauma; mais il] 
parvint a s'eniuir, et passa en Cilicie ou le roi Leonl 
l'institua patriarche des Jacobites de son territoire.il 
rnourut en 1193. On a sous son nom, en syriaque, un« 
Liturgie et une Explication.de la Messe. 

La plupart des ouvrages nestoriens composes : vaj 
XII e siecle ont ete ecrits en arabe. 

Euas III Abou Halim, nea Maipherkat.melropolitair^ 
deNisibe, puis patriarche (1 176-1 190), na compose eqj 
syriaque que des prieres et des Lettres. 

Joseph bar Malkon, qui prit le nom de JesuyajS 
lorsqu'il devint metropolitan de Nisibe (1190), est Tau« 
teur du Reseau des points, ouvrage grammatical en ver«3 
syriaques; ses autres ecrits sont en arabe. 

Simeon de Sehanklava. — Le moine Simeon, ongjl 
naire de Schanklava, dans le diocese de Kerkouk, viyai^ 
a la fin du siecle. II ecrivit un traite de Chronologies 
Explication du calendrier et des differentes eres i; pi 
demandes et reponses; un poeme en vers syriaques^ 
en style enigmatique; un traite Sur h ferment euchari 
iique des nestoriens, attribue a Simon Pierre Tapotre, 1 * 
tres probablement, le Livre des Peres, attribue a Simec* 
barSabbae (cf. p. 25). Cet ouvrage, pastiche du Pseudc 
areopagite, compare les hierarchies celestes avec la hli 
rarchie ecclesiastique qui comprend aussi neuf ordrej 
patriarchies, metropolitans, eveques; choreveques, v\L 
teurs, pretres; diacres, sous-diacres, lecteurs. Le coifi 



DECADENCE ET FIN DE LA UTTERATURE SYRIAQUE 1 29 

l mentaire de Tauteur renferme d'interessants details sur 
*; la liturgie nestonenne. 

■ i k a 'f^r lo T ^^/dressee a Jean bar Zoubi, moine 

a tieit Roka, dans 1 Adiabene, grammairien celebre et 

[ tort estim<j des Syriens. En dehors d une Grande gram- 

n mane, ou il resume les travaux de ses devanciers, et d'une 

■retde grammaire en vers, a 1'usage des jeunes eleves, il a 

J compose des homilies metriques sur la foi, et un poeme 

t en vers heptasyllabiques ; Sur les qua t re problemes de la 

B - philosophic. 

IV. — ficrivains Jacobites du XIII e siecle. 

Avec le xm e siecle finit 1'ere de la literature syriaque 
La decadence na fait que s'accentuer ; la litterature 

i est devenue arabe; les ecrivains qui cultivent I antique 

: langue nationale se font de plus en plus rares. 

| Parmi Ics Jacobites, les noms de Jacques barSchatako, 
d Aaron bar Madam, ct surtout de Barhebreus meritent 

[ seuls d etrc rappeles ici. 

Chronique anonyme de 1234. — Michel a eu comme 

, histonen un continuateur. Dans une maison particuliere 

ta Constantinople, se trouve l'unique manuscrit, en 

Lmauyais etat, dune autre Chronique ecrite en 1204 et 

continue par son auteur jusqu'en 1234. Le manuscrit 

papres 1 ecriture, date du xtv e siecle, Le nom du moine 

Nin redigea cette Chronique a disparu. II ecrivait proba- 

fbJement dans le couvent de Barsauma, residence patriar- 

I cale + La Chronique est divisee en deux sections distinctes • 

histoire profane et histoire ecclesiastique. Cette seconde 

■partly fort mutilee, apporte d utiles complements a la 

tLhroruque de Michel La premiere partie permet de 

|;restituer a Denys de Tellmahre certains passages donnes 

|sans reference par ses plagiaires. Nous avons public le 

LlTTKllATUnE STHIAQUE ti 



130 LfTTERATURE SYRIAQUE 

texts do CStte chronique (Paris, I916-J920); 3a traducl 

tion latine, est sous presse. iraauc-J 

Jacques bar Schakako. - Jacques, ne k BartellL 

pre, de Mossed, se fit moine au couvent de Mar Mat d " 

II pnt le nom de Store lorsqdil fat sacre eveque pour 

ce meme couvent. I] mourut en 1241. Le gouverneur del 

Mossed confisqua alors tous ses W Jacques avaitf 

etudie la grammaire avec le nestorien Bar Zoubi (p J 29) 

la djalect.que et la prdosophie a Mossou), dans 1 We 5 

de larabe Kamal ed-Dm Mousa ibn Younos. Ses deux *■ 

ouyrages pnncipaux sont le Livre des Dialogues et 3 

Lwre des Tresors. Le premier Dialogue est spedalemen ' 

consacre a la grammaire et a la logique; le second es I 

partage en cinq sections : Ies definitions, I 'etluque 1^ 

physique et la physiologic les mathematics, KetS 

physique oomprenant a theologie. Le Livre des ffis 

est une compilation theologique en qua tre parti sl" 

Tr mite, ncarnation, la Providence divine, l a Creation 

etes creatures. Le second Dialogue et la derdere pa Se 

des Tresors renferment dWeressantes notices scS ! 

fiques. Jacques esten outre I auteur d une profession d e 

foi, dune Exphcation des offices, et d'une grammake en 

vers de douze syllabes intitule Harmonic mmaire C 

Aaron. - Aaron bar Madani, sacre eveque dc Mardin 

I24R A T m ^ IT' fut ,"? romu maphnen de Tag en 
1248. A la mort dlgnace II (1252), il fut elu patriarch^ 
ma«ungrou P e_ deques lui opposa Denys Angour^ 
Denys fut assassine en 1261; J ean fi surveci deux Z'' 
II ecnvit beaucoup en arabe; il nous a lais Se en syriaSl 
une Liturg.e, et une soixantaine de poesies ; parmi ceUeSf 



DECADENCE ET „ N DE LA UTTERATURE SYRIAO.UE 131 

surnom qui lui fat donne parce qu'il itait fit A • i 
| convert., Aaron, etabli co mme mJdeciH Mtt* "n 
Inaquit dans cette ville en 1226 Z 7 * ^ elit ^e. l\ 
Venom de Jean. Selon Tu age LC™ *?***? h 

consecration episcopale il ]e ^hang a euTpri t°celd % 

!j-cabene.AIa m o rt dCc; (I252) a irv 3" T^ ^ 
fdeux comp&iteurs, Bar ffian 7t n V ™?. sdu8 ? e = 
! le patriarcat. BarhibrL It? P^' '• S _f d A Sputa, ' ent 
| transfer a lSSfd'A 7" 'l tf* de Den y s *™ 
Bar Madani,! Iffi^ ^ftft,^ » 

JUS'* sa mort suCue'^r ° g T^S'sT? " J 
failles furent un deuil general pour ous eVcnSfe ?" 
fcerge nestorien et armenien y nrit nart q nS, f le 

fck> tard transport au couveltT ZmZ™^ ^ 
[Mossoul, ou Ion montre encore ££££""• P ^ ^ 
1 Louvrage le plus connu de Barhebreus celui n,A I i 

enx p,rt, es qu , sont hAih,^ P ci g « * «'« ™ 
BU.de de, doeuments , y ,i. quK , ^ ™JjJ 



132 



L1TTERATURE SYRIAQUE 



reunis dans sa bibliotheque a Maraga, I'ceuvre de Michc 
ecrite quatre-vingts ans auparavant; mais pour la part 
qui va du commencement du monde a Tan 1 193, il s'e 
borne a resumer Michel. Cette premiere partie df" 
Chronique a ete publiee et traduite en latin par Bruu 
et Kirsch (Leipzig, 1789); le texte et la traduction son 
egalement incorrects, Le P. Bedjan a donne une nouve 
edition du texte beaucoup meilleure (Paris, I890) t "nU 
sans traduction. Vers la fin de sa vie, l'auteur donna, e 
arabe, une recension abregee de sa propre chronic 
et Tintitula Histuire abregee des dynasties; elle aii 
publiee avec traduction latine par Pocock (Oxford, 166 
et de nouveau, sans traduction, par Salhani (Bevrout 
1890), J ^j 

La Chronique ecclesiastique est elle-meme divw 
en deux sections. La premiere commence avec les graii<| 
pretres de la Loi ancienne, continue par la serie < 
patriarches d'Antioche, ct, a partir de Severe (512), : t, 
Jes successeurs monophysites de ce dernier. Comn 
dans la chronique profane, Barhebreus a ici compM 
I ceuvre de Michel apres l'avoir resumee. L 'autre sera' 
est consacree a I'Eglise syrienne orientale; elle doni 
parallelement, depuis 1 epoque du schisme, la serie dfc 
catholicos ou patriarches nestoriens, ayant leur siege" 
Seleucie, et celle des « maphriens » ou primats jacobit 
resjdant a Tagrit. Pour cette section l'auteur a beaucof 
puise dans le Livre de la Tour, compose en arabe par I 
ibn Soleiman, auteur nestorien du XII G siecle. La Cm 
nique ecclesiastique a ete publiee, avec une traducric 
latine, par Abbeloos^ et Lamy (Louvain, 1872-1877 
Barhebreus poursuivit sa Chronique jusqu'a laririi 
meme de sa mort (1286), Son frere Barsauma, qui h 
succeda dans sa dignite de maphrien, la continua jusqu*^ 
1288. Un auteur anonyme la poussa jusqu'a I'annee 14? 
Barsauma ajouta au recit de la mort de son frere la li 
des publications du celebre ecrivain. Ce 'catalogued 



[DECADENCE ET FIN DE LA LITERATURE SYRIAQUE 133 

jcomprend pas moins de trente et un ouvrages, composes 
loit en arabe, soit en syriaque, qui setendent sur toutes les 
Ranches de la science. L'auteur se montre, avec une 
feale aisance, historien, philosophe, theologien, cano- 
fiiste, grammairien, medecin, astronome. II semble que, 
Brevoyant la fin de la vie intellectuelle en Syri^, il ait 
Rule Iaisser une encyclopedic des connaissances hu~ 
Blames a son epoque. Ses livres manquent d'originalite; 
liais c est un vulgarisateur clair et precis, Presque tout ce 
ju il a ecrit nous est parvenu. 

jSelon un usage emprunte aux auteurs arabes, il avait 
Bonne a ses livres des titres qui souvent n'en laissent 
H re lF w lner ' e su i et - Ainsi, son commentaire biblique 
intitule Magasin des mysteres, est un volumineux repertoire 
Begfoses relatives a l'exegese biblique, a la critique des 
trois version^ syriennes : Peschitto, Hexaplaire et Hera- 
tfenne, amsi qua la grammaireet a la lexicographic 
lynaques. L'auteur y cite aussi les versions grecques : 
|es Septante, Aquila, Symmaque, Theodotion. Toutes 
|es citations sont de seconde main, car Barhebreus 
p avait point etudie le grec; il en est sans doute de meme 
Juand il cite Thebreu et, pour les Psaumes, Jes versions 
lopte et armenienne. Les ecrivams ecclesiastiques men- 
Korines dans le commentaire sont Athanase, Basile, 
Tjregoire de Nazianze, Gregoire de Nysse, Hippolyte! 
Drigene; les iacobites Philoxene, Severe d'Antioche, 
Dacques d'Edesse, Moise bar Kepha, et un nestorien : 
pudad de Merv. L'auteur se propose surtout d'etablir 
fcsens litteral de I'Ecriture, Dans les massores Jacobite et 
lestonenne, il a recueilli un grand nombre de notices 
Sur la prononciation exacte des mots syriaques et sur les 
ffifferences qui existent a ce sujet entre Nestoriens et 
[Jacobites. La preface de cet important ouvrage a ete 
publiee par le cardinal Wieseman (Rome, 1 828), le reste a 
hi «5dite en Allemagne, par fragments, dans de nom- 
Ireuses dissertations doctorales, le plus souvent sans 



- ■■. 



134 



LITTERATURE SYRIAQUE 



traduction. Une luxueuse edition d'ensemble vient d* 
entreprise par I'Universite de Chicago, et confieVi 
professeurs M. Sprengling et W. S. Graham. Etah 
d'apres tous les manuscrits connus, elle reproduitlL 
fac simile le plus ancien (celui de Florence, date de 1278)^ 
donne les variantes des autres, et y ajoute une traduction 
anglaise. 

> Aux canons disciplinaires des anciens conciles s'&aien) 
ajoutes, avec le temps, un grand nombre de canor$ 
nouyeaux, de decisions et de constitutions patriarcalev" 
tandis que des regies anciennes etaient tombees en desui-' 
tude. Pour mettre de l'ordre dans cette abondante lit 
rature, Barhebreus entreprit de constituer un rental 
code de droit ecclesiastique et de droit civil : les evfiqi 
ayant toujours ete, pour les chretiens d'Orient, les'jti 
reguliers de leurs differents, meme en matiere civil! 
intitula son oeuvre Livre des Directions; il est d'u 
de 1 appeler Nomocanon, Le livre est partage en quar 
chapitres subdivises en sections. Les huit premiers 
pitres traitent des affaires ecclesiastiques; les autres '"u 
cement les affaires seculieres.AI. Assemaniavait e'batift 
une traduction Iatine de cet ouvrage; elle a et£ publ 
par le cardinal Mai (Rome, (838), Le P. Bedjan a 
le texte syriaque (Paris t 1898). 

Le Candelabra des sanctuaires est un expose general] 
la doctrine monophysite. II est divise en douze « base, 
ou (i fondements » sur lesquels l'Eglise est etablielM 
sont : la science en general, la nature de TUniversSl 
theologie (c.-a-d. la Trinite), Tlncarnation, les angevl 
sacerdoce, les demons, lame intellectuelle, le libre art 
tre, la resurrection, le jugement dernier, le parad 
L'ouvrage, assez developpe, a ete remanie par IW^ 
lui-meme dans son Livre des rayons, qui traite les rriem 
sujets en dix parties : 1'ceuvre des six Jours, la theologie 
I Incarnation, les anges, les demons, lame, le sacerdo 
le libre arbitre, la fin du monde, le paradis, 



|D^CADENCE ET FIN DE LA LITTERATURE SYRIAQUE 135 

. Le Livre des Ethiques, compose en 1279, est un traits 
de morale divise en quatre parties : les deux premieres 
fconcernent les exercices corporels; les deux dernieres, les 
fdetauts et les vertus de I ame. Le texte de cet ouvrage a 
m publie par P. Bedjan (Paris, 1898). Le Livre de la 
ILotombe traite en quatre chapitres les memessujets, consi- 
Meres plus particuherement au regard des ascetes et des 
femites II a aussi ete edit<5 par Cardahi (Rome, 1898) 
et par Bedjan (Pans, 1898); il fat traduit en anglais, avec 
Jqudques chapitres des Ethiques, par J. Wensinck (Leide, 

I '■■ La Crape de la science embrasse toute la philosophic 
taripatetiaenne, dont 1 auteur avait puise Ja connais- 
iance dans les cents des Arabes. Cette sorte de somme 
fehilosophique des Synens, qui n'eurent rien de plus 
fcomplet ni de plus methodique, est divis^e en trois 
Parties. La premiere comprend neuf livres : Hsagogc, les 
Wteopes, i Hermeneutique, les premiers et les seconds 
Rnalytiques , la Dialectique, la Sophistique, la Rhcto- 
tique et la Poetique, La seconde partie renferme huit 
teites, sur la physique, le ciel et lunivers, les meteores.la 
generation et la corruption, les mineVaux, les plantes, les 
fcmmaux, I ame. La troisieme partie est subdivisee en 
Jeux sections : la premiere est consacree a la metaphy- 
Bique, dans laquelle, selon la conception des Synens, 
ttentre la theologie, et la seconde a Pethique, I economie et 
jla politique. Un abrcge de ce grand ouvrage est intitule* : 
He Commerce des commerces. 

^ % Le Livre des prunelles comprend une introduction sur 
lutilite de la logique, et sept chapitres conacres a Visa- 
btfe de Porphyre et aux six sections de YOrganon, UEn- 
firetfen de la Sagesse, est un abrege de la dialectique, de la 
physique et de la metaphysique. 

^Barhebreus entreprit de resumer le commentaire de 

fheodose sur le Livre de Hierothee (cf. p. 95). II redigea 

fe« Livre de l ascension de Fespril touchant la forme du 



- 1 1 



Iiii 






136 



LITTERATURE SYRIAQUE 



ciel et de la terre », cours d'astronomie et de comos| 
graphic en deux parties; la premiere sur ]a forme du cie" 
la seconde sur la forme de la terre et des corps celestes pi, 
rapport a la terre, De nombreuses figures mathematique 
illustrent le texte. Cet ouvrage a ete public et traduit e 
francais par F. Nau (Paris, 1899). 

La Grande grammatre de Barhebreus, ou Livre des* 
splendeurs, est Tceuvre syriaque la plus complete en CM 
genre; concue sur le plan des grammairiens arabes, elle 
est divisee en quatre parties : le nom, le verbe, Ies pad 
ticules, generalites (lettres, points, etc.). La Petite gram* 
maire est redigee en vers de sept syllabes; une troisiemi 
intituUe Livre de Vetincelle, est demeuree inachevee;:! 
texte des oeuvrcs grammaticales de Barhebreus a tii &6i 
en autographic par Paulin Martin (Paris, 1872); le profc 
seur Axel Mo berg a publie, avec un apparat critiqii 
et une traduction allemande, la Grande t*rammaii 
(Leipzig, 1907, 1913). 

Les poesies de Barhebreus sont tournees avec une c^ 
taine grace qui manque aux versificateurs de son epoqiMJ 
Les recueils ou elles sont rassemblees different entre eu3 
Un ms. du Vatican contient trois cent huit pieces; beat 
coup sont constitutes par un ou deux quatrains,. L 
poeme intitule De la sagesse divine, souvent copie sepal^ 
ment, a ete edite et traduit en latin par Gabriel Sionit 
(Paris. 1638), 

On trouve encore parmi les ecrits de notrc auteur uni 
traite Sur V interpretation des songes, et un recueil de 
Riciis facetieux, narrations joviales et parfois assez scfi 
breuses; ce recueil a ete publie avec traduction pa 
W, Budge (Londres, 1896). Enfin, aux ouvrages menr 4 
tionnes par Barsauma, il faut ajouter une profession d« 
foi et une Liturgie qui a ete traduite en latin par Renaudojl 
Nous passons sous silence les ouvrages de medecinil 
qu'il re*digea en arabe ou qu'il traduisit de Tarabe etA 
syriaque. 



^DECADENCE ET FIN DE LA LITTERATURE SYRIAQUE 137 

L'oeuvre de Barhebreus, malgre son caractere Je plus 

iouvent lmpersonnel, merite d'etre admiree en elle-meme; 

) auteur la accomplie en des temps troubles, au milieu 

Tune vie agitee et de deplacements continuels; et il est 

nort a soixante ans! 



|V. — Ecrivains nestoriens du XIII e siecle. 

L Le genre poetique surtout fut cultive par les ecri- 
vains nestoriens du Xin e siecle. II repondait au gout 
pie Tepoque, a en juger par les nombreux manuscrits qui 
fious ont conserve ces productions, banales pour la 
plupart. Rares sont les pieces qui se signalent par Televa- 
don de la pensec, ou meme par Telegance de la forme. 

Salomon. — Au debut du siecle vivait SALOMON, 
fmetropolitain de Bassora, originaire de Khelat (Armenie); 
U assistait en 1222 a la consecration de son patriarche. 
Son livre intitule UAbeille est une collection de legendes, 
premiere partie ne differe gu£re, pour le fond, de la 
"averne des Tresors (cf. p. 77), mais 1'auteur y a ajoute 
Res recits sur les Apotres et les Disciples, sur Gog et 
tMagog, sur rAntechnst, et quelques chapitres de carac- 
tere theologique sur la fin du monde et le jugement 
[dernier. Cet ouvrage a ete traduit en latin par J. M. Schftn- 
Ifelder (Bamberg, 1866), puis edite et traduit en anglais 
fpar W. Budge (Oxford, 1886). Le Catalogue d'Ebedjesus 
fi'attribue pas d'autre ouvrage a Salomon; dans divers 
Frecueils manuscrits on trouve sous son nom des prieres et 
■ des poesies religieuses, 

t Georges Warda. — Georges, originaire d'Arbeles, 
Komposa vers le milieu du siecle des hymnes qui ont t5t£ 
linserees dans les offices nestoriens, et forment un recueil 



'M 



138 



UTTERATURE SYRIAQUE 



appele Waria (a Rose), qu, est lesurnom de IWeurl 
nombre des poes.es varie dans les manuscrits; 3%4 
a pas moms de cent cinquante, H. Hifeenfeld a nnkS 

Leipzig, IW4J Elles sont en vers de sept svilafW 
groupes en strophes de quatre vers qui runcnV entre £1 

Une autre collection d'hymnes, dans lesquefff S5| 
exposes la vie, les paraboles, les miracles duSau veu ^ 
la pratique des vertus chretiennes, a pour auteur ffi! 

CJL wT ^ , d ,' Arbfe - ^temporal T% 
Georges Warda et de Barhebreus. Un recuei! de dix-mS 
hymnes sur la pri^re et la penitence se retrouve danlT 
plupart des mss. Dans | e plus complet {Vatic 186) on 
groupe so.xante-cmq chants, dont seize su le S 
jesusabran (cf p 99), quatre cent cinquante-efnq p, 
JW.de quatre a hu.t strophes sur des suj.ts varied 
vingt-trois hymnes sur des sujets reiigieux 

JEAN de Mossoul, moineducouventdeSaint-Micll 
pre. de cette v.Ue, mort vers 1270, a laisse un recuS 3 
poes.es Mifantes .intitule Livrc de l'h ommc ^^^ 
puW.esans traduction parElias Millos (Rome, 1868) ^ 

Masoud .BN AL-KASS, medecin du calife Mostasem" 
compoja des poes.es pour la fete de 1 'Epiphanic. II rncurut 

Gabriel Camsa fsatiterelle), metropolitain de M J 
sou I qu, pnt part a 1'election du patriarch,: en 128 et 
lauteur dun long poeme theologique terming Mr- 31 
IS Ell™ 6 Sabar] " US ' f ° ndateUr d " -uvenL 

fcn meme temps que les ponies de Jean de MossoSi 
Mllos a edit* un poime Sur V amour dcla ,CS 
de douzc syllabes II comprend vingtJcux cha„bf- 
Chaque chant est forme de vingtJeux AWquca^SS 

FaXLT'T^ Par ' eS -'^^euxlttre s a 
1 alphabet. Le poeme lui-meme est acrostiche. Dans lH 



DECADENCE ET FIN DE LA UTTERATURE SYRIAQUE 139 

[premier chant, le premier distique commence par a, et le 
^'dernier commence par i; dans le deuxieme chant, le 
^premier distique commence par b, et le dernier par a; 
m ainsi de suite, De plus, lauteur a voulu realiser uri 
[tour de force; la lettre initiale de chaque chant ne se 
Urouve que cette seule et unique fois dans tout le chant; il 
ly a pas d autre a dans le premier, pas d'autre b dans le 
Keuxieme, pas d'autre r dans le dernier. Lauteur est 
fappele f < David de Beit Rabban Paulus»; on a voulu Tiden- 
Itifier avec le jacobitc David bar Paulus (cf. p. 91); mais 
Ecette versification acrobatique n'a guere ete en usage avant 
lie xiii° siecle, et il est difficile d'admettre que le poeme 
tsoit du VIII 6 . Plusieurs manuscrits l'attribuent d'ailleurs 
jaEbedjesus de Nisibe, quoiqu'il ne figure pas dans la liste 
iqu tl a lui-meme dressee de ses ceuvres. 

I Ebedjesus de Nisibe. — Ebedjesus bar Berika etait 
Eeveque de Singar et du Beit Arbaye (ou Tour-Abdin) 
Edepuis environ cinq ans, lorsqu'il fut Iransfere, vers 

H290, an siege metropolitain de Nisibe (Soba) et d'Ar- 

.:menie. Nous avons peu de details sur la carriere de cet 
■eminent ecrivain, mais il a pris soin de nous donner Iui- 
Imeme la liste de ses ceuvres a la fin de son celebre 
¥ Catalogue (cf. p. 14). 

- En prose, il ecrivit certains ouvrages dont nous regret- 

^■tons la perte : entre autres ses commentaircs sur TAncien 

t.et le Nouveau Testament, un « catholicus » sur la vie 

itemporelle du Sauveur; les « mysteres des philosophes 

Egrecs >•, le « scholaticus » ou lefutation des heresies; un 

fcommentaire de la pretendue lettre d'Aristote a Alexan- 

fdre le Grand sur la chimie, et plusieurs £pitres. Mais 

Tnous avons son livre de La Perk, traite de theologie 

^nestorienne en cinq sections : Dieu, la Creation, I'lncar- 

tnation, les Sacrements, ce qui regarde la vie future. Cet 

Eovrage, qu'on peut considerer comme Texpose officiel 

■ de la doctrine nestorienne au dernier stade de son evQ- 



m 



140 



LITTERATURE 5YRIAQUE 



1 



•~9 



lulion a ete publie av ec une traduction latine i»r 
«U Mai (Rome, 1838); 1'editeur a retranche qu Squ, 
chapitres a la t rolsleme part.e. Une edition completed 
texte seul a ete tmpnmee a Mossoul en 1924. Non mo 
importants sont ses ouvrages juridiques. L'ceuvre 
codification accomphe par Barhebreus pour Ies Mon 
physites fut real.see pour Ies Nestoriens par Ebedies" 
ban tpdome ies canons synodaux, qu'on designe pi 
bncvement sous le nom de Nomocanon, est divislen deui 
l.vres comprenant lun le droit civil, I'autre le droi 
eccles.asUque On y trouve un expose complet de l'orgl 
msation des egbses nestonennes a la fin du xm° sied, 
Lauteur composa cet ouvrage alors qu'il etait sim6 
moine; devenu eveque, ,1 V oulut completer et develooi 
to seconde partie de son traite en reunissant ce qu'il es 
necessaire aux d.recteurs et aux juges eccfeiastiques <I, 
connaitre dans un ouvrage qu'il inlitula Regies des h 
ments ecclcsiastiques. II est aussi divise en deux livr 
comprenant chacun cinq traites partages en chapitr* 
C est une sorte de code de procedure canonique. II 1 
aciieve en 1316. a 

Les Merits en vers composes par Ehedjisus furent to 
apprecies de ses contemporains. Scion Assemani, po 
tous lesSynens ses teuvres, soi't en prose, sort en vers 
ne le cedaient en nen aux meilleurs ecrivains et on peul 
le comparer a saint Ephrem, a Isaac et a Jacques^ 
Saroug pour I abondance, Telegance et la clarte du sty§ 
Uy a quelque exageration dans ce jugement. Les douze 
Discours metnques d Ebedjesus sur lensemble dJ 
science^ ne nous sont pas parvenus; toutefois dans uifc 
volume imprime a Mossoul, en 1924, on trouve, a la sui£j 
de la Perle et du Catalogue, un discours Sur le calendar? 
en vers de douze syllabes, qui pourrait etre Tun de cj 
traites. 5on Catalogue est en vers de sept syllabes 

La plus cuneuse des compositions poetiques a"£ 
jesus est assurement son Paradis. Un auteur arabe, T 



DECADENCE ET FIN DE LA LITTERATURE SYRIAQUE 141 

mm un recueil de cinquante « Seances » (mak&mat), 
U'etait livre aux jeux de 1'esprit les plus surprenants et 
javait reproduit avec beaucoup dart Ies finesses de la 
llangue yulgaire, Ebedjesus voulut l'imiter et composa,en 
£1290, cinquante homelies metriques qu'il intitula le 
JParaais de VEdm, Cet ouvrage manifeste Thabilete de 
lauteur dans les tours de force de Tesprit; mais les sujets 
Ereligieux se pretent mal aux fantaisies de [imagination. 
TSon ceuvre n'est en rien comparable a son modele. En 
Itfite de chacune des homelies il a place une courte notice 
jindiquant les procedes de versification. Void quelques 
iexemples.La troisieme homelie, sur les « Enigmes eccle~ 
|siastiques»,est constitute par six vers de preambule et un 
|acrostiche alphabetique; chacun des vers peut se lire 
|indifferemment de droite a gauche ou de gauche a droite, 
pmme I inscription bien connue de la vasque de Saint- 
Diomede (Constantinople) : vujrov owoim\t&%% pq j>,ovav stjjty. 
■pans la quatrieme homelie, sur la a Sagesse », les 
£ strophes sont doublement acrostiches et tous les mots se 
[terminent par la lettre olaf (a). Dans la quinzieme, 
CPnere et louange »,il n'ya pas un seul olaf. La vingt-et- 
fonieme, sur la a Discipline »,eal composes de vers acros- 
inches de douze syllabes, et chaque vers contient les 
:,vingt-deux lettres de lalphabet, ni plus ni moins, Mais 
?'pour realiser ces tours de force, lauteur a du recourir a 
tdes roots rares, a des constructions inusitees et peu 
f intelligibles, si bien qu'il s'est cru oblige de donner plus 
Kard un commentaire explicatif de nombreux passages de 
json poeme. Ce commentaire fut ecrit en 1316, l'annee 
pmeme ou fut acheve le complement du Nomocanon. 
I. d r- ne ^' tion ^ u texte ^ u Paradis a ete commencee par le 
IP : Cardahi (Beyrouth, 1889); elle ne comprend que les 
I vingt-cinq premieFs chants. Le P. H, Gismondi avait 
tdonne un choix de dix chants, avec traduction latine 
^.{Beyrouth, 1888). 



^ 



yi 



[42 



LITTEHATURE SYRIAQUE 



Tunothee. —■ Ebedjesus mourut au mois de ) 
vembre 1318. Au mc.se fevrier. il avait pris part-, 
synode qui elut Joseph d Arbeles comme patriarche, sou* 
e nom de Timothee (II). Ce pr^Iat est 1'auteur dunl 
traite canomco- hturgique Sur les sacrements, ou plul| 
exactement sur les ntes sacrfc, divise en sept chapitresl 
intitules : je Sacerdoce la Consecration de Teglise, )J 
Bap erne, lEuchanstie la Perfection (benediction) dJ 
ascetes, les Funerailles, le Manage. "j 

Timothee succedait au patriarche Yaballaha III, mH 
en Ml/, apres trente-sept ans de ministere, exercW 
en des circonstances particulierement diffidles sous " 
regne de sept rois mongols. L'Histoire de Yaballaha est 
des plus cuneuse; elle fourm't aux historiens du Moven 
Age desdonnees interessantes. Yaballaha etait un moirie 
des environs de Pekin, nommc Marcos. Avec un autre 
moine, Saurna, il partit en pelerinage pour Jerusalem? 
Arrete en Mesopotamie par les troubles, il f ut sacrel 
metropolitan! de Chine; avant qu'il ne fut reparti 1? 
patriarche Denha vint a mourir (1281). Les princes 
mongols eta.ent les maitres du pays depuis la prised 
Bagdad par Houlagou (1258). Dans I'espoir de s'assure 
ieur bienveillance, les eveques choisirent Marcos po 
succeder a Denha. Son compagnon Sauma fut envoy* en 
mission en Occident par le roi Argoun, en vue de former 
avec les princes francs une coalition contre les Arabes 
se rendu a Constantinople, a Naples, a Rome et arrival 
a r-ans au mois de septembre 1287. Le recit de son ' 
voyage, ecnt en persan ct retrouve" dans une traduction! 
synaque, a ete I objet de plusieurs etudes qui en font ; 
vaIo,rl importance historique. Le texte a ete edite-pi 
J. Bedjan (Paris, 1888),et nous en avons donne une til 
auction rrancaise copieusement annot^e (Paris 1897) § 



m 



CHAPITRE V 

^TRADUCTIONS D'CEUVRES ETRANCERES 

I. Traductions d'ceuvres profanes, 
II. Traductions d'ceuvres patristiques. 

A litterature syriaque a le grand merite de nous avoir 
conserve, dans des traductions, un certain nombre 
d ouvrages dont le texte original est perdu. Nous 
jfyoris eu 1 occasion, dans les chapitres precedents, de 
iignaler plusieurs de ces ouvrages, en parlant de leur 
traducteun Mais beaucoup de versions sont des ceuvres 
gnonymes. Quelqucs-unes represented des ouvrages 
dune reclle importance et seront signalees id; les autres 
font nombreuses et nepeuvent etre enumerecs en detail, 
[fNous commenccrons par les ouvrages profanes, 

!• — Traductions d'ceuvres profanes. 

f'Parmi les ceuvres profanes traduites du grec en syria- 

fque, la premiere place revient a la philosophic peripate- 

^icienne. Nous avons deja fait connaitre les principaux 

tuteurs de traductions ou de commentaires des ouvrages 

dAnstote; v. ci-dessus, P . 48, 52, 72, 83, 88, 123, 135. 

[ Les versions qui nous ont transrnis d'autres ceuvres de 

la philosophie grecque, souvent avec des modifications 

Pplus ou moins profondes, appartiennent en majeure partie 



■ 



144 



LITTERATURE SYRIAQUE 



\ 



a la iitteraturc gnomique. On trouve des Sentences u 
Pytkagore, des Conseils de Thdano; les Sentences de Mi 
nandre, qui ont donne lieu a de savantes recherches; desi 
Preceptes de Platon, teintes de christianisme; les Senfenc&l 
du philosophe Sexlus, que le traducteur a intitulees « Paro^ 
les choisies de Mar Xystus, eveque de Rome ». Les meiL 
Ieurs traites de ce genre sont edites dans trois ouvrages :* 
Analecta syriaca de Lagarde (Londres, 1858), Anecdota 
syriaca de Land (tome I er , Leide, 1862), Inedita syriaca 
de Sachau (Vienne, 1870). 

Sous le titre de Sophos ou losiphos, corruptions du 
nom d Esope, certains manuscrits nous ont consei^i 
une traduction fortement remaniee du celebre fabu^ 
liste. 

VHisioire de Sindbdn et des philosophes qui etaient af_ 
lui r est une version syriaque, non pas d'un originl 
pchiwi, mais d'une traduction arabe faite au VIII siecfc 
cette version syriaque fut mise en grec a la fin du XI° sie 
cle, par Michel Andropoulos, qui 1'intitula SuvTixag.^ 

Le Pantschatantra Sanscrit est la source d'un recue 
de contes f connu sous le nom de Kalila et Dimna, ou 1$ 
personnages sont des animaux. Ce recueil fut traduit dij 
pehlwi en syriaque des le Vl c siecle, par le periodeuj 
BoUD, auteur d'un ouvrage intitule Aleph Migin (corruj 
Uon probable de alva \t.iy<x) r qui est mentionne dans' j 
Catalogue d'Ebedjesus comme Livre des questions greo. 
ques sur quelques sujets se rattachant a la philosophw 
d'Anstote. La version de Boud a ete editee, avec traduc 
tion aljemande, par G. Bickell (Leipzig, 1876). Le recue 
pehlwi fut aussi traduit en arabe au VIII e siecle, et cet 
traduction, tres repandue, a donne naissance au X 6 on 
XI e siecle a une nouvelle version syriaque qui nous esim 
parvenuc. Elle a ete editee par W. Wright (Oxford, 1884) J 
et traduite en anglais par Falconer (Londres, 1885). ^ 

Un original grec de Thistoire des animaux vulgairemenl 
appelee Physiologus (un « Bestiaire », au moyen age) V 



TRADUCTIONS D'cEUVRES ETRANGERES 145 

f passe en syriaque sous trois formes : une redaction breve 
fen trente-deux petits chapitres, une redaction plus deve- 
rloppee, en quatre-vingt-un chapitres, augmentes de 
|« theories » ou considerations tirees de la Bible et surtout 
J de saint Ambroise; une redaction d origine nestorienne, 
[tres remaniee, en cent vingt-cinq chapitres, dont quel- 
: ques-uns sont consacres a des arbres et a des piantes, Ces 
■ recensions ont ete pubhees, la premiere par Tychsen (Ros~ 
ttock, 1795), la seconde par Land (Leide, 1875), la troi- 
Ifiieme par Ahrens (Kiel, 1 892), avec traduction latine pour 
|Ies deux premieres, allemande pour la derniere. 

Les Geoponiques grecques sont citees par des ecrivains 
fsynens sous le titre de « Livre de Tagriculture ». Une ver- 
sion syriaque renfermee dans un manuscrit du vill e ou 

liKm '. W P ubli ^ e P ar PauI de Lagarde (Leipzig, 
f ooU); ce n est qu un abr^ge de la version complete de 
1 ouvrage de Vindanius Anatolius de Beyrouth. L'interet 
du texte syriaque est surtout lexicographique; il donne le 
Kins precis d'un grand nombre de noms de plantes; il 
peut servir aussi a la critique du texte grec. 
I Une version syriaque anonyme des Aphortsmes d'HlF- 
[POCRATE a ete publiee et traduite en francais par 

. Pognon (Leipzig, 1903). Elle est probablernent du 

1 siecle. 



N— Traductions cToeuvres patristiques* 

p M. Rendel Harris a publie (Cambridge, 1909) la ver- 
non syriaque des Psaumes et des Odes de Salomon, Le 
fiexte grec des Psaumes etait connu depuis longtemps 
IL existence des Odes avail ete revelee par quelques frag- 
[ments coptes. On ignorait leur contenu. Elles sont au 
ftombre de quarante-deux. La version procede du grec 
Kin pourrait 8tre ('adaptation d'un original hebreu ou 



UTTEHATirUE BYHJAQUE 



10 



146 



LITTERATURE SYRIAQUE 



arameen retouche dans une communaute judeo- 
tienne. La redaction remonte a la fin du premier ou a 
debut du second siecle. 

La decouverte et la publication faites par W. CuretonS 
(Londres, 1845) d'une ancienne version synaque del 
trois Lettres de saint ICNACE d'Antioche, souleva dar~ 
dentes controverses. On admet maintenant que ces trois 
lettres (Polycarpe, Ephesiens, Remains) ne sont pas, led 
seules authentiques; qu'elles sont abregees de la recea*i 
sion content! c dans lc recueil grec de treize lettres, qun 
est une amplification et un remaniement du recueil pr|g 
mitif de sept Epitres edite par Is. Vossius (Amsterd 
1646). 

On a retrouve dans une version synaque plusieu 
extraits de la Lettre aux Philippiens de saint PoLYCAR 
le plus important est celui du chapitre XII, qui est per 
en grec. 

On considerait comme perdu le texte grec de I'Apoloi 
d Aristide, philosophe athenien du U° siecle. La vers! 
syriaque decouverte au mont Sinai par M. R. Harrisjjijjjl 
publiee par lui, avec traduction anglaise (Cambridge^ 
1891), a permis de reconnaitre le texte primitif grec. 
le discours adresse au roi de llnde par Nachor, un 
personnages du roman de Barlapm et Ioasapb, adapt 
de la lcgende du Boudha faite au VII e siecle par un n 
du couvent de Saint-Sabas et mise a tort sous le noc 
saint Jean Damascene (cf. Part. gr. t t. XCVI). L'apolo^ 
n etait pas adressee, comme le dit Eusebe, a Hadne 
rnais a son successeur Antonin le Pieux (1 38-161), _ 
fait ressortir la superiority morale du christianisme 
s embarrasser des questions theologiques. 

Une recension fortement remaniee et encore incqjQ. 
de la Cohortatio ad Gr&cos faussement attribute as; 
Justin, est passee en syriaque sous le titre de « M£mc 
(hypomnemata) qu'ecrivit Ambros, un des chefs d 
Grece qui devint chretien ». Cette apologie mont 



TRADUCTIONS DffiUVRES ETRANGERES -147 

E£?A 1 U , ch . rist ! a " isme , e n exposant combien sont 
I nd gnes de la divmirf les actions des dieux de la mytho- 
Jogie grecque. Le texte syriaque a Hi decouvert eTSe" 
par Cureton avec traduction anglaise (Londres 1855) 
K? la ^ aCti0n ™"e a lioque de Julien 

En TtJm S T q ui du T sihde conticnt ™ « D *- 
£f T n e P L h . llosc ;P lie * en P^sence d'Antonin 
ESS 1 * Tfe blen h tort ' identifier ce morceau 

M«- c., iv, XXVI). Quelques critiques ont considere je 
texte synaque comme original. Cette opinion n'est Js 

Wenable. Le t.tre de « patrice . donne au ro" dffiS? 

|a confus.on de Nebo avec Orpine sont des erreurs qu'un 

fcr en n aura, pas commises; les images empruntees a la 
my hoiogie denotent une source grecque. Publie et tr i 

Buv Paris" tmtf 4 dan i les A ? akda sacra de Pit - 

P V j ■ n, 3) de no . mtre «x fragments de versions 

fonaqua des Peres anteniceniens, quelques-uns aut en 
jgue* fe plup « pseud^pigraphes; entre oulre. : £. 

lSh£uT rte" 1 * ^/f ,nt mYitm de Sanies, de 
tot Irenee, de Clemen t d Alexandria, de saint Cypr en- 

[ eS hom f ,le , s df j sa >" f Gregoire le Thaumaturge; p] U sie u rs 

L S rS Ltd l P" fYT ° enyS d 'Alexandrie et d^ 
m reiutation de Paul de Samosate; des fragments de 
BWe d Alexandra et d'Alexandre son success™' ouel 
k S aUtr !, S ^Methodius, d'Eustathius d'Antioche de 
Berap«,n de Thmu.s. Les plus dignes d'attention sont 
bs onze fragments de saint Hippolyte 

ftfwff 1 TeS f . estat ? ,(mandements de Careme) de saint 
THANASE avaient ete reunies en un recueil. Quelques 

Elal F°T«i e r CS n ° US ? nt P-venus^dans 

Buscnt du VIII s.ecle une partie de cette collection ren- 



148 



LITTERATURE SYRIAQUE 



fermant la version syriaque de quinze lettres (celles des v 
annees 329-348). Elles sont precedees d\me table analy-', 
tique de tout le recueil qui comprenait les annees 329 A'k| 
373; cette table donne pour chaque annee, TindicationJ 
de la date de Paques, et les noms des consuls et du prefe 
d Egypte. Cureton a edite ces textes avec une traduction 
anglaise, et MaT en a fait faire une traduction fatine. i 

La plupart des ouvrages d'EusEBE DE Cesaree existent 
dans des traductions syriaques. 

La version de YHistoire ecclesiastique se distingue par-; 
son exactitude; elle a ete faite sur un original grec qun 
presente avec le texte recu de nombreuses variantes; elle 
permcttrait d'ameliorer celui-ci dans une nouvelle editioa 
critique. M. N. Mac Lean en a donne (Cambridge, 1898) 
une edition bien superieure a celle de P. Bedjan (ParisJ 
1899). — Du texte original de la Theophanie, traite apoy 
Iogetique de la divinite de Jesus-Christ en cinq livres, on? 
nayait que de courtes citations. Sa traduction syriaque^ 
integrate est renfcrmee dans un manuscrit du British Miw 
seum date de Tan 41 1. Elle a ete publiee et traduite pa 
Sarn. Lee (Londres, 1843). — Le recit des executions don 
Eusebe fut temoin a Cesaree (de 303 a 310), etait 
par le texte encarte dans YHistoire ecclesiastique (Apj 
au ch.VIIl);mais celui-ci n'est que la forme abregee d'unt 
autre Histoirc des Martyrs de Palestine plus developpee?! 
inconnue en grec, retrouvee et publiee par W. CuretanJ 
dans la traduction syriaque (Londres, 1861). Cette publl 
cation a permis de reconnaitre de nornbreux empruntu 
faits a Eusebe par les hagiographes byzantins. — La pr|| 
miere partie de la Chronique du pseudo-Denys (cf. p* 89)1 
ne Iaisse pas de doute sur Texistence d'une traduction duf 
Chronicon^k laquelle a puise le compilateur. Peut-SttM 
etait-elle foeuvre de Simeon Barcaya, cite par Elie dfl 
Nisibe, vers Tan 590. 

Le traite de saint EpiPHANE de Salamine, De mens. 
et ponderihus, incomplet en grec, existe dans des versifl 



TRADUCTIONS d'cEUVRES ETRANGERES 



149 



syriaques, de meme que plusieurs recensions des Vitae 
, pTophetarum, faussement attributes a ce Pere. 
I Les principaux ouvrages des grands theologiens grecs 
m iv€ et du V* siecle : Athanase, Basile, Gregoire de 
[Nysse, Chrysostome, Cyrille de Jerusalem, etc., ont ete 
jtrnduits en syriaque, et presque toutes ces traductions 
[sont parvenues jusqu'a nous. Pour les ceuvres dont le 
Itexteonginal subsiste, les traductions n ont guere qu'un 
Tinteret philologique, quelquefois tres grand, par exemple 
Lies difterentes versions de saint Gregoire de Nazianze, 
I dont les unes sont d'origine monophysite et les autres 
Idongine nestorienne. Mais plusieurs versions nous ont 
^conserve des ouvrages dont le texte primitif est perdu et 
Equi autrement nous seraient inconnus. C'est le cas sur- 
ftout pour les ouvrages reputes heretiques, dont on a 
p} 0U J?4 lvl .' a destruction officielle, au grand detriment 
rde lhistoire. Nous avons de]a cite des exemples; en 
;.voici quelques autres. 

Le Traite centre les Manicheens de TlTUS DE BoSTRA 
!-(mort en 375) existe au complet.en quatre Livres,dans la 
Aversion syriaque editee par Lagarde (Berlin, (859); le 
Fgrec n a que les deux premiers et une partie du troisieme. 

Le tres long commentaire (153 homelies) de saint Cy- 
fRILLE D ALEXANDRIE Sur Vivangile de saint Luc a ete publie 
Let traduit en anglais par P. Smith (Oxford, 1858). Nous 
fen avons entrepris une nouvelle edition avec traduction 
llatine. Le grec n'a conserve que de minimes fragments. 
g_II en est de meme de Important commentaire de 
ITheodore de Mopsueste Sur Vivangile de saint Jean. 
INous I avons edite (Paris, 1897); le P. Voste le reim- 
iprimeactueHement et y ajoute une traduction latine. Des 
T fragments d'autres ouvrages de Theodore ont ete reunis 
[par Sachau (Leipzig, 1869). 

: Nous avons publie" (Rome, 1897) trois homelies de Pro- 
ICLUS eveque de Constantinople (434-446), dont le texte 
fgrec n est pas connu : sur la Nativite de Notre-Seigneur; 



|! M 



150 



LITTERATURE SYRIAQUE 



TRADUCTIONS D CEUVRES ETRANGERES 



151 



sur saint Clement, eveque d'Ancyre et martyr; sur TIncar>: 
nation. 

UApoIogie de Nestorius, connue de Thistorien Eva-^l 
gnus, semble avoir ete retrouvee en syriaque dans le^ 
« Livre qui est appele tegourta (itp&fyatdz) dTf&ocGdfi 
de Camas, ecrit par Mar Nestorius ». Que cette ins-, 
eruption soil originale ou quelle vienne d'un copiste, ill 
demeure incontestable que 1'ouvrage de Nestorius a £t£l 
compose en grec et qu'une traduction svriaque existaitj 
deja au milieu du VI e siecle. Le traite est plus theologique^ 
quhistonque. II se presente comme redige en Egypte ! 
par Nestorius, sur la fin de sa vie, vers 450, entre le second 3 
■ concile d'Ephese et celui de Chalcedoine. Une discussion" 
des Actes du concile d'Ephese (431) et un commentaire 
de tous les fragments attribues a Nestorius dans ces Actes;:. 
forment le noyau du livre et probablement, a notre avisjj 
le corps de lWvjre primitive, qui aurait ete par la suite? 
notablement augmented et interpolee assez anciennementlj 
par les partisans de Nestorius, Le texte a ete public par 
P, Bedjan et traduit en francais par F. Nau (Paris, 1910). 
Les ccuvres d'ANDRE DE Samosate (v° s.) sont perdues"! 
en grec. On ne connait en syriaque que sa Leltre a Raki 
boula, dont un fragment a ete publie par Overbeck; elk 
existe au complet dans un manuscrit'de Rome. D'aprij 
Assemani, le Catalogue d'Ebedjesus mentionnerait Sfi 
traduction de son 'AyupprjTtyic; (contre s. Cyrille) et d« 
ses homelies exegetiques; mais Wright interprete-ll 
texte differemment et lentend dun ouvrage grammatical 
cf. p. 117. 

Alexandre* donne dans le meme Catalogue commeaaJ 
teur dune Rejutation de Julien TApostat, serait, daprt 
Assemani, Alexandre de Mabboug. Ce document napa 
etc retrouve, 

( Les ocuvres si nombreuses et si importantes de Siviiv 
D ANTIOCHE, le fondateur de I'Eglise monophysite (mor« 
en 538),ecritesengrec t n ? existent pour ainsi dire plus dans* 



fi cette langue. Les versions syriaques nous en ont rendu la 

majeure partie, notamment : six traites de controverse 

contre Julien d'Halicarnasse; le Philalethe; trois traites 

(I et II incomplets) Contra impium Grammaiicum (Jean, 

chalcedomen); des controverses avec le grammainen Ser- 

gius (eutychianiste); un des traites Ad Nephalium; plu- 

sieurs autres ecrits de controverse de moindre etendue; 

f les Homilies, cathedrales, au nombre de cent vingt-cinq; 

I YOctoeuchus, recueil d'hymnes; un grand nombre de 

.Lettres. De notables parties de cet ensemble ont ete pu- 

ibliees; nous citerons seulement ['edition des Leitres par 

W. Brooks, celle du Philalethe et des traites antijulianistes 

par A. Sanda; le Contra Grammaiicum par J. Lebon. 

Les ouvrages de Jean Philoponus, grammairien 
d'Alexandrie, etaient diriges contre le concile de Chalce- 
doine. Du principal, intitule Diaitcies (Arbitre des opi- 
P-mons sur Tlncarnation), ll ne subsiste en grec que quel- 
I ques courtes citations. M. Sanda a edite et traduit la 
|. version syriaque, avec deux autres traites theologiques 
Regalement inconhus (Beyrouth, 1930). — Les T^^aT* 
du meme auteur, connus dePliotius, n'ont pas ete retrou- 
| ves; un resume est insere dans la Chromque de Michel. 
On a reconnu depuis longtemps que les partisans 
^d'Apolhnaire de Laodicee (mort vers 390) et les Mono- 
fphysites ont produit sous le nom de Peres orthodoxes 
'certains ecrits de cet heresiarque ou de ses disciples. La 
'plupart de ces ouvrages pseudepigraphes ont ete traduits 
en syriaque. La version renferme des passages dont le 
texte original n'a pas ete retrouve; elle est utile a com- 
parer avec les textes grecs conserves, MM. Flemming 
;'et Lietzmann ont reuni tous les textes (syriaques et 
agrees) de cette nature dans une edition tres soignee 
I (Berlin, 1904). Elle comprend le Fides per partes, attribue 
a Gregoire le Thaumaturge; les traites De unione corporis 
\ct divinatis et De fide et incarnatione; trois Letlres et plu- 
sieurs fragments attribues au pape Jules; une Lettre a 



152 



LITTERATURE SYRIAQUE 



TRADUCTIONS d'cEUVRES ETRANGERES 



Jovieu et un traite Quod wins sit Christus, attribue a 
saint Athanase; un fragment attribue au pape saint 
Felix. 

La theologie ascetique des Grecs est representee chez I ! 
Ies Synens par des traductions d'Evagrius du Pont, de>; 
Jean de Lycopolis, qu'Assemani a confondu avec Jean 
d'Apamee, d'lsaie de Scete\ du moine Marc, du pseudo-1: 
Areopagite. 

L'hagiographie a egalement fourni sa contribution/ 
trop grande pour etre mentionnee ici en detail. Nous: 
indiquerons seulement parmi les plus anciennes traduov 
tions dont les originaux n'ont pas ete retrouves, la Vic% 
de Pierre I'Ibere, eveque de Mayouma, prea de GazaS 
qui prit part a la consecration de Timothee Elure &H 
Alexandre (457). Cette narration, ecrite par un disciple 1 ' 
de Pierre, renferme des notices sur les Iberes et kum 
conversion au christianisme, et des donnees precises 
sur diverses localites de la Palestine. Elle a ete publiee,-' 
avec traduction allemande, par R. Raabe (Leipzig, 1895);$ 
Le disciple anonyme qui ecrivit la vie de Pierre riberej 
est aussi Tauteur d un Recti de la mort de TheodoseS 
eu&yue de Jerusalem, que Land attribuait a Zachariede| 
Mytilene. Le texte grec est perdu. Le syriaque a et<5 
publie avec traduction latine par Brooks (Paris, 1907), 
De ZachASIE le SCHOLAST1QUE, eveque de Mytilene/ 
qui ecnvait en grec, a Constantinople, vers 516, nous- 
avons, dans une traduction syriaque, une Vie de Fasciit* 
Isafe, et une Vie de Severe d'Antioche jusqu a son elc 
tion au patriarcat. Les originaux grecs sont perdus* 

II en est de meme pour la Vie de Severe ecrite en grey* 
par Jean de Beit Aphtonius; la traduction syriaque'' 
est d'un certain abbe Sergius bar Karia. Les Vies de 
Severe ont ete editees et traduites en francais par A. Kuge- 
ner (Paris, 1903), celle d'lsaie, editee et traduite en latinl 
par Brooks (Paris, 1907). 

Jean Rufus, eveque de Mayouma, avait ecrit, vers 515^ 



153 



un recueil de recits anecdotiques intitule Plcrophories, 
^ dinge centre le concjle de Chalcedoine. II est connu 
seulement par la version syriaque, qui a ete publiee et 
traduite en frangais par F. Nau (Paris, 191 1), Un resume 
est msere dans la Chronique de Michel le Syrien. 
t Un certain nombre de Vies de saints ont ete emprun- 
tees a I'hagiographie grecque; mais les traducteurs se 
sont donne une grande liberie et leur travail fut souvent 
une adaptation piutot qu'une version. Ainsi, les Actes 
cfe saint Azizail qui aurait ete conduit de Samosate a 
Rome et martyrise en Tan 304, sont une imitation des 
Actes grecs de saint Pancrace. Les Actes syriaques de 
samte Pelagie, comedienne d'Antioche convertie par 
Nonnus d'Edesse, sont une redaction amplified des 
Actes grecs. Parfois, les miracles attribues a un saint ont 
ete empruntes a d'autres biographies. II est meme arrive 
que la Vie entiere d un personnage ait ete forgee avec les 
Actes dun autre; ainsi la Vie de Mar Benjamin a ete 
hree de celle de Mar Mika. 

Les documents de cette nature n'ont, en general, que 
peu de valeur soit pour l'histoire, soit pour la literature. 
Voyez Appendice II (p. 157). 

Une singuliere combinaison se rencontre dans l'his- 
toire de V Homme de Diett r devenu plus tard saint Alexis, si 
populaire au tnoyen-age. Lc texte syriaque juxtapose un 
[premier recit original, forme a Edesse au V e siecle, qui 
trait mourir le saint dans cette ville, et un second recit 
posteneur, d origins grecque, qui le montre ressuscite 
et de retour a Rome. (Textes et traduction par Amiaud; 
Pans, 1889). 



APPENDICES 



155 



APPENDICES 



I. — Les liturgies syriaques. 

NOUs avons signale parmi les ouvrages attribues a cer-* 
tains ecrivams syriaques une Liturgie. Le mot est prisT:' 
dans un sens particulier. Dans le Missel latin la partie 
de la Messe appelee le Canon est invariable; il n en est pas de'J 
meme dans le rite des Syriens. La partie qui s e"tend, pour J 
eux, depuis le baiser de paix jusqu'a la postcommunion, est| 
composee de prieres qui varient d'une messe a 1 autre; ihj* 
l'appellent proprement Liturgie, ou, du mot grec passe* eh| 
syriaque, Anaphore. Les auteurs de Liturgies sont les auteurs, 
vrais ou supposes, des prieres qui constituent cctte partie de 
la messe, ou les auteurs de quelque revision ou remaniement , 
de ces prieres. 

Les Syricns Jacobites (monophysitcs) out, dans leurs ma-i 
nuscrits, une cinquantaine de ces Anaphores; ils en mention*! 
nent une douzaine d'autres dont le texte ne nous a pas 6t6jj 
conserve. 

Voici la liste des liturgies syriaques qui ont ete" traduites. 
en latin par Tabbe" Renaudot dans le tome II de sa Liturgia*? 
rum Orientalium Collectio (Paris, 1716) : 1° Liturgie de^ 
saint Jacques frere du Seigneur; 2° du pape saint Xyste 52 
3° de saint Pierre, prince des Apotres;4°autre de saint Pierre;j 
5°de saint Jean TEvangeliste; 6°des Douze Apotres disposeej 
par saint Luc;7° de saint Marc;B° de saint Clement de Romea 
9° de saint Denys l'Areopagite, £veque d'Athenes; 10° del 
saint Ignace; 1 1° du pape saint Jules; 12° de saint Eustathe;^ 



'patriarche d'Antioche; 13° de saint Jean Chrysostome; 14° 

autre de saint Jean; I5°de Maroutade Tagrit; 1 6° de saint Cy- 

Efllle (d'Alex.); 1 7° de Dioscore, patriarche d* Alexandrie; 1 8° de 

■Philoxene de Mabboug; 19° autre de Philoxene;20°de S6vere, 

[patriarche d'Antioche; 21° de Jacques Baradee; 22° de Mat- 
thieu le pasteur; 23° de Jacques de Saroug; 24° de Jacques 
d'Edesse; 25° de Thomas cfHeYacl£e;26°de Moisebar Ke>ha; 

■27° de Philoxene, eveque de Bagdad; 28° des Saints Docteurs; 

^29° de Jean de Basra; 30° de Michel* patriarche d'Antioche; 

^31° de Denys bar Salibi;32° de Barhebr^us; 33° de Jean le 

s Petit; 34° de Dioscure, eveque des Curdes; 35° de Jean bar 

Madani; 36° d'Ignace bar Wahib; 37° de saint Basilc. 

Les Nestoriens n'ont que trois Anaphores : celles des 

I Apotres (Addai et Maris), de Theodore de Mopsueste, et de 

fcNestorius. Elles furent aussi traduites par Renaudot, a la 

t suite des liturgies Jacobites. 

Les Maronites ont forme leur missel de Liturgies Jacobites, 
fauxquelles ils ont ajoute une liturgie composee au XV si^cle 
?.dans i'lle de Chypre et noise sous le nom du pr£tencki patnar- 
■ che Jean Maron. 

Les Syricns catholiqucs ont pareillement tire" leurs liturgies 
*des missels Jacobites. La dcrnicre edition (Charfeh, 1922) 

En'en a conserve que sept : toutes attributes a des Peres grecs. 
Les Chaldeens catholiques ont conserve les trois anaphores 
I nestoriennes, ddnomme'es dans leur missel : Messe des Apo- 
[tres, II messe, et III messe. 

^ Sauf pour les plus rdcentes, 1' attribution des Liturgies aux 
: auteurs dont elles portent le nom est de pure imagination. La 
jplus ancienne redaction parait etre celle de la liturgie dite de 
j-saint Jacques, qui fut revisee au VII e siecle par Jacques 
td'Edesse. Ad. Rucker en a donne une bonne edition (Muns~ 
[ter, 1923). 

Pour ce qui concerne les livres liturgiques (missels, rituels, 
jbreviaires) des Syriens, voir Bickell, Conspectus ret litterariai 
[p. 59-104. 






156 



APPENDICES 



APPENDICES 



157 



II. — Les recits hagiographiquea. 

L hagiographie forme une partie considerable de la litt£- *j 
rature syriaque. Nous avons ch6 les auteurs connus des plus- 
celebres documents; beaucoup d'autres sont des ceuvres ano- 
nymes ou attributes a des auteurs supposes. La pr£sente note 
veut simplement donner un apercu de la richesse de ce genre 
litteraire. Les documents se divisent en Actcs des Martyrs et 
Vies des Saints, 

Les Actes des Martyrs d'Edesse, ceux des martyrs de Persel 
et quelques autres.ont ete" signals ci-dessus.Le Recueil attri^f 
hue a Marouta (cf. p. 41) a £te publie avec traduction latine* 
par Assemani, Acta sanctorum marttjrum oricnfalium et occi* 
dentatium, t. I (Rome, 1748). II comprend les Actcs : l°du-< 
patriarche Simeon barSabbae; 2° de l'eunuque Azad, avec de ' 
nombreux chretiens; 3 n des vierges Tharbo, sa sceur et sa 
servante; 4° de Miles dveque de Suse, avec un pretre et 
diacre; 5° de Schahdost, £veque de Seleucie T avec 128 compa- 
gnons, dercs pour la plupart; 6° de Barsabia cinobiarqueA 
avec 10 compagnons et un mage; 7° de Narses eveque, Joseph! 
son disciple, et 20 compagnons; 8° de Daniel pretre, et Vardef 
vierge; 9° de 120 martyrs, dont 9 vierges; 10° de Earbasche-; 
min, Sveque de Seleucie, avec 16 compagnons; I l°de ChreV^j 
tiens martyrises en divers lieux; 12° de Jacques pretre, et 
Marie sa soeur; 13° de Thecle et ses 4 compagnes; 14° de 
Barhadbeschabba, diacre; 1 5°des captifs chr&iens; J6°deQua~ 
rante martyrs (2 deques, 16 pretres, 9 diacres, 6 moinesJL 
7 vierges); 17° de Bademus; 18° d'Akebschema, eveque, de"1 
Joseph, pretre, et d'Aitallaha, diacre. — A la suite du Recueil, - 
Tdditeur a donne" les Actes de Jonas et 10 compagnons; de] 
Sapor et Isaac, cheques, avec 3 compagnons; de Mihrsapor; 
et de Jacques rintercis, le celebre martyr, element honor* 
chez les Orxentaux et chez les Grecs et les Latins (fete *L 
27 nov.). 



On trouvera une analyse des principaux Actes ou Passions 
dans 1 ouvrage de J. Labourt, Le christianisme en Perse (Paris, 
1904). Le P. H. Delehaye a publie Les versions grccques des 
Actes des Martyrs persons sous Sapor II (Paris, 1905); son edi- 
tion est limitee aux « passions des saints Ionas et Barachisius, 
Fherbuthe, Sadoth, Abraham, la, Bademus, Acepsimas, 
Joseph et Aeithalas ». On consultera avec profit, surtout au 
point de yue geographique, G. Hoffmann, Auszuge aus 
synschcn Aklen persischer Martyrer (Leipzig, 1 880). 

Dans le tome II, Assemani a edite et traduit sous le titre 
d Actes des Martyrs occtdcntaux, ceux des saints ; 1° Lucien 
et Wardens 2° Victorin et 6 compagnons; 3° Stratonice 
. et Seleucus; 4° Agnes; 5° Procope; 6° Alphee, Zachee et 
Remain; 7° Tirnothee; 8° Epiphane ; 9* Aedesius, son 
rere; 10° Agapius; 11° Theodosie; 12° Pierre Abselamus; 
13 Iheodote, courtisane. II les a fait suivre de la Vie de 
saint Simeon stylite, 
Les ViesdeSaitds existent en tres grand nombre, soit dans 
t des Recueils.comme ceux de Jean d'Asie(p. 76), de Thomas 
j-de Marga (p. Ill), de Jesudenah (p. 113), soit dans des 
Imonographies. Nous avons mentionne" les plus connues. 
Une riche collection de Vies a <5te" public en syriaque, 
[par P. Bedjan sous ce titre : Acta Marty rum et Sanctorum, 
-en six volumes (1890-1896), sans traduction. Le texte n'est 
[pas etabli dW facon critique. Le but de l'e"diteur etait de 
/procurer deslivres aux chretiens de la Perse qui parlaient 
I encore le syriaque (ils ont ete" presque entierement aneantis 
^pendant la guerre), et de contribuer a leur education reli- 
j gieuse et morale. Pour ce motif il s'est cru a oblige" de 
, retrancher, ou de rectifier certains passages de ces Vies ». 
| Neanmoins, telle qu'elle est, cette edition rend des services 
■ tres appreciates aux Orientalistes. L'auteur y a fait entrer 
; tous les Actes des Martyrs et toutes les Vies de saints deja 
edites, et il a ajoute" un grand nombre de pieces inedites, soit 
composees originairement en syriaque, soit emprunt^es a des 
| traductions syriaques d'onginaux grecs. II n'y a aucun ordre 



158 



.. 



APPENDICES 



dans la seVie des documents. M. Guidi a public un IndicA 
agiografico devil Ada Marttjrum et Sanctorum del P. Btdjan*. 
(Rendiconti del Acad, dei Lined', 1919; p. 207-229). Noua^ 
citerons seulement les Vies les plus importantes que noual 
n avons pas eu ['occasion de mentionner : 

Tome I er : Histoire de saint Abdalmesslah; martyre de 
saint Georges; vie de saint Jean bar Melki; vie de la bienheu- . 
reuse Mariani; vies de saint Zeia, de saint Schalita, de^ 
saint Yonan. 

T. II : Martyres de Possi et de Marthe sa fille, de Mar" 
Bejinam, de Mar Kardag, de Yazdin et de P&hion, de : 
Baboi; vie de Mar Saba; 

T. Ill ; Vies de saint Eugene, de saint Daniel, de saint ; 1 
Bisoes; martyres de saint Ignace, des saints Sergius et Bac-f 
chus, des Quarante martyrs de Sebaste, des saintes Barbe et 
Julienne. 

^ : ^ Ctes ^ es mart y rs d'Arbeles et de TAdiab^ne^ 
Jean, eyeque et Jacques, pretre; Abraham, eVeque; AnaniusJ 
laic; Aitalaha et Apsai; Jacques de Hazad; Goubarlaha et 
Kazo, sa soeur; Badal, pretre; les martyrs Geles (Berikje"suij 
et 18 autres avec 2 femmes et leurs enfants); Narsai; Tatacjl 
dix martyrs garame"ens; Jacques le notaire; sainte Christine*.] 
aa S mnrtyrs P ersans : Pbinees, Dadou, Pirgouschnaspj 
ou Mar Saba, Audo, Peroz. Vie de saint Jacques de Nisibe j° 
martyre de saint Babylas; histoires de saint Nicolas, et deL 
saint Jean Taumonier; martyre de Bassus et Suzanne sa scfiuryjj 
Recension notablement et arbitrairement remaniee de la viel 
de saintSim£on stylite. 

T. V : Vies des saints Antoine, Pachomc, Macaire, Serapion, I 
™d I errmte; des saintes Marie I'egyptienne, Euphrosinejjj 
Onesime, Eugenie, Febronie; de saint Melki; martyres dei 
saint Paphnuce et de saint Pierre d'Alexandrie. 

T. VI : Une trentaine de vies derivdes du grec; entre autreM 
celles des saints Clement, Ondsime, Grggoire le thaumaturge^ 
Ahai, e>eque de Nicde; celle des saintes Sophie et ses filleijf 
les martyres des 3aints Cosme et Damien, Charisius, Eudoxe 



' 



APPENDICES 



159 



Tteopompe, Tharaque, Ldonce, Eusebe, pape, Mammes, 
hieutliere La piece la plus intdressante de ce volume est la 
Vte dtusebe de Samosate, un des piliers de l'orthodoxie; elle 
a €16 ecnte par un contemporain, dans un style 6l6gant, avec 
des details precis; cest un tableau vivant des poursuites 
exercees centre les Orthodoxes par Valens (364-378) a 1ms- 
tigation des Ariens. Le texte syriaque est peut-etre ("original. 

III- - Vhistoire. 

^ Des ouvrages d'histoire ge^rale, d'un grand interet, ont 
ete composed par les Syriens. Tons ceux qui sont connus 
sont mamtenant edited lis ont leur place dans le Corpus scrip- 
forum thristianoram Orientalium que publient en commun 
es Umversues catholiques de Louvain et de Washington. 
. Voici J etat actuel de la publication, pour la serie bistorique 
. des ocriptores Syri : 

Tomes I et II : Chronkon anonymum, pseudo-Dionysianum 
I cr . ci-dessus, p. 89) public par J.-R Chabot. On y a joint 
I les s fragments retrouves de la 2* partie de VHbUn de Jean 
EdLphese, publics par E.-W. Brooks. Textes parus; traduc- 
I tion latme sous presse. 

It 7' l to Troisl ^ me P artie de I' 'Histoire de Jean d'Ephese 
■«• P. 'U publiee par E.-W. Brooks. Texte et traduction 
■ sur le point de p'araitre. 

T. IV : Chronica minora. Texte et trad, publies. Ce volume 
irenferme : I* la Chronique d'Edesse (p. 68) et 2° la Chro- 
.mquedePcraefp. 103), parlgn. Guidi; 3° la Chronique dite 
= maromte; 4° un fragment sur 1 'invasion des Arabes; 5° une 
. Uironique anonyme de Tan 724, et 6° une autre de Tan 846, 
I par Brooks et Chabot; 7° une Chronique anonyme de Tan 813, 
Eo la Lhromque de Jacques d'Edesse, et quatre autres docu- 
ments de momdre importance, par Brooks; 13° un fragment 
|du pseudo-Diodes, par Guidi; 14° un rdcit apocrypnc sur 
ENestonus, par Chabot, 



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:_.-■:• -■■ .-.,■ 



APPENDICES 

T. V et VI : Histoire ecclfaiastique attribuie a ZacharteT^ 
Rhiteur (cf. p. 76)* Teste et trad, publics par Brooks. 

T. VII : Chonographie d'Elie de Nisibe (cf. p. 118), p 
micro partie par Brooks. ■ ;/'■ 

T. VIII : Deuxieme partie du raeme ouvrage, par Chabot 
. T\ IX a XIII: Reserves pour la Chronique deMichdlesyrit 
(p. 125), qui est utilisable dans l'^dition de J.-B. Chat 
(4 vol. in-4*; un de texte, et 3 de traduction f rancaise). 

T* XIV et XV : Chronique anonyme de Van 1234;- 
p, 129), £ditee par Chabotr trad, sous presse. Elle est prf 
dee, au t. XIV, d'une breve Chronique anonyme de fan 81 J 
decouverte et publics par Aphram Barsaum, patriarcheidj 
Syriens separes. 

T\ XVI, XVII : Chronique syriaque de Barhtbrius (cf. p. 131 

'T. XVIII, XIX : Chronique ecclfeiastique du mcrrie aute 

Une nouvelle edition critique et une plus exacte traductic 

de ces deux ouvrages est necessaire. 

T. XX : Tables generates de la serie. 

'■:; Les histoires particulieres, qui sont nombreuses et revetejj 
souvent un caractere hagiographique, ont &6 signages a leu 
place respective. 






- 



i 



'- .* 



'"-. 



• ' V. V. .' 



aron barMadani, 130, 
fAba, diacjpJe de s. Ephrem, 32. 
t Abdmeschflia de Niaibe, 1 1 7. 
[Abou Gbaleb barSabouni, 122. ■ 
Abraham, neveu dc Nnrsea, 52..'.\ 
-— deBeit Madaye,49, 
— X, de Kaschkar, 33 J 
, de Kidnun, 26, . 
de Nathpar, 57. 
bar CardaM 53. 
bar Daschandah, 105. 
barLipheh, 59. 
[jAbsamya, 33. 
lAcace, patriarche, 49, 5 1 . 
d'Ale Pi 35. 
d'Amjd, 49. 
WAciet des Martyrs, 40. 
{Addai (Doctrine d) ,38. 

Shikar (Histoire d) t 36. 
fAhoudemmch d^ Nisibe, 77, 
EAhoudemmeh de Tagrit, 77. ' - 
FAJahaasta, 104; 
Alexandre dc Mabboug, 150. 
Alexandre (Roman d'J, 73, 78. 
H lexis (Hist, de sa int) , 1 53 . 
gAnanjesus, 100. 

ndr^de Samoaate, 46, 150. 
ftndre' (de Samosate?), 1 1 7, 
pntenic^niens (ecrita des P.), 1 47. ^ 
lAntoine h RhAeur, 94. 

ftphraate, 23, 24, 88. 
jApocryphes de I'A. T., 36. 
kpocryphes du N. T., 37. 
fcpolli nan's tea (Merits), 151. 

LLtT^RATUnS SYHIAQUK... 




INDEX 



Aristide, 146. 
Atistote, 123, 143. 
Atbanase (saint), 147, 
AthanaseI e VpaU\ ( 20. ■ 
Athanase de Balad, 83. 
Azizail{Act£sdesX 153 



Babai rAncien, 60." ; ,' 

— deCebiltaJGS. 
it/, de Hira, 60, - 

— leNisibien.60, 105. 
Bahira (Ugendede), 120. 
Balai, 35. 

Bar Ali (J&ua), 112, ". 

BarBahloul, 113, 116, . 

Bar Edta(Viede), 56, 

Bardesane, 21, 23,27. 

Barhadbescbabba, 59, 

Barhebre'us, 22, 82, I3K 

Barsahde\ 105. 

Barsauma de Nisibe 49, 50, 69, 82, 

Basile barSchoumana, 122. 

Bazoud, 117. 

Benjamin (Vie des.) t 1 53, 

Boud, 144. 



Catena Patrum, 94. 
Causa causarum, 87. \ , 
Cavemedes trisors, 77. i 
Chronique anonyme (819), 160. 
Chronique anonyme ( 1 234), 1 29. " 
Chronique du pscudo-Denys, 89. 

11 




M 

w\ 

1 



III 

liii 



m 



162 



INDEX 



INDEX 



163 



Chroniquc d' Edcssc, 68. 
Chronique ditc de Josue le Stylitc, 68. 
Chronique des Sassanidcs, 103. 
Constantin de Harran, 89. 
Coumi, 47, 48. 
Cyprien dc Nisibe, 106. 
CyTtaque, patriarchc, 92. 

CyrilIed t A! c x.,46,47,76J49. 
Cyrillona, 33. 
Cyrus de Batnan, 73, 



Dadad'Amid, 34. 

Dadjesus, abbe, 56. 

Daniel bar Maryam, 101. 

Daniel f.deMoyse, 89, 

Daniel de Salah, 68. 

David de Beit Rabban, 91, 138. 

David, ev. dcs Curdes, 107, 

Den ha Ibss, 100. 

Dcnha,maphricn, 82. 

Denys, pseudo-Areopagite, 67, 72, 

93. 
Denys bar Salibi.11 1, 122. , 
Denj-adcTcllmahre; 89,92. 
Diatessaron, 20, 26. 
Didascalia aposlolortim, 38. 



Ebedjesus de Nisibe, 32, 139, 142, 
Ebedj&usbarBahriz, [16. 119. 
Ebedjesus bar Schahar6, 1 17. 
Ecole dcs Perseg A Edcsae, 26. 
Elias abou Halfm, 128. 
Elias d'Anbar, 115. 

— d'Apamee J 89, 

— deMerv, 102. 

— de Tirhan, 119. 

Elias bar Schmaia (de Nisibe), 104, 
118. 

Elisee (Osee) de Nisibe, 5) , 
Emmanuel bar Schabare, ] 1 7. 
Ephrem (saint). 20, 25-31 ,95. 
Epipbane (saint), 21, 57, 148. 
Esope, 144, 



Etiennc bar Soudaili, 66, 67. , 
Eusebe dc Ccsaree, 22, 23, 148. 
Eusebe de Samosate (Vic d') t 159. 
Eva B riu»,6I.97.I23. 

Gabriel d'Hormizdardaschir, 55. 

Gabriel Girnsa, 138. 

Gabriel Taurcta, 102. 

Geopomques, 145, 

Georges I Cr , patriarche, 102, 

Georges des Arabes, 22, 25, 88. 

— deBclth»n,9L 

— de Maipberkat, 89, 

— de IVlDssQul, I 15. 
Georges Warda, 137. 
Gregoire de Nazianze, 79, 83, 84, 

86,68,93,96. 106,108. 110,149. 
Gregoire de Nysse, 25. 
Gre'goire du Mont Izla, 57. 



Harinonius, 23, 
Henana, 58. 
Hcnaniesus I", 1 03, 

- 11.106. 

— barSeroschwaf, 1 13. 
Hierothee (Livrede), 67, 95, 
Hippocrate, 145. 
Hfppolyte (saint), 147. 
Homme de Dieu (legende de 1'), 153- 
Hancin, 1 12. 



Ibaad'Edesse.47,48. 

Fgnaced'Antiochcts.), 146. 
IgnacedeMeli[eneJ2I. 
IntcrpretedeBTurca, 1 1 9. 
Isaac d' Amid ou d'Ede$se,33. 
Isaac dcNinivc, 34, 101, 104, 



Jacques Baradee, 73. 
Jacques d'Edcsse, 33, 84, 88, 95, 
Jacques (saint) de Nisibe, 23, 25. 
Jacques de Saroug, 62, 73. 



Jacques (Denys) bar Salibi 

122. 
Jacques bar Schakalco, 130. 
Jardtn des dcliccs {Lc), I 1 9 
Jean I" (des scdras), 82 

— XJ20. 

: Jean d'Asfe, 74. 

Jean dc Bcji Aphtonius, 152. 

— de Beit Carmai, I Of 

— deficit Sclofe, 49. 

— deDalyata, 105, 106 

— deDara, 93. 

— d'Epbese, 74. 

— de Kaisoum, 122, 

— dc Litarba, 89. 
dc Lycopolis, 152. 

— dcMardin, 1 21. 

— deMaron, 115. 

— de Mossoul, 138. 
"- de Nisibe, 55. 

— dePc'nrJc, 105. 

— bar Aphlonius, 73. 

— bar Curs us, 70. 

— bar KhnMotm, 1 17. 

— bnrMasWai, 112. 

— bar Samuel. 89. 

— barZoubj*, 129. 
Jean Damascene (s.), 89, 
Jean lc Person, 101. 
Jenn Pbflnjionos. 151. 
Jean Rtrfua, 152. 

Jean Saba, ? 05, 106, 
Jerome (saint), 101. 
Jesudadde Mcrv, III. 
Je'sudenah dc Basra, 1 13, 
Jesus bar Noun, J 09. 
Jesus barSchouschan, 120. 
J&uyabl er . 56. 

— 11,96. 

— 111,99. 

Joseph ct Ascneth (Hist, de), 76, 
Joseph Hazzaya, 97. 

— Houzaya, 55. 

— barMalfeoun.128. 
Josue le stylite, 68. 



JultenVApcslat (Roman de), 68. 
Julien Saba, 26. 
Junitius Africanus.52. 
Justin (saint), 146. 



Kclila et Dimna, | 44, 
Kbamis bar Cardahe, 138. 



Lazarc bar Sabta, 94. 
Lazarc dc Beit Kandasa, 90, 
Leon dc Harran. 89. 



Manade RewardaschiY, 49, 5|. 

Mara d'Amid, 71, 

Mara deSamosatc, 18. 

Mar-Aba, 53. 

Marc bar Kiki, 115, 

Maris (Actcsdc Mar), 40. 

Maris dc Rewnrdascliir, 47, 48. 

Marouta de Maipherkat, 4], 82, 
— dc Tagrit, Bj. 

mar/yrohge, 35. 

Masoudibnal-Kass, 138. 

Meliton. 147. 

Mcnandre, 144. 

Mcsdiihazcfca, 56, 

Midiee dc Laschom, 49. 
Michel le Syricn, pair., 82, 125. 
MiK 104. 
Miles dcSuse, 25. 
Moysc d'A^bcl, 76. 
Moysc bar Kc'pha, 95, II L 



Narscs le lepreux, 49, 50. 

Nathanacl de Siarzour, 59. 
Nestorfus, 150. 

Nestorius dc Beit Noubadra, 97. 
Nonnus d'Edesse, 48. 
Nonnus de Nisibe, 94, 



164 

Oscc (Elisce)dc Nisibe, 51 



INDEX 



Palladium 25, !01. 
Paul (abbe), 79, 86. 
PauIIe Persan. 52. 
Paul dc Callimque, 71 . 

— d'Edesse, 79. 

— de Karlca d* Lidan, 49. 

— J e Nisibe, 52. 

— de Telia, 20. 
Pnulorias, 33. 

Pelagic (Aclcs dc saintc), 1 53. 
Philoxene dc Bfigdnd, 94. 
Philoxene dc Mabboug. 20, 64, 66, 

69. 
Phifswlogus, [44. 
PiareVIbiTefViede), \52. 
Pierre, moinc, 59. 
Pierre de Calliniquc, 73. 
Platon. 144. 
poCsie syriaque, 30. 
Polycarpe (s.), 146. 
Polycarpe, chorcv^quc, 20. 
Probus.47,48. 
Produs, 47, 149. 
psaumes apocryphes, 36. 
Pythngore. 144. 



Rabboula, 20, 46, 
Roman us (7 heodorc), 93. 



Sabarjcsus, patriarche, 59. 
Ssbarje'sus RosEnm, 102. 
Sahdona, 98. 
SaTd bar Sabouni, 12] . 
Salomon (Psaumes et Odes de), [45, 
Salomon dc Bassofa, 137. 
Sergius de Reschaina, 71 , 
Sergius bar Karia, 152. 
Severe, moine, 94. 
Severe d'Antiochc, 62, 71, 79, B3, 
86. 150. 



Severe Sebokt, 82. 
S(<xtus, [ihiloEopbe, 144. 
Si&eslre (Acfes </e saint), 76. 
Simeon Barcaya, 148. 

— barSabbac',25, 128. 

— Au Beit Arscham. 49, 69. 

— deSchanklawa, 128. 
"~ le poticr, 64. 

*— diacre, I 14. 
Sindhan (Hhi.de), 144. 
So crate, historicn, 68. 
Sourin, 59, 
Synodictm orientalc, 109. 



Tatien, 20. 

Theano, 144. 

Theodore (Romanua) de Gartemin, 

95. 
7 lieodorc de Merv, 55. 
The"odorc dc Mopsueatc, 4B t Ml h : 

119, 149. 
Theodore bar Korii, ]07. 
Theodore bar Waliboun, 127. 
Thcodose d'Edcssc, 93. 
Theopfiilc d'Edespe, 91 . 
Thomas (Actes de saint), 38. 
Thomas d'Edesse, 54, 

— dcHarkel.21. 

— ' de Marga. HO. 
Timothec I cr . 108. 

— 11. 142. 
Tikis dc Bostra, 149. 






Versions bibBqtm, 19, 20, 2J« 



Zacharie lc Scholastique, 76, 152.;: 
Zocharle dc Merv, 112. 
Zenobius, 32. 



Yahaiaha (Hxst.de), 142. 



TABLE DES MATURES 

Pages 

'DUCTION g 

PJTfiE PREMIER. — Premiere pcnode:DesongincsauV c 5 icc]c . . 18 

1TRE II. — Deosieme peWodc : du V e sifeclc a Invasion arabe . 44 

IPJTOE III. — Troisieme periode : dc Invasion arabc flu x G s iecIe. 80 

NTflE IV. — • Quatriemc periode : decadence ct fin de la litte- 

rature syriaque jj^ 

PITRE V. — "Traductions d'eeuvrcs c'lrangeres. 143 

ndices. (I. Liturgies; II. Hagiographie; III, Hisloirc) 154 

* 161